Votre navigateur (${ userBrowser.name + ' ' + userBrowser.version }) est obsolète. Pour améliorer la sécurité et la navigation sur notre site, prenez le temps de mettre à jour votre navigateur.      

Au Turkménistan, des produits iraniens prisés devenus inabordables

| AFP | 102 | Aucun vote sur cette news
Des fruits importés d'Iran en vente sur un marché d'Ackhabad, au Turkménistan, le 9 mars 2026
Des fruits importés d'Iran en vente sur un marché d'Ackhabad, au Turkménistan, le 9 mars 2026 ( / AFP )

"J'ai toujours acheté des fruits et des jus iraniens. J'appréciais leurs prix bas, mais tout a doublé", constate Chemchat Kourbanova sur un marché au Turkménistan. Dans ce pays d'Asie centrale bordant l'Iran, les conséquences économiques de la guerre au Moyen-Orient sont immédiates.

A Achkhabad, la capitale turkmène située à quelques encablures de la frontière iranienne, l'immense majorité des produits iraniens sont désormais deux fois plus chers. Selon un journaliste de l'AFP, les mandarines atteignent 1,9 dollar le kilo, les pommes dépassent les deux dollars le kilo et le paquet de cigarettes est vendu trois dollars.

La soudaine rupture des chaînes logistiques avec l'Iran, dont la présence s'est renforcée en Asie centrale, affecte à divers degrés les cinq ex-républiques soviétiques centrasiatiques (Kazakhstan, Kirghizstan, Ouzbékistan, Tadjikistan, Turkménistan).

Cette hausse subite des prix après la guerre lancée fin février au Moyen-Orient et l'embargo de Téhéran sur ses exportations agroalimentaires a contraint le fonctionnaire Kerim Ballyev, fumeur invétéré de "cigarettes iraniennes bon marché" à freiner sa consommation.

"Le prix a presque doublé, c'est trop cher pour moi, je vais les acheter à l'unité", dit-il à l'AFP.

Au Turkménistan, où peu d'informations filtrent, le conflit dans le pays voisin est inexistant dans l'espace médiatique, étroitement contrôlé.

Si les statistiques commerciales turkmènes sont gardées secrètes par les autorités, Téhéran est un partenaire commercial conséquent d'Achkhabad, à l'instar de la tendance régionale, malgré la nette domination russe et chinoise.

Peu d'alternatives

L'Asie centrale, immense région grande comme l'Union européenne, dépend des corridors de transit passant par ses voisins - Chine, Russie, Iran et Afghanistan - pour se désenclaver et accéder aux mers.

"L’Iran joue depuis longtemps pour l'Asie centrale le rôle d'une fenêtre vers le sud: via son territoire passent des corridors de transport clés qui donnent accès au golfe Persique puis aux marchés de l'Inde, du Moyen-Orient et de l'Europe", résume pour l'AFP Iskender Charcheev, économiste kirghiz.

Vue d'Ackhabad, la capitale du Turkménistan, et en arrière-plan les montagnes Kopet-Dag qui marquent la frontière avec l'Iran, le 2 août 2025
Vue d'Ackhabad, la capitale du Turkménistan, et en arrière-plan les montagnes Kopet-Dag qui marquent la frontière avec l'Iran, le 2 août 2025 ( STRINGER / AFP/Archives )

"L'escalade actuelle autour de l'Iran a pratiquement paralysé ces corridors méridionaux. Les conséquences pour l’Asie centrale se font déjà sentir: retards de livraison, hausse des prix du carburant, des engrais, des médicaments et de l'électronique", poursuit M. Charcheev.

Biachim Ovezov, distributeur de produits alimentaires iraniens, a déjà "constaté une diminution des flux commerciaux".

"Si la guerre se poursuit, non seulement les prix vont doubler, voire plus, mais des gens comme moi vont perdre leur emploi, ceux qui importaient des produits d'hygiène, d'entretien, des boissons, des ustensiles et des matériaux de construction", craint l'entrepreneur.

Selon l'économiste Charcheev, "la question alimentaire constitue un autre problème majeur. L'Iran fournit traditionnellement à la région des fruits et légumes frais ou secs ainsi que des produits laitiers".

