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Iran: les infrastructures frappées avant même la fin de l'ultimatum de Trump

| AFP | 695 | 2 par 2 internautes
Des journalistes filment les dégâts provoqués par des frappes sur l'Université de technologie Sharif à Téhéran, le 7 avril 2026 en Iran
Des journalistes filment les dégâts provoqués par des frappes sur l'Université de technologie Sharif à Téhéran, le 7 avril 2026 en Iran ( ATTA KENARE / AFP )

Des ponts et une autoroute ont été frappés mardi en Iran, selon les autorités locales, Israël et les Etats-Unis semblant mettre à exécution leur menace d'attaquer les infrastructures civiles sans attendre l'expiration de l'ultimatum de Donald Trump pour rouvrir le détroit d'Ormuz.

Alors que prendra fin à 00H00 GMT l'ultimatum américain, l'armée israélienne a annoncé avoir mené "une vaste série de frappes visant des dizaines de sites d'infrastructure appartenant au régime terroriste iranien".

En ce 39e jour de guerre, des bombardements ont visé la province d'Alboz, dans le nord du pays, selon des médias locaux. Dix-huit personnes ont été tuées dans une zone résidentielle, dont deux enfants.

Deux ponts ont par ailleurs été touchés au sud de Téhéran, dont un à Kashan, où deux personnes ont été tuées, et un autre près de Qom. Et une importante autoroute reliant Tabriz a été fermée dans le nord du pays après une attaque, toujours d'après la presse iranienne.

Les liaisons ferroviaires au départ et en direction de Masshad (nord-est), la deuxième ville du pays, ont été annulées après que l'armée israélienne a exhorté les Iraniens à s'abstenir de voyager en train jusqu'à 17H30 GMT.

Enfin, des frappes ont été menées contre l'île de Kharg dans le Golfe, point névralgique de l'industrie pétrole iranienne, d'après l'agence Mehr et un journaliste du site d'information américain Axios.

"Je suis terrifiée"

A Téhéran, les Iraniens semblent partagés entre la peur et une certaine indifférence face aux avertissements du président américain.

"Je suis terrifiée, et tout le monde dans ce pays devrait l'être aussi", confie à l'AFP Metanat, une étudiante de 27 ans, disant avoir perdu une camarade de classe dans une attaque. "Certains tournent en dérision Trump et ses menaces" mais "c'est une guerre et il n'y a rien de drôle là-dedans".

Morteza Hamidi, retraité de 62 ans, affiche lui "tristesse et pessimisme quant à l'avenir de l'Iran" mais balaye le nouvel ultimatum. Donald Trump "a changé les dates tellement de fois que nous sommes désormais insensibles à ses menaces", dit-il.

Lundi, Donald Trump a averti que "le pays entier pourrait être détruit en une seule nuit". Il s'est dit prêt à frapper les centrales énergétiques et les ponts iraniens si la République islamique ne débloquait pas Ormuz - voie maritime par laquelle transitait précédemment quelque 20% du brut mondial.

En réponse, les Gardiens de la Révolution, armée idéologique iranienne, ont menacé de mener des actions contre des infrastructures qui "priveront les Etats-Unis et leurs alliés de pétrole et de gaz de la région pendant des années".

"Nous avons fait preuve jusqu'à présent d'une grande retenue dans un esprit de bon voisinage mais ces réserves sont désormais levées", ont-ils averti, avant d'ajouter: "si l'armée terroriste américaine franchit les lignes rouges, notre riposte s'étendra au-delà de la région".

2 millions par navire

Dans la région, les appels à trouver une issue diplomatique se multiplient, même si Iran et Etats-Unis ont rejeté une proposition de médiation avancée par plusieurs pays, dont le Pakistan.

"Les efforts positifs et constructifs déployés par le Pakistan (...) pour mettre fin à la guerre approchent d'une étape critique et délicate", a écrit sur X l'ambassadeur d'Iran à Islamabad, Reza Amiri Moghadam.

Selon Axios, des Etats médiateurs ont soumis l'idée d'un cessez-le-feu de 45 jours.

Les installations du champ gazier de South Pars à Assalouyeh en Iran, le 19 novembre 2015
Les installations du champ gazier de South Pars à Assalouyeh en Iran, le 19 novembre 2015 ( Atta KENARE / AFP/Archives )

D'après l'agence de presse iranienne Irna, Téhéran exige "la fin des conflits dans la région, un protocole pour le passage sécurisé à travers le détroit d'Ormuz", ainsi que "la reconstruction et la levée des sanctions".

L'Iran serait prêt en échange à lever le blocus du détroit d'Ormuz, en imposant un droit de passage de 2 millions de dollars par navire, qui serait partagé avec le sultanat d'Oman, situé de l'autre côté de la voie maritime, a écrit le New York Times.

Il utiliserait ces recettes pour reconstruire les infrastructures détruites par les frappes israélo-américaines, plutôt que de réclamer des compensations directes.

Une raffinerie à Jubail, le 11 décembre 2019 dans l'est de l'Arabie saoudite
Une raffinerie à Jubail, le 11 décembre 2019 dans l'est de l'Arabie saoudite ( GIUSEPPE CACACE / AFP/Archives )

Mais pour Sina Toossi, du Centre pour la politique internationale à Washington, il y a peu de chances que la destruction de nouvelles infrastructures en Iran modifie l'attitude de Téhéran car "la guerre a déjà franchi ce seuil".

L'Iran "ne cédera pas sur ses intérêts vitaux, par-dessus tout son contrôle du détroit d'Ormuz, quel qu'en soit le coût", écrit l'analyste.

En représailles, il continue de frapper quotidiennement les pays du Golfe accusés d'aider les Etats-Unis.

Dans l'est de l'Arabie saoudite, le complexe pétrochimique géant de Jubail a été touché, a indiqué à l'AFP un témoin, quelques heures après que des installations similaires en Iran ont été frappées.

"Si l'escalade se poursuit (...), nous finirons par nous retrouver dans une situation où elle ne pourra plus être contrôlée. Et nous sommes très proches de ce point", s'est alarmé le porte-parole du ministère des affaires étrangères du Qatar, Majed al-Ansari.

burx-bar/anb

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