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Le BioGNV confirme son statut de première alternative au diesel

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Le BioGNV confirme son statut de première alternative au diesel
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(Zonebourse.com) - A l'occasion d'une conférence de presse organisée hier midi par France Mobilité Biogaz (FMB : organisme qui fédère les acteurs publics, économiques et industriels français pour accompagner le développement de l'usage carburant du gaz naturel et des gaz renouvelables en France), un panorama du BioGNV a été dressé devant un panel de journalistes.

Première alternative au diesel pour les véhicules lourds, le BioGNV a enregistré une dynamique forte en 2025 avec une augmentation du parc de 12%. La filière alerte néanmoins sur les freins réglementaires persistants et appelle à un cadre stable pour sécuriser les investissements et accélérer la transition vers un mix énergétique décarboné.

Selon le distributeur de gaz engagé dans la décarbonation GRDF, le BioGNV/GNV (Gaz Naturel Véhicule) est la combinaison d'une source d'énergie (le gaz naturel), de stations d'avitaillement et d'une gamme complète de véhicules proposée par les constructeurs. Il s'agit du même gaz naturel que celui utilisé pour se chauffer ou cuisiner mais valorisé en carburant.

Des indicateurs 2025 qui attestent une dynamique persistante


Le BioGNV est la première alternative au diesel dans les immatriculations de véhicules lourds en France. Au 31 décembre 2025, 39 000 véhicules roulent au gaz carburant, dont 26 000 véhicules lourds ( 12% par rapport à fin 2024) : 12 200 poids lourds, 10 700 bus et cars, 3 500 bennes à ordures ménagères.

Dans un marché baissier (-11%), les véhicules gaz (-6%) ont bien résisté par rapport aux autres énergies. Fin 2025, le réseau de stations compte 364 points d'avitaillement publics et 410 privés. Depuis 2020, le nombre de stations publiques a été multiplié par deux.

En 2025, ces véhicules ont permis d'éviter l'émission de plus de 500 000 tonnes de CO2

En 2025, 5,4 TWh (térawattheure) de GNV ont été vendus, soit l'énergie nécessaire à la totalité des autobus roulant en France. Ils se répartissent en 4,5 TWh de GNC (Gaz Naturel Comprimé), dont 3 TWh de bioGNV, et 0,95 TWh de GNL (Gaz Naturel Liquéfié). La part de BioGNV atteint ainsi 56%, contre 5% en 2017. En parallèle, le gisement de biométhane poursuit sa croissance. En 2025, 15 TWh ont été injectés dans le réseau, contre 4 TWh en 2020. L'objectif national de la programmation pluriannuelle de l'énergie fixe une capacité de production de 44 TWh de biométhane injecté dans les réseaux gaziers en 2030.

Le début de 2026 marque un repli lié aux incertitudes réglementaires

Au premier trimestre 2026, le GNV enregistre 216 immatriculations de véhicules industriels, un chiffre en recul de près de 60% par rapport à la même période en 2025, qui marquait toutefois un record. Ce repli n'est pas le reflet d'un désintérêt pour la filière, mais traduit l'attentisme des transporteurs face à un cadre réglementaire instable, qui freine les décisions d'investissement. Le transport de voyageurs envoie en revanche un signal encourageant, avec une hausse de 26% du nombre de véhicules GNV vendus par rapport au premier trimestre 2025.

Les pouvoirs publics français oeuvrent à la promotion quasi-exclusive de l'électricité pour décarboner le transport routier

Les pouvoirs publics portent une vision restrictive du développement du BioGNV. Malgré une prise de conscience chez un nombre croissant de décideurs, la réglementation européenne encadrant les véhicules vendus ne reconnaît toujours pas la capacité de décarbonation des énergies renouvelables.

"Nous constatons aujourd'hui un décalage croissant entre la réalité de terrain et certains discours ou orientations réglementaires, en France comme au niveau européen. Croire qu'une seule énergie pourra décarboner tous les usages du transport dans les mêmes délais relève plus de l'incantation que du pragmatisme industriel", signale FMB.

