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Pétrole: l'Opep+ réagit à la guerre en Iran avec une hausse plus importante que prévu de sa production

| AFP | 143 | Aucun vote sur cette news
L'Arabie saoudite, la Russie et six autres membres de l'Opep+ ont augmenté dimanche leurs quotas de production de pétrole de 206.000 barils par jour pour le mois d'avril, un volume supérieur aux anticipations, alors que la guerre en Iran déstabilise le Moyen-Orient et les routes d'acheminement du brut. 
L'Arabie saoudite, la Russie et six autres membres de l'Opep+ ont augmenté dimanche leurs quotas de production de pétrole de 206.000 barils par jour pour le mois d'avril, un volume supérieur aux anticipations, alors que la guerre en Iran déstabilise le Moyen-Orient et les routes d'acheminement du brut.  ( Hussein FALEH / AFP )

L'Arabie saoudite, la Russie et six autres membres de l'Opep+ ont augmenté dimanche leurs quotas de production de pétrole de 206.000 barils par jour pour le mois d'avril, un volume supérieur aux anticipations