"Il est extrêmement difficile de les remplacer rapidement", car "les alternatives venant de Chine ou de Turquie sont à la fois plus chères et plus complexes sur le plan logistique", estime-t-il.

Quant aux routes commerciales alternatives, notamment via la mer Caspienne pour contourner la Russie et l'Iran et atteindre l'Europe, elles sont encore incapables d'absorber une soudaine réorientation des flux logistiques.

"Pour l'instant, la région ne dispose pas de remplacement rapide au transit iranien", d'après l'expert.

"Pratiquement plus rien"

L'impact de la guerre en Iran se fait aussi ressentir au Tadjikistan, autre pays centrasiatique partenaire de Téhéran, et dont la langue est aussi le persan.

Des chaussures iraniennes en vente sur un marché d'Ackhabad, la capitale du Turkménistan, le 9 mars 2026
Des chaussures iraniennes en vente sur un marché d'Ackhabad, la capitale du Turkménistan, le 9 mars 2026 ( / AFP )

Les échanges commerciaux irano-tadjikes ont nettement augmenté ces dernières années pour se rapprocher du demi-milliard de dollars en 2025, un flux conséquent pour la plus pauvre des ex-républiques soviétiques à l'économie fragile et très vulnérable aux chocs externes.

Madina, distributrice de produits iraniens à Douchanbé, la capitale tadjike, dit à l'AFP n'avoir "pratiquement plus rien que des épices en stock" dans son magasin.

Selon elle, un camion entier de produits iraniens devant la fournir n'a pas pu quitter l'Iran au début de la guerre, lancée le 28 février.

"Les frontières ont été fermées immédiatement, les exportations se sont arrêtées, et nos marchandises sont bloquées", explique-t-elle.

"Si la guerre continue et que nous ne pouvons pas nous approvisionner, nous devrons louer le magasin ou prendre un local plus petit", craint-elle.

 ■

Copyright © 2026 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
0 avis
Note moyenne : 0
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
SUR LE MÊME SUJET
Publié le 09/03/2026

La responsable des produits physiques (hardware) chez OpenAI a indiqué samedi avoir démissionné en raison de l'accord conclu entre le géant de l'intelligence artificielle (IA) et le…

Publié le 06/03/2026

Le porte-conteneurs Rigoletto exploité par l'armateur CMA CGM sur un terminal du port de Los Angeles en Californien le 3 février 2025 ( Patrick T. Fallon / AFP )Le troisième armateur mondial…

Publié le 05/03/2026

Photo diffusée par La Moncloa, le 4 mars 2026, du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez lors d'une déclaration officielle en réponse aux propos du président américain Donald Trump, au…

Publié le 04/03/2026

Le président du Sénat brésilien, Davi Alcolumbre, lors d'une session consacrée au vote sur l'approbation de l'accord de libre-échange entre le Mercosur et l'Union européenne, le 4 mars 2026…

Publié le 03/03/2026

Le président américain Donald Trump lors d'une rencontre avec le chancelier allemand Friedrich Merz dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, le 3 mars 2026 à Washington ( ANDREW…

À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 10/03/2026

Publié le 10/03/2026

La Bourse de Paris a limité ses pertes lundi, sur fond de flambée du pétrole, le Brent ayant atteint 119,40 dollars au dixième jour de la guerre au Moyen-Orient, une envolée qui a fait remonter…

Publié le 10/03/2026

Votre rendez-vous quotidien avec les petites et moyennes capitalisations ! Chaque jour, retrouvez l’analyse d’Eric Lewin sur les valeurs Small & Mid Caps du moment qui font l’actualité.

Publié le 10/03/2026

(Zonebourse.com) - Les Bourses européennes sont au rebond, dans le sillage des places américaines hier soir avec l'espoir que le conflit au Moyen-Orient approche de son terme.Le CAC 40 qui restait…

Publié le 10/03/2026

(Zonebourse.com) - Le conflit Etats-Unis-Iran entre dans son onzième jour. En hausse à la clôture la veille, les indices américains devraient évoluer autour de l'équilibre au lendemain des…