Trump annonce "réduire considérablement" des exercices militaires avec la Corée du Sud
Donald Trump a annoncé "réduire considérablement" la participation des Etats-Unis aux exercices militaires annuels avec la Corée du Sud qui ont débuté lundi, invoquant en particulier sa "très bonne relation avec Kim Jong Un", le dirigeant nord-coréen.
L'édition de cette année, prévue sur 11 jours, doit notamment prendre en compte l'expérience acquise par les troupes nord-coréennes aux côtés de l'armée russe sur le front ukrainien.
L'annonce de M. Trump, réalisée sur sa plateforme Truth Social, vient s'inscrire dans la longue liste de camouflets adressés par le président américain à des alliés historiques des Etats-Unis depuis son retour à la Maison Blanche en 2025.
Donald Trump dénonce dans son message des exercices "coûteux" et qui selon lui "envoient un signal totalement inapproprié et hostile" envers la Corée du Nord.
Un pays qui, "depuis que Donald Trump est président, s'est montré non menaçant et respectueux", a-t-il ajouté à la troisième personne.
Baptisés "Ulchi Freedom Shield", ces exercices annuels devaient initialement mobiliser 18.000 soldats sud-coréens ainsi que des effectifs issus du contingent américain de 28.500 hommes stationnés dans le pays.
Le ministère de la Défense sud-coréen a affirmé lundi que ces manoeuvres avaient commencé "comme prévu".
Aguerrissement
Rendez-vous estival régulier pour les forces armées sud-coréennes et leurs alliés américains, ces exercices sont conçus pour renforcer la défense contre la Corée du Nord, pays doté de l'arme nucléaire et qui multiplie les essais de missiles.
Les manoeuvres devaient être placées cette année sous le signe de l'aguerrissement dont les effectifs de Pyongyang ont bénéficié sur le front ukrainien, dans le cadre d'un rapprochement stratégique avec Moscou.
"Ils en ont tiré des enseignements et les ont rapportés en Corée du Nord", avait souligné le 10 août le colonel Ryan Donald, porte-parole du Commandement combiné des forces américaines et sud-coréennes.
"Cela modifie les capacités de la RPDC, et notre entraînement prend en compte cette menace", avait ajouté l'officier, en utilisant l'acronyme désignant la République populaire démocratique de Corée.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a récemment accusé Pyongyang de se préparer à envoyer entre 30.000 et 50.000 soldats supplémentaires pour appuyer les forces russes, sans préciser l'origine de ces chiffres ni de potentiel calendrier.
Dimanche, les médias d'Etat nord-coréens ont souligné que Kim Jong Un s'était dit "fier" de sa relation avec la Russie, dans une lettre envoyée au président Vladimir Poutine.
"Non merci!"
Sur Truth Social, Donald Trump a également fait mention de la non-participation de Séoul aux opérations militaires américaines contre l'Iran pour justifier une réduction de voilure américaine.
"Bien que ce soit relativement sans rapport (?), j'ai récemment demandé au président de la Corée du Sud s'ils voudraient se joindre à nous dans la dénucléarisation de la République islamique d'Iran et ils ont dit +Non merci!+", a écrit le président américain.
Le président sud-coréen Lee Jae Myung avait affirmé en juin, en pleine accalmie dans le conflit entre les Etats-Unis et l'Iran, que Donald Trump souhaitait à présent se concentrer sur la résolution de "la question nord-coréenne".
Considéré comme conciliant envers la Corée du Nord, Lee Jae Myung a pris le contrepied de son prédécesseur, réputé pour sa fermeté, depuis son arrivée au pouvoir en juin 2025, offrant à Pyongyang des pourparlers sans conditions préalables.
Mais les autorités de Corée du Nord n'ont pour l'instant pas donné suite à ces offres répétées.
"Kim Jong Un et moi"
La veille de son annonce, Donald Trump avait publié sur Truth Social une image le montrant aux côtés de Kim Jong Un lors de leur rencontre historique en 2019, pendant le premier mandat du milliardaire.
"Malgré les apparences peu amicales sur cette photo en particulier, il y en a beaucoup où nous sourions", avait-il écrit comme légende, ajoutant: "Kim Jong Un et moi, nous nous entendons TRES BIEN!"
Pyongyang avait dénoncé jeudi les exercices militaires conjoints à venir entre Washington et Séoul, et prévenu d'une possible riposte par des mesures "de dissuasion" renforcées.
La Corée du Nord voit dans ces exercices une répétition en vue d'une invasion et a tiré mercredi un missile balistique au-dessus de la mer du Japon en signe de protestation.
"Notre principe constant, pour garantir la sécurité, est de répondre à un nouveau niveau de menace par un nouveau niveau de dissuasion", avait déclaré jeudi un porte-parole du ministère nord-coréen des Affaires étrangères dans un communiqué.
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