Quatre morts à Nantes depuis la fin avril sur fond de narcotrafic

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Des membres de la police scientifique recherchent des indices après qu'un jeune homme a été abattu par balle dans le quartier de la Bottière à Nantes, le 4 juin 2026 en Loire-Atlatnique
Des membres de la police scientifique recherchent des indices après qu'un jeune homme a été abattu par balle dans le quartier de la Bottière à Nantes, le 4 juin 2026 en Loire-Atlatnique ( Loic VENANCE / AFP )

Une nouvelle fusillade sur fond de narcotrafic et un quatrième mort à Nantes depuis la fin avril. Jeudi, c'est un homme de 18 ans qui a été tué par balle, en plein jour, dans le quartier populaire de La Bottière.

Aux alentours de 12h30, ce jeune homme a été "la cible d'un tir en rafale provenant d'individus cagoulés montés sur deux motos électriques", a indiqué en début de soirée le procureur de la République de Nantes, Antoine Leroy.

Les deux tireurs ont ensuite quitté les lieux "pour revenir immédiatement au contact de la victime et lui tirer de nouveau dessus, à bout portant", a-t-il ajouté dans un communiqué.

La victime est "immédiatement" décédée. Les premières constatations médicolégales "révèlent la présence d'au moins cinq impacts de balles", précise le procureur.

Cette nouvelle fusillade mortelle, la quatrième à Nantes depuis la fin avril, s'inscrit "sans qu'il soit possible d'en douter" dans le cadre d'un "règlement de comptes sur fond de narcotrafic et de guerres de territoires". "Plus précisément encore, de guerres de contrôle et de direction de points de deal", a souligné Antoine Leroy.

De nombreux policiers étaient sur place dans l'après-midi ainsi que des agents de la police scientifique en combinaison blanche, a constaté une journaliste de l'AFP.

Des bâches blanches étaient installées autour du lieu des faits, un espace arboré aux pieds de barres d'immeubles.

Des membres de la police scientifique recherchent des indices après qu'un jeune homme a été abattu par balle dans un quartier populaire à Nantes, le 4 juin 2026 en Loire-Atlatnique
Des membres de la police scientifique recherchent des indices après qu'un jeune homme a été abattu par balle dans un quartier populaire à Nantes, le 4 juin 2026 en Loire-Atlatnique ( Loic VENANCE / AFP )

À côté du périmètre délimité par de la rubalise, une habitante du quartier explique avoir entendu plusieurs coups de feu.

"J'ai quatre enfants, ça me fait peur. Si on sort se promener en pleine journée, on peut prendre une balle perdue ? Ce n'est pas normal", s'inquiète-t-elle.

"Passé un cap"

"Ça a passé un cap depuis un mois. Avant ça tirait mais ça ne tuait pas. C'est très inquiétant ce qu'il se passe. On se demande comment on va faire pour que ça cesse, on n'a pas le droit, pour les jeunes, de baisser les bras", a déclaré Wahib, 50 ans, éducateur sportif dans le quartier depuis plus de 20 ans.

Un groupe d'habitants réunis à proximité des lieux des faits confie en début d'après-midi leur "inquiétude".

Des soldats montent la garde près du lieu où un jeune homme a été abattu dans un quartier populaire de Nantes, le 4 juin 2026 en Loire-Atlantique
Des soldats montent la garde près du lieu où un jeune homme a été abattu dans un quartier populaire de Nantes, le 4 juin 2026 en Loire-Atlantique ( Loic VENANCE / AFP )

"C'est un parc où des enfants peuvent traîner, il y a des écoles à côté", dit un homme qui, comme la plupart des habitants rencontrés par l'AFP, a préféré garder l'anonymat.

"On a vu la violence monter depuis plusieurs années, il y a eu des fusillades, maintenant des morts. Il faut attendre ça pour commencer à nous écouter ? C'est malheureux", se désole un autre homme.

Sur place, Denis Talledec, adjoint à la sécurité à la mairie de Nantes, assure qu'"on ne banalise pas: à chaque fois c'est un drame".

"Spirale meurtrière"

Des policiers et soldats près du lieu où un jeune homme a été abattu dans un quartier populaire de Nantes, le 4 juin 2026 en Loire-Atlantique
Des policiers et soldats près du lieu où un jeune homme a été abattu dans un quartier populaire de Nantes, le 4 juin 2026 en Loire-Atlantique ( Loic VENANCE / AFP )

Pour la maire socialiste de Nantes, Johanna Rolland, "tous les moyens doivent être mis en œuvre pour mettre un terme à cette série de règlements de compte". "La Ville est pleinement mobilisée auprès des habitants", a-t-elle écrit sur X.

"Nantes s'enfonce dans une spirale meurtrière", a affirmé dans un communiqué le syndicat Unsa Police 44, réclamant des "renforts immédiats".

Le 28 avril, un jeune homme a été tué par balle, déjà dans le quartier de la Bottière, et un autre grièvement blessé.

Des policiers et soldats près du lieu où un jeune homme a été abattu dans un quartier populaire de Nantes, le 4 juin 2026 en Loire-Atlantique
Des policiers et soldats près du lieu où un jeune homme a été abattu dans un quartier populaire de Nantes, le 4 juin 2026 en Loire-Atlantique ( Loic VENANCE / AFP )

Le 14 mai, c'est un adolescent de 14 ans qui a été tué, et deux jeunes blessés, dans le quartier du Port-Boyer, sur un point de deal "très convoité", d'après les autorités.

Dans la nuit du 26 au 27 mai, un jeune homme d'une vingtaine d'années est mort par balle dans le quartier de la Halvêque, tout près du stade de la Beaujoire.

Le parquet de Rennes spécialisé dans la criminalité organisée a annoncé de son côté l'interpellation d'un homme pour des faits de tentative de meurtre en bande organisée, association de malfaiteurs et enlèvement commis entre le 24 et le 25 mai, toujours à Nantes.

Après la mort de l'adolescent mi-mai, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, s'était rendu sur place et avait réaffirmé sa "détermination" à "gagner" la "guerre" contre le narcotrafic.

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