Aux Etats-Unis, une nuée de mauvaises nouvelles sur le front économique

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Le président Donald Trump à Suffern (banlieue de New York) le 22 mai 2026, devant une affiche proclamant
Le président Donald Trump à Suffern (banlieue de New York) le 22 mai 2026, devant une affiche proclamant "Se battre pour les travailleurs américains" ( Brendan SMIALOWSKI / AFP )

Inflation, croissance, immobilier... Les données publiées jeudi aux Etats-Unis montrent que la première économie mondiale est moins rugissante que ce que vante régulièrement Donald Trump.

En quelques heures, plusieurs statistiques officielles ont dépeint un tableau maussade à quelques mois des élections de mi-mandat que la majorité présidentielle aborde avec une certaine fébrilité.

La croissance du produit intérieur brut (PIB) au premier trimestre a été nettement revue en baisse: 1,6% en rythme annualisé, contre 2% précédemment estimé.

Cela implique que la marche est haute si la Maison Blanche compte toujours sur une croissance de 4% à 6% à la fin de l'année, comme suggéré par un prévision récente du conseiller économique de Donald Trump, Kevin Hassett.

Les États-Unis mettent en avant le rythme annualisé qui projette sur l'ensemble de l'année l'évolution observée pendant trois mois.

Les dépenses de consommation et les investissements du premier trimestre avaient été auparavant surévalués, explique le service statistique BEA.

Il a publié au même moment un des deux indices d'inflation américains, le PCE, qui confirme que les prix ont augmenté en avril à un rythme qui n'avait plus été observé depuis quasiment trois ans (à 3,8% sur un an).

C'est largement dû à l'envolée des prix à la pompe qui a suivi le déclenchement par les Etats-Unis et Israël d'une guerre contre l'Iran, le 28 février, qui a fait tache d'huile au Moyen-Orient.

"Sous pression"

Le rapport du BEA montre également que le revenu disponible des Américains recule.

En clair: leurs rentrées d'argent n'augmentent pas aussi vite que l'inflation. Le taux d'épargne a brusquement fondu, à 2,6%, contre 3,2% en mars.

"Ouch", a commenté sur X l'économiste de la banque américaine Navy Federal Credit Union, Heather Long.

"Cela montre à quel point les finances des Américains sont actuellement sous pression", a-t-elle ajouté, estimant que la situation n'est "pas tenable".

Aucun salut ne vient du côté du marché du travail, où les embauches comme les augmentations de salaires tournent au ralenti, souligne dans une note l'économiste d'EY, Gregory Daco.

Selon lui, l'économie tient grâce à "trois piliers étroits": les consommateurs fortunés, les investissements dans l'intelligence artificielle et l'appréciation des actifs financiers.

"Ces piliers masquent le fait que les fondations de l'économie sont de plus en plus instables", poursuit Gregory Daco. Il cite notamment la mollesse de la croissance "dans de larges pans de la consommation" et le marché immobilier.

A ce titre, d'après une autre donnée publiée jeudi, les ventes de maisons neuves ont nettement flanché en avril, loin de la relance espérée par la Maison Blanche.

"Les acheteurs potentiels font face tout à la fois à la hausse des prix de l'immobilier, à l'augmentation des taux d'emprunt et à la baisse de leur pouvoir d'achat", remarque Yelena Maleyev, économiste du cabinet KPMG.

Les prêts à 30 ans, les plus populaires au États-Unis, sont désormais assortis d'un taux moyen de 6,53%, rapporte jeudi l'agence de refinancement Freddie Mac.

Ils étaient passés sous la barre symbolique des 6% le 26 février, juste avant le déclenchement par les Etats-Unis et Israël de la guerre contre l'Iran.

Le conflit fait grimper les prix et incite donc les prêteurs à demander une rémunération accrue pour que l'inflation ne grignote pas leurs gains.

Donald Trump s'est fait réélire notamment en promettant d'améliorer le pouvoir d'achat et de réduire les coûts d'emprunt.

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