Israël: premières législatives depuis le 7-Octobre, Netanyahu à l'épreuve des urnes
Les Israéliens votent mardi pour les premières élections législatives depuis le 7-Octobre, un scrutin serré aux allures de référendum pour le Premier ministre Benjamin Netanyahu dans un pays fracturé.
Ces élections interviennent sur fond de critiques internationales croissantes contre la conduite de la guerre à Gaza, ainsi que les violences et l'expansion des colonies en Cisjordanie occupée sous le gouvernement le plus à droite de l'histoire d'Israël.
Les résultats seront scrutés dans le monde entier, alors que M. Netanyahu multiplie de nouveau les menaces contre l'Iran au risque d'aggraver un conflit dont les répercussions se font sentir bien au-delà du Moyen-Orient.
Selon les derniers sondages, la coalition de droite et d'extrême droite de M. Netanyahu et le bloc principal de l'opposition emmené par un ancien chef de l'armée, le centriste Gadi Eisenkot, sont au coude-à-coude. Mais aucun des deux camps ne semble en mesure de décrocher la majorité des 61 sièges à la Knesset, ce qui augure de longues tractations à l'issue du scrutin.
"Je souhaite un changement dans notre pays", dit Alexandra, 65 ans, devant un bureau de vote à Jérusalem. "On a besoin d'unité. (...) Ce qui me dérange le plus, ce sont les divisions entre les gens".
A l'entrée, deux partis, Les Démocrates (gauche) et le Sionisme religieux (extrême droite), ont installé un stand pour tenter de convaincre jusqu'au dernier moment les indécis.
Les bureaux de vote ont ouvert à 05H00 GMT et doivent fermer à 20H00 GMT. Les principales chaînes de télévision publieront des projections immédiatement après, en attendant les résultats officiels dans les jours suivants.
Quelque 7,3 millions d'Israéliens sont appelés aux urnes et les médias israéliens anticipent un taux de participation très élevé, à la mesure des enjeux du scrutin.
Poids du 7-Octobre
Des dizaines de milliers d'expatriés sont ainsi revenus au pays pour voter, et la minorité arabe israélienne, qui constitue 20% de la population et se dit discriminée comme jamais, est poussée par un vent puissant de dégagisme.
"Ce matin, je suis vraiment optimiste", a déclaré à l'AFP Youssef Jabareen, qui dirige une liste majoritairement arabe, la Liste unifiée, après avoir voté à Oum al-Fahm, dans le nord d'Israël.
Signe de la polarisation extrême de la société israélienne depuis octobre 2023, les deux blocs présentent ces élections comme existentielles, mais pour des raisons différentes.
M. Netanyahu, 77 ans dont 19 à la tête du gouvernement, soit plus qu'aucun de ses prédécesseurs, a cherché à convaincre qu'il était le mieux placé pour assurer la sécurité d'Israël malgré l'échec du 7-Octobre, en mettant en avant les coups portés au Hamas à Gaza et au Hezbollah au Liban.
Il a aussi promis, en cas de victoire, de "finir le travail" en Iran, tandis que ses ministres d'extrême droite Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich ont présenté des plans pour expulser les Palestiniens de Gaza et de Cisjordanie occupée.
M. Ben Gvir, régulièrement critiqué à l'étranger pour ses déclarations extrémistes, a voté dans la matinée dans une colonie du sud de la Cisjordanie, Kiryat Arba.
"Détestés par le monde entier
"Avec l'aide de Dieu, je réussirai à devenir ministre de la Défense, ce serait une bonne chose pour les soldats et pour le peuple d'Israël", a-t-il dit, en arborant un pin's en forme de noeud coulant, référence à son soutien à l'application de la peine de mort pour les Palestiniens auteurs d'attaques contre des Israéliens.
Pour les opposants de la coalition sortante, ce scrutin est décisif pour sauver la démocratie israélienne, alors que M. Netanyahu, en procès pour des accusations de corruption, n'a eu de cesse de s'en prendre au pouvoir judiciaire.
Ancien chef d'état-major, M. Eisenkot a fait une campagne plus discrète que l'actuel Premier ministre, misant sur une image de sobriété et de sérieux, et promettant de "rassembler à nouveau tous les Israéliens".
Son camp, qui compte les ex-Premiers ministres Naftali Bennett et Yaïr Lapid, ou encore les politiciens chevronnés Avigdor Liberman et Yaïr Golan, a notamment promis de créer une commission d'enquête pour établir les responsabilités dans les défaillances ayant conduit au 7-Octobre.
Or Horning, 39 ans et travaillant dans la tech à Tel-Aviv, espère tourner la page "des guerres, des attaques terroristes, de tous ces traumatismes, du plus grand scandale sécuritaire de l'histoire d'Israël".
"On mérite d'avoir un pays qui (...) n'est pas détesté par le monde entier et qui prend soin de ses citoyens. Ce n'est pas le cas actuellement", dit-il.
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