IRICC et révision des normes CO2 des véhicules : des rendez-vous décisifs pour le BioGNV

La filière fonde désormais ses perspectives de développement sur deux évolutions majeures : la mise en oeuvre de l'IRICC (Incitation à la Réduction de l'Intensité Carbone des Carburants) en France et l'évolution du règlement sur les émissions de CO2 des véhicules lourds au niveau européen.

En effet, les paramètres de l'IRICC seront déterminants. La filière suit avec une attention particulière les travaux de définition conduits par l'administration. Elle alerte sur la nécessité d'éviter l'instauration d'un plafond d'éligibilité qui viendrait freiner le verdissement des flottes et compromettre le développement du biogaz carburant sur le territoire.

Appelé à remplacer la Taxe Incitative Relative à l'Utilisation d'Énergies Renouvelables dans les Transports (TIRUERT), l'IRICC est un dispositif fiscal français visant à promouvoir l'intégration des énergies renouvelables dans le secteur des transports.

L'IRICC aura pour premier objectif de favoriser la décarbonation du secteur des transports, en incitant à la production des biocarburants les plus vertueux, afin de réduire l'intensité carbone des carburants. Ce nouveau mécanisme incitera à une plus forte efficacité environnementale des vecteurs énergétiques utilisés, pour assurer une consommation efficace d'énergie renouvelable au regard de la lutte contre le changement climatique.

Par ailleurs, à l'échelle européenne, l'échéance clé sera la révision du règlement encadrant les normes d'émissions de CO2 des véhicules lourds, attendue en 2027. Cette révision pourrait enfin ouvrir la voie à la reconnaissance des énergies biogéniques comme solutions pertinentes de décarbonation du transport routier. Plusieurs options sont actuellement à l'étude, dont la création d'une catégorie spécifique de
véhicules fonctionnant exclusivement avec des carburants éligibles (VEEF), susceptible de redonner de la visibilité et de la cohérence aux choix industriels de la filière.

Lors de cette conférence de presse, Clément Chandon, vice-président de FMB et responsable propulsions alternatives du groupe Iveco (constructeur italien de véhicules industriels et d'autobus) s'est exprimé sur l'historique et la réussite de la filière. Il affirme qu'en 2025, la France est devenue le pays produisant le plus de biométhane (gaz renouvelable produit à partir de la fermentation de déchets organiques provenant des ménages, de l'agriculture ou de l'industrie. Son empreinte carbone est 8 fois plus faible que le gaz naturel) en Europe, alors que cette production était nulle en 2012. Il souligne également que le pays a développé le premier parc de véhicules GNV/bio-GNV sur le Vieux Continent. Ce parc se distingue par sa grande variété : utilitaires, poids lourds, bennes à ordures ménagères, autobus et autocars. Des projets sont également en cours pour étendre cet usage aux tracteurs agricoles et aux locomotives.

Pour Clément Chandon, "cette trajectoire illustre une véritable réussite pour la France". Il juge d'ailleurs paradoxal que la DGEC (Direction générale de l'énergie et du climat) semble critiquer ces choix, au lieu de célébrer un succès qui positionne la France parmi les leaders européens. "En 2025, la France figure en effet dans le cercle restreint des cinq ou six nations ayant réussi à faire passer la part du 100% diesel (désigne les poids lourds dont la motorisation dépend exclusivement du gazole fossile pour fonctionner) sous la barre des 95% pour les poids lourds. Cette performance hisse le pays au niveau de nations exemplaires comme la Norvège ou la Suède, dont le mix énergétique (électrique et gaz) avoisine les 20%", détaille t-il.

Laure-Anne Mounet, vice-présidente de la FMB et directrice commerciale adjointe chez GNVERT (filiale d'Engie filiale qui opère le premier
réseau de stations GNV/bio-GNV en France), s'est à son tour exprimée sur le bioGNV en France. Elle précise que "le territoire est désormais couvert par 800 stations, réparties équitablement entre réseaux publics et privés". En outre, selon elle, si le déploiement a ralenti en 2025, ce n'est pas uniquement dû aux séquelles de la crise énergétique de 2021, mais surtout à la maturité du réseau : le maillage est aujourd'hui assez dense pour garantir un avitaillement sans contrainte sur l'ensemble du pays.

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source : AOF

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