L'ex-président de la Fed Jerome Powell défend l'indépendance de la banque centrale américaine

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Le président sortant de la banque centrale américaine (Fed), Jerome Powell, prend la parole après avoir reçu un
Le président sortant de la banque centrale américaine (Fed), Jerome Powell, prend la parole après avoir reçu un "prix du courage" en politique, le 31 mai 2026 à Boston, dans le Massachusetts ( Scott Eisen / GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP )

Le président sortant de la banque centrale américaine (Fed), Jerome Powell, a défendu avec force dimanche l'indépendance et la crédibilité de l'institution, cible des pressions de Donald Trump pour baisser les taux d'intérêt.

"Si un gouvernement trouve un moyen de révoquer des responsables de la Fed pour des désaccords de politique (monétaire), alors les futurs gouvernement le feront aussi", a-t-il averti, dans une allusion à peine voilée aux tensions avec l'administration Trump.

"Le public perdrait foi dans le fait que la banque centrale prend ses décisions en fonction du seul intérêt de tous les Américains", a ajouté Jerome Powell, qui vient de céder les rênes de l'institution à Kevin Warsh, plus proche de la Maison Blanche.

L'ancien président de la Fed s'exprimait dimanche pour la première fois en public depuis cette passation, à l'occasion de la réception d'un "prix du courage" en politique, obtenu pour avoir "défendu l'indépendance" de l'institution face aux assauts de Donald Trump.

Ce prix lui a été remis à Boston (nord-est des Etats-Unis) par la fondation qui gère la bibliothèque présidentielle John F. Kennedy, du nom de l'ex-chef de l'Etat démocrate assassiné en 1963, auteur d'un livre appelé "Le Courage dans la politique".

L'organisation crédite M. Powell d'avoir "défendu l'indépendance de la Réserve fédérale, qui est essentielle à la stabilité de l'économie mondiale, malgré des années d'attaques personnelles et de menaces émanant des plus hautes sphères du gouvernement".

"Test de résistance"

Dans son allocution, Jerome Powell a défendu la neutralité et l'indépendance de l'institution: "Nous ne tenons pas compte du sort d'un quelconque parti politique ou d'un quelconque responsable politique dans la prise de ces décisions", a déclaré celui qui est redevenu simple gouverneur de la banque centrale. Il a décidé d'y rester tant que subsistent des pressions politico-judiciaires à son encontre.

"Comme beaucoup d'autres institutions, la Fed traverse un test de résistance" dans la période actuelle, a-t-il ajouté.

Jerome Powell a été très vite pris en grippe par Donald Trump, qui l'avait pourtant nommé à la tête de la Fed en 2018.

Le républicain, qui veut des taux d'intérêt plus bas pour stimuler l'économie, a multiplié les injures et les mises en cause depuis son retour au pouvoir en janvier 2025.

Le président américain Donald Trump, le 27 mai 2026 à la Maison Blanche
Le président américain Donald Trump, le 27 mai 2026 à la Maison Blanche ( Kent NISHIMURA / AFP/Archives )

Il a tenté d'accélérer le départ de M. Powell et de révoquer une de ses collègues, Lisa Cook, seule femme noire à être devenue gouverneure de la Fed.

Jerome Powell a fini par sortir de sa réserve en début d'année pour dénoncer l'ouverture, par le ministère de la Justice, d'une enquête le visant. Il avait dénoncé un "prétexte" dans "le contexte plus large des menaces et des pressions constantes exercées par le gouvernement".

La fondation explique que son prix honore les personnes "ayant pris une décision courageuse dictée par leur conscience, sans se soucier des conséquences personnelles ou professionnelles".

D'anciens présidents, comme le républicain George Bush Senior et le démocrate Barack Obama, font partie des précédents lauréats, aux côtés d'élus de premier plan - John McCain, Nancy Pelosi - et de dirigeants étrangers, tel que Volodymyr Zelensky.

L'institution a décidé cette année de remettre un deuxième "prix du courage", décerné aux habitants des villes jumelles du Minnesota (nord) que sont Minneapolis et Saint-Paul, épicentres en début d'année de l'offensive anti-immigration du gouvernement Trump, où deux Américains ont été tués par les forces de l'ordre.

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