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Les ministres du G7 à Paris pour parler d'environnement... en évitant les sujets qui fâchent

| AFP | 259 | 1 par 2 internautes
La ministre française de la Transition écologique, Monique Barbut, s'adresse à la presse à Cheffes, dans l'ouest de la France, le 27 février 2026
La ministre française de la Transition écologique, Monique Barbut, s'adresse à la presse à Cheffes, dans l'ouest de la France, le 27 février 2026 ( Loic VENANCE / AFP/Archives )

La ministre française de la Transition écologique, Monique Barbut, a accueilli jeudi matin dans le centre de Paris ses homologues du G7 pour un sommet consacré à l'Environnement, tout en prévoyant d'éviter d'aborder la question climatique afin de ménager les Etats-Unis de Donald Trump.

"La protection de l'environnement n'est plus la priorité internationale", a reconnu la ministre dans son discours d'ouverture, en présence de ministres des pays industrialisés de cette enceinte internationale et de représentants d'autres partenaires, comme les nations qui accueilleront cette année les prochaines COP sur la désertification (Mongolie) ou la biodiversité (Arménie).

Le Groupe des Sept (Canada, France, Allemagne, Italie, Japon, Royaume-Uni et Etats-Unis) "et ses partenaires ont une responsabilité particulière. Nous avons la capacité d'agir et d'envoyer un signal clair de notre détermination et de notre unité", a-t-elle plaidé, en ouverture de ce sommet de deux jours.

Elle a mis au menu des discussions cinq priorités: "financer la protection de la biodiversité, préserver l'Océan, sécuriser les ressources en eau, souligner les liens entre désertification et sécurité et accroître la résilience de nos territoires comme de nos infrastructures face aux risques naturels".

La question climatique ne sera pas directement abordée, malgré la poursuite du réchauffement sur terre et dans les océans
La question climatique ne sera pas directement abordée, malgré la poursuite du réchauffement sur terre et dans les océans ( Damien MEYER / AFP )

En revanche, la question climatique ne sera pas directement abordée, malgré la poursuite du réchauffement sur terre et dans les océans. Pas plus que celle de la sortie des énergies fossiles, pourtant abordée dans la foulée lors d'une réunion inédite d'une cinquantaine de pays à Santa Marta, en Colombie (24-29 avril).

"Un G7 au rythme des Etats-Unis ne peut prétendre répondre aux crises du siècle s'il évacue le climat, ignore les inégalités de genre et s'enferme dans une vision énergétique de court terme", regrette auprès de l'AFP Gaïa Febvre, responsable des politiques internationales au Réseau Action Climat (RAC), qui regroupe de nombreuses ONG.

"En cédant aux pressions, il affaiblit l'action collective et renonce à son potentiel rôle moteur", juge-t-elle.

"Sujets moins conflictuels"

La France assume pour sa part de ne "pas aborder de front la question du climat" pour ne pas froisser les Etats-Unis dans ce club de pays riches dont font aussi partie le Japon, le Royaume-Uni ou l'Allemagne.

"On a souhaité privilégier l'unité du G7, notamment pour protéger cette enceinte. Donc on a choisi de se concentrer sur des sujets moins conflictuels", a expliqué l'entourage de Monique Barbut, à quelques semaines d'un sommet du G7 des chefs d'Etats en juin à Evian, dans les Alpes françaises, sous la présidence d'Emmanuel Macron.

Le président américain Donald Trump s'adresse à la presse devant le Bureau ovale de la Maison Blanche, à Washington, le 13 avril 2026
Le président américain Donald Trump s'adresse à la presse devant le Bureau ovale de la Maison Blanche, à Washington, le 13 avril 2026 ( Brendan SMIALOWSKI / AFP/Archives )

Le retour début 2025 à la Maison Blanche de Donald Trump, notoirement climatosceptique, a été suivi d'une série de pas en arrière en matière de protection du climat, de son retrait de l'Accord de Paris au détricotage de nombreuses normes environnementales au sein de la première économie mondiale.

Symbole du peu d'intérêt porté par les Etats-Unis à ce G7, sa représentante sera Usha-Maria Turner, l'administratrice adjointe chargée des Affaires internationales et tribales à l'Agence américaine de protection de l'environnement, un poste de direction de second rang.

Financement de la nature

La France espère toutefois séduire l'administration Trump comme ses autres partenaires avec son "alliance pour le financement de la nature et des peuples", une initiative destinée à encourager le financement public et privé pour la protection de la biodiversité.

Elle aimerait à cette occasion dévoiler un financement allant jusqu'à 800 millions de dollars pour la protection de parcs naturels dans une vingtaine de pays africains, selon des sources proches du dossier.

Des sessions sur les océans se tiendront avec l'objectif de lancer une alliance des aires marines protégées
Des sessions sur les océans se tiendront avec l'objectif de lancer une alliance des aires marines protégées ( Mladen ANTONOV / AFP )

"Nous ne pouvons que nous réjouir que le sujet du financement de la biodiversité se soit fait une place dans les discussions" mais "ces financements doivent être additionnels et ne doivent pas compenser un désengagement parallèle des Etats, et notamment de la France", juge Jean Burkard, directeur du plaidoyer au WWF France.

Parmi les autres objectifs de ces rencontres figure celui d'aboutir à une déclaration politique sur la désertification et la sécurité. Des sessions sur les océans se tiendront aussi avec pour but de lancer une alliance des aires marines protégées.

D'autres séances de travail sont prévues, sur l'effet des catastrophes, l'immobilier et la question des pollutions de l'eau.

Une visite à Fontainebleau est aussi programmée jeudi après-midi dans le cadre d'une session consacrée aux forêts.

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