Pourquoi l'or ne monte pas malgré l'inflation
(Zonebourse.com) - Depuis le début de l'année, le cours de l'or s'inscrit en forte baisse malgré la montée des tensions inflationnistes et géopolitiques, une réaction qui peut paraître paradoxale pour un actif traditionnellement considéré comme une valeur refuge et une protection contre l'inflation.
La baisse d'environ 25% du métal jaune depuis ses records du début d'année s'explique essentiellement par le virage restrictif des banques centrales. Face à la remontée des tensions inflationnistes, plusieurs banques centrales à travers le monde ont changé leur fusil d'épaule et procédé à des hausses de taux, en particulier en Europe et en Océanie. La Réserve fédérale américaine, en retard en raison de la transition à sa présidence, a également procédé en septembre à sa première hausse des taux depuis 2023 et devrait poursuivre son resserrement monétaire en décembre, puis probablement au début de l'année prochaine.
Ce changement de cap a entraîné une nette remontée des taux obligataires sur l'ensemble de la courbe, y compris en termes réels, c'est-à-dire après ajustement à l'inflation. Or, ces taux réels sont déterminants pour l'évolution des métaux précieux, puisqu'ils influencent directement leur attractivité relative. Lorsque les taux réels augmentent, les obligations deviennent plus intéressantes par rapport à l'or, qui ne verse aucun rendement, et inversement.
Aux États-Unis, les taux réels à 10 ans sont ainsi passés d'environ 1,80% en début d'année à 2,95% début octobre, leur plus haut niveau depuis 2008. Ce regain d'attractivité des obligations indexées sur l'inflation a donc contribué à détourner les flux des investisseurs du métal jaune.
Néanmoins, avec désormais trois nouvelles hausses des taux de la Fed anticipées par les marchés d'ici l'été prochain, un scénario de resserrement monétaire ambitieux semble déjà intégré dans les prix. Leur concrétisation dépendra essentiellement des prochaines données sur l'inflation et le chômage, et donc, en grande partie, de la durée du conflit au Moyen-Orient et de l'évolution des cours du pétrole.
En cas de décrue durable des prix de l'énergie, les pressions inflationnistes devraient s'atténuer, réduisant ainsi la nécessité pour les banques centrales de poursuivre leur resserrement monétaire. Une telle évolution favoriserait une détente des taux obligataires, y compris des taux réels, et pourrait ainsi redonner de l'attrait à l'or.
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source : AOF
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