Clap de fin pour le FCAS de Dassault Aviation et Airbus, les analystes réagissent
(Zonebourse.com) - On le savait dans l'impasse depuis des mois, il est désormais enterré. Victime des dissensions entre Dassault Aviation et Airbus pour le leadership du projet, le SCAF ou FCAS (Future Combat Air System), ne verra pas le jour. Pendant un temps, Paris et Berlin avait bien tenté de jouer les médiateurs mais devant l'ampleur des désaccords, ils ont préféré jeté l'éponge.
Le défi était de taille : construire un avion de combat destiné à succéder au Rafale et à l'Eurofighter tout en respectant le cahier des charges de chaque partenaire.
La France avait besoin d'un appareil capable d'emmener des têtes nucléaires tout en restant suffisamment léger pour pouvoir se poser sur un porte-avions, tandis que l'Allemagne privilégierait un appareil plus imposant, capable d'emmener davantage d'armements.
A ces difficultés de conception s'est ajouté une bataille pour le leadership de ce projet estimé à 100 milliards d'euros entre Dassault Aviation et Airbus, ce dernier représentant les intérêts allemands et espagnols.
"Le chancelier allemand Friedrich Merz et le président français Emmanuel Macron ont discuté du projet la semaine dernière lors d'une rencontre au Monténégro et ont conclu qu'il n'y avait aucune perspective de sortie de l'impasse", souligne Chloé Lemarie, en charge du dossier chez Jefferies.
Selon DZ Bank, l'arrêt probable du programme de combat aérien franco-allemand FCAS sous sa forme actuelle constitue finalement une décision positive, les divergences entre Airbus et Dassault étant visiblement insurmontables.
La note souligne que le FCAS ne disparaîtrait pas totalement, certaines composantes comme la "Combat Cloud" devant être poursuivies, tandis que plusieurs scénarios restent envisageables pour un futur avion de combat européen.
D'après le broker, l'impact financier actuel pour Airbus demeure limité, à un montant situé dans le bas de la fourchette des centaines de millions d'EUR. Dans une future configuration du programme, le groupe pourrait même se voir confier davantage de responsabilités.
L'analyste confirme son conseil Acheter sur le titre Airbus, avec un objectif de cours inchangé à 227 EUR.
"Pour Dassault Aviation, l'impact apparaît limité à court terme alors que le groupe bénéficie déjà d'un carnet de commandes record sur le Rafale et concentre désormais ses efforts sur le standard F5, attendu à l'horizon 2035. Pour Airbus, cette décision met fin à plusieurs années de blocages industriels mais pourrait également ouvrir la voie à d'autres coopérations européennes dans le domaine des systèmes de combat aérien du futur", souligne-t-on ce matin chez All Invest Securities.
"Suite à l'abandon du volet chasseur du programme, nous continuons de privilégier les partenaires français au sein de l'équipe Rafale, soit Dassault Aviation (Achat), Thales (Achat), Safran (Conserver) par rapport aux participants allemands MTU Aero (Achat) et Hensoldt (Achat)", conclut-on chez Jefferies.
Ce matin, Airbus recule de 0,3% tandis que Dassault Aviation cède 1,1% à Paris.
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source : AOF
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