Inflation: Warsh donne des gages, un conseiller de Trump met en garde contre une hausse des taux non "patriote"

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Le nouveau chef de la Réserve fédérale américaine (Fed) Kevin Warsh , en conférence de presse, le 17 juin 20216 à Washington
Le nouveau chef de la Réserve fédérale américaine (Fed) Kevin Warsh , en conférence de presse, le 17 juin 20216 à Washington ( Brendan SMIALOWSKI / AFP/Archives )

Le nouveau chef de la Réserve fédérale américaine (Fed) Kevin Warsh s'est montré soucieux du niveau des prix mercredi sans s'attirer les foudres de la Maison Blanche, qui se méfie au contraire de certains de ses collègues.

Les prix sont "trop élevés", a résumé M. Warsh lors d'un forum organisé par la Banque centrale européenne (BCE) au Portugal.

L'inflation a bondi aux Etats-Unis sous l'effet de l'envolée des prix de l'énergie qui a suivi la guerre au Moyen-Orient. Elle a atteint 4,1% sur un an en mai, soit le double de ce que la Fed juge souhaitable.

"Si certains acteurs, que ce soit parmi les ménages, les entreprises ou dans le domaine financier, pensaient que cette banque centrale allait se satisfaire d'un objectif d'inflation supérieur à 2%, eh bien, j'imagine qu'ils seront déçus", a ajouté Kevin Warsh.

Le quinquagénaire sait qu'il est attendu au tournant en raison du contexte de sa nomination. Il a été désigné par le président Donald Trump, alors ouvertement engagé dans une campagne de pression contre l'ex-patron de la Fed Jerome Powell.

Le chef de l'Etat républicain ne cache pas vouloir des taux d'intérêt nettement plus bas dans l'optique de stimuler l'économie. Il minimise le risque qu'une telle détente alimente l'inflation, que la Fed est chargée de combattre.

Il en a découlé une forme de soupçon au-dessus de Kevin Warsh, arrivé fin mai à la tête de l'institution monétaire.

"Je pense qu'il a envoyé (mercredi) un signal aux marchés du genre +Ne vous attendez pas à ce que je vienne (à une réunion de la Fed) pour baisser les taux et me plier aux volontés du président+", a commenté auprès de l'AFP Tom Cahill, analyste pour le cabinet Ventura Wealth Management.

Au Portugal, Kevin Warsh s'est retrouvé au coeur du gratin mondial de la politique monétaire.

Il s'est exprimé aux côtés de ses homologues de la Banque centrale européenne (BCE), de la Banque d'Angleterre et de la Banque du Canada. Ceux-là mêmes qui se sont fendus d'un communiqué avec d'autres banquiers centraux pour défendre Jerome Powell quand il a été visé par une procédure judiciaire avec l'aval de Donald Trump.

L'exécutif "surveille" la Fed

M. Powell est toujours membre de la Fed, ayant décidé d'y rester comme simple gouverneur tant que subsistent des pressions à son encontre.

L'exécutif américain lui voue toujours une grande méfiance.

"Ce qui m'inquiète, avec le maintien de Jay Powell, c'est qu'il y ait une majorité de membres de la Fed qui ne votent pas parce qu'ils sont patriotes, mais plutôt parce qu'ils veulent la faire à l'envers à Trump", a déclaré Kevin Hassett, le principal conseiller économique du président américain, mercredi sur Fox Business.

"Nous allons devoir surveiller cela de près, et vous pouvez être sûr que ce ne sera pas la faute de Kevin Warsh. Il va falloir qu'il remette un peu d'ordre là-dedans et ce ne sera pas une mince affaire", a-t-il poursuivi.

Douze personnes en tout votent sur les taux d'intérêt américains. Plusieurs d'entre elles ont prévenu qu'il pourrait falloir les relever pour juguler l'inflation.

Ce serait "une erreur macroéconomique" pour Kevin Hassett, qui a suggéré que Kevin Warsh partageait son avis.

Le nouveau patron de la Fed a posé comme principe de ne donner aucune indication sur la trajectoire possible de la politique monétaire, laissant les investisseurs interpréter les données économiques et chacun de ses propos.

La banque centrale n'a pas touché à ses taux depuis décembre 2025. Selon l'outil de veille CME FedWatch, les investisseurs imaginent qu'une hausse pourrait intervenir dès septembre prochain, soit avant la prochaine échéance électorale nationale (les "midterms" en novembre).

Un tel scénario ferait horreur à la Maison Blanche.

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