Votre navigateur (${ userBrowser.name + ' ' + userBrowser.version }) est obsolète. Pour améliorer la sécurité et la navigation sur notre site, prenez le temps de mettre à jour votre navigateur.      

L'Eurovision, une vénérable institution éprouvée par la polarisation

| AFP | 105 | Aucun vote sur cette news
Promotion pour le concours de l'Eurovision 2026 sur un sweat-shirt, le 24 avril 2026 à Vienne
Promotion pour le concours de l'Eurovision 2026 sur un sweat-shirt, le 24 avril 2026 à Vienne ( MAX HERBST / APA/AFP )

Il avait vu le jour pour rapprocher les peuples, mais à la veille de son 70e anniversaire, le concours de l'Eurovision, grand-messe musicale sans frontières, affronte l'une de ses plus graves crises et un appel au boycott de plus de 1.000 artistes.

Si en 2018, 43 pays y participaient encore à Lisbonne, au Portugal, ils ne seront plus que 35 à tenter de décrocher la timbale huit ans plus tard à Vienne, en Autriche, le 16 mai.

Ce contingent limité s'explique par un effet domino étalé sur plusieurs années.

La Hongrie de Viktor Orban a claqué la porte en 2020 d'un concours sans doute trop progressiste pour elle, puis le Bélarus a été suspendu pour propagande et la Russie exclue après l'invasion de l'Ukraine en 2022.

Si d'autres Etats sont partis faute de moyens financiers, comme la Macédoine du Nord, le boycott coordonné de cinq diffuseurs pèse lourdement sur l'édition 2026.

En désaccord avec la participation d'Israël, l'Espagne a annoncé qu'elle ne la diffuserait pas. Or c'est un "Big Five", comme l'on désigne dans le jargon de l'Eurovision les cinq gros payeurs qui bénéficient d'un accès automatique à la finale.

L'Irlande, les Pays-Bas, la Slovénie et l'Islande ont aussi décidé de bouder le programme.

Sanctionner la Russie a créé un précédent et "alimenté un débat devenu majeur aujourd'hui", analyse Christina Öberg, qui a publié plusieurs travaux sur la manière dont l'Eurovision est devenu, malgré lui, un terrain de tensions géopolitiques. Certains se demandent, dit-elle, "pourquoi la même chose n'a pas été faite avec Israël".

Plus d'un millier de musiciens à travers le monde parmi lesquels des artistes ou groupes célèbres comme Massive Attack, Peter Gabriel, Roger Waters (ex-Pink Floyd) ou Sigur Ros ont signé un appel pour que soit exclu le diffuseur public israélien KAN, "qui s'est rendu complice des crimes contre l'Humanité commis par Israël".

"Projecteurs braqués"

Ils reprochent à Israël la conduite de la guerre menée à Gaza, en représailles à l'attaque du 7 octobre 2023 par le mouvement islamiste palestinien Hamas sur son sol.

L'Union européenne de radio‑télévision (UER), organisatrice, avait par le passé défendu l'israélien KAN, en estimant qu'il respectait tous les critères d'indépendance requis. Mais elle a modifié les règles de vote du public, en raison des accusations de manipulations en faveur de la candidate israélienne l'an dernier.

"Si d'autres pays se retirent, c'est une sorte de mort lente: il faut un certain nombre de participants pour que le concours garde son sens pour tout le monde", estime Mme Öberg, professeure à l'université Linné, en Suède.

L'Autriche, pays hôte cette année, a qualifié tout boycott culturel de "stupide et vain". Oubliant, selon l'historien de l'Eurovision croato-australien Dean Vuletic, qu'elle avait été "la première à l'utiliser dès 1969 à Madrid, à cause de la dictature de Franco".

Plus qu'un concours de chant, l'Eurovision a toujours été un outil d'influence majeur, qui sert à faire passer des valeurs, de l'avis de tous les analystes.

Les artistes défilant sous leur drapeau et sa diffusion en direct en fait une tribune de choix, amplifiée par les réseaux sociaux. Or, avec 166 millions de téléspectateurs revendiqués en 2025, l'enjeu financier est important pour le télé-crochet, devenu une marque à protéger.

"C'est quand l'UER a commencé à faire venir des sponsors à la fin des années 1990, à créer des produits dérivés, à organiser le concours dans de plus grandes salles et à vendre des billets au public qu'elle a pris des mesures pour éviter tout dommage à l'image du concours", rappelle Dean Vuletic.

Avec un nouveau terrain de tensions cette année: "les projecteurs seront braqués comme jamais" sur le Danemark, à cause de la "situation avec le Groenland et Donald Trump", estime Lisanne Wilken, de l'université d'Aarhus.

Les revendications du président américain sur ce vaste territoire arctique sous souveraineté danoise a soulevé un vent d'inquiétude et de résistance au sein de l'Union européenne.

A l'ouverture des paris, les spécialistes misaient sur une vague d'empathie dont pourrait bénéficier le candidat danois.

 ■

Copyright © 2026 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
0 avis
Note moyenne : 0
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
SUR LE MÊME SUJET
Publié le 23/04/2026

La photographe Carol Guzy, lauréate du prix World Press Photo, sur un écran vidéo lors de l'annonce des prix World Press Photo 2026, à Amsterdam, le 23 avril 2026 ( Robin van Lonkhuijsen /…

À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 24/04/2026

Publié le 24/04/2026

Ce matin, Tokyo gagne 0,91%, Shanghai lâche 0,45% et Hong Kong prend 0,06%

Publié le 24/04/2026

Publication du CA T1 2026 Sword Group a publié hier soir ses revenus du premier trimestre 2026. Ces derniers se sont établis à 90,7 M€ traduisant une croissance toujours…

Publié le 24/04/2026

(Zonebourse.com) - Dans le cadre de la restructuration de sa dette, le groupe a annoncé l'extension des consentements de ses créanciers, lui offrant une marge de manoeuvre supplémentaire pour…

Publié le 24/04/2026

(Zonebourse.com) - Les marchés obligataires terminent la semaine globalement négative sur une embellie symbolique après s'être de nouveau rapproché de leurs planchers annuels : outre le fait que…