Détournement de fonds de l'UE: série de perquisitions dans une enquête ciblant notamment le RN
Des perquisitions ont été menées mardi dans plusieurs pays européens parmi lesquels la France, dans le cadre d'une enquête du parquet européen soupçonnant un détournement de fonds de l'UE par l'ex-groupe Identité et démocratie (ID), où siégeait le parti d'extrême droite français RN, a indiqué la juridiction.
Le président du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella, a confirmé que des prestataires ayant travaillé pour son parti avaient été la cible de raids policiers, sans citer de noms.
Le nombre de perquisitions et les pays concernés n'ont pas été détaillés par le parquet européen.
Selon le journal français Le Monde, elles ont lieu en France, en Espagne, en Italie et en Belgique.
Dans un communiqué le parquet européen a précisé "mene(r) actuellement des mesures d'enquête en France et dans d'autres pays européens dans le cadre d'une enquête en cours portant sur l'usage de fonds européens par un ancien groupe politique du Parlement européen entre 2019 et 2024".
Cet organe indépendant de l'UE chargé de lutter contre la fraude aux fonds de l'Union avait été alerté par un rapport de la direction des affaires financières du Parlement européen, le poussant à annoncer l'ouverture d'une enquête en juillet 2025.
Le rapport indiquait qu'avec ses partenaires de l'ex-groupe ID parmi lesquels la Ligue du Nord de l'Italien Matteo Salvini, le Rassemblement national était suspecté d'avoir "indûment dépensé" plus de 4,3 millions d'euros entre 2019 et 2024.
Si la formation française n'a exercé durant cette mandature ni la présidence ni le secrétariat général d'Identité et Démocratie, la majeure partie de cette somme a bénéficié à deux sociétés liées à des proches de Marine Le Pen: son ancien conseiller Frédéric Chatillon et son épouse Sighild Blanc, précisait le document ayant fuité dans les médias.
Il s'agit des agences de communication e-Politic et Unanime.
Les perquisitions menées mardi ajoutent à la tourmente judiciaire du RN: la cour d'appel de Paris doit dire le 7 juillet si elle confirme l'inéligibilité de Marine Le Pen dans l'affaire des assistants parlementaires européens.
Enquête sur un media training
"Depuis tôt ce matin, des perquisitions sont en cours aux sièges et aux domiciles personnels de prestataires de communication ayant travaillé avec nous", a rapporté sur le réseau X Jordan Bardella.
"Dans le même temps, Le Canard enchaîné nous apprend également l'ouverture prochaine d'une information judiciaire me concernant, à la suite d'une plainte d'une association militante, à propos d'un emploi de quelques mois occupé au Parlement européen (...) il y a bientôt douze ans", a-t-il poursuivi.
Cette éventuelle nomination d'un juge d'instruction, comme le souhaite l'association anticorruption Anticor, qui a porté plainte, ouvrirait un nouveau front judiciaire pour le RN. Dans ce dossier, Anticor estime que le chef du parti d'extrême droite doit répondre de ses activités pendant les quatre mois et demi en 2015 où il a été l'assistant parlementaire de l'eurodéputé Jean-François Jalkh.
L'association demande également qu'un magistrat instructeur enquête pour faux sur les documents produits par Jordan Bardella et ses proches pour attester de son travail.
"Comme à chaque fois, les procédures judiciaires annoncent le calendrier électoral", a avancé M. Bardella. Et d'affirmer: "Nous n’avons rien à nous reprocher, et nous le montrerons".
Une autre enquête du parquet européen concernant M. Bardella avait été révélée en mai dernier, des investigations déclenchées par un article du Canard Enchaîné puis une plainte contre X déposée à Paris de l'association AC!! Anti-Corruption.
L'association soupçonne le RN d'avoir profité de fonds européens pour former ses troupes, et notamment Jordan Bardella, à s'adresser aux médias pendant la campagne de l'élection présidentielle française de 2022.
L'eurodéputé était alors le président par intérim du parti d'extrême droite, jouant un rôle actif dans la campagne de Marine Le Pen.
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