Boeing : les analystes veulent croire au redécollage mais la cadence interroge
(Zonebourse.com) - L'avionneur poursuit son redressement industriel mais peine encore à convaincre les investisseurs. Si Bernstein et Jefferies restent optimistes quant à son potentiel boursier, ils évoquent aussi des incertitudes autour de la montée en cadence de la production et de la capacité du groupe à générer durablement de la trésorerie. Le titre affiche un repli de l'ordre de 12% depuis le début de l'année.
Comme tous les 2e mardis du mois, Boeing publiera demain ses chiffres de livraisons. Ces données seront particulièrement surveillées par les analystes qui cherchent à en savoir plus sur la dynamique de redressement de l'avionneur états-unien. Alors que le S&P 500 a progressé d'environ 80% en trois ans, le titre de l'avionneur américain a fait du surplace dans le même temps, malgré des progrès industriels et plusieurs contrats majeurs dans la défense. Il faut aussi dire que le récent souci autour du logiciel de navigation du 737 MAX a réveillé les inquiétudes, même si depuis, la FAA a écarté tout risque pour la sécurité.
En réalité, le marché attend davantage : "les investisseurs veulent de la stabilité et des prévisions solides concernant la trésorerie, deux éléments qui font encore défaut", souligne Douglas S. Harned, l'analyste en charge du dossier chez Bernstein. Si le broker confirme sa note de "surperformance" sur le titre, il abaisse dans le même temps son objectif de cours de 298 à 278 USD. Chez Jefferies, Sheila Kahyaoglu reste également à l'achat sur le titre, avec une cible inchangée de 265 USD.
Le 737 MAX, toujours au coeur des interrogations
Pour Boeing, le principal défi reste la production du 737 MAX. Le groupe affirme avoir retrouvé une cadence de 47 appareils par mois, mais Bernstein demeure prudent. En effet, l'avionneur "n'a pas encore démontré sa capacité à stabiliser cette cadence", assure le broker.
Jefferies observe également des signes de fragilité. Selon ses estimations, seuls 40 à 42 monocouloirs sont sortis des chaînes en septembre, contre 42 en août et 45 en juillet. Sur l'ensemble du troisième trimestre, la moyenne ressortirait ainsi à 42 appareils par mois, soit sous la cadence annoncée par Boeing.
Pour 2026, Jefferies attend 499 Boeing 737, contre 490 pour Bernstein. Ce dernier repousse toutefois à juillet 2027 le passage à une cadence de 52 appareils par mois.
Pour 2027, les analystes ont aussi des visions contrastées : Bernstein anticipe la livraison de 606 appareils 737 MAX tandis que Jefferies table plus modestement sur 588 appareils.
Motifs d'espoir dans la défense ?
Les perspectives les plus encourageantes reposent finalement dans la défense. Bernstein met ainsi en avant les succès remportés sur les programmes de chasseurs américains F-47 et F/A-XX. Le second pourrait représenter plus de 100 milliards de dollars sur sa durée de vie, développement compris, selon ses estimations.
Jefferies met pour sa part en avant un contrat de 14,7 milliards de dollars sur sept ans, obtenu auprès de Lockheed Martin pour la fourniture d'autodirecteurs destinés aux missiles PAC-3 MSE.
Ces succès renforcent les perspectives à long terme, sans pour autant dissiper les interrogations sur l'activité commerciale, qui reste déterminante pour le redressement financier du groupe.
Des prévisions de trésorerie qui divergent
C'est sur la vitesse du redressement que les deux brokers se distinguent le plus : pour 2027, Bernstein anticipe un bénéfice ajusté de 3,36 USD par action et un flux de trésorerie disponible de 5,74 milliards de dollars. Jefferies se montre plus conservateur, avec respectivement 1,05 USD et 4,77 milliards de dollars.
"Le redressement de Boeing dépend de sa capacité à corriger sa culture d'ingénierie, à stabiliser ses systèmes de production et à faire preuve d'une plus grande discipline dans l'exécution", résume Jefferies.
Bernstein estime de son côté que le potentiel de hausse reste considérable pour les investisseurs de long terme, tout en prévenant qu'il sera difficile à concrétiser sans davantage de stabilité et de visibilité sur la croissance des flux de trésorerie.
Si les analystes croient au redécollage de Boeing, c'est plutôt la capacité du groupe à tenir la cadence qui interroge pour le moment.
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source : AOF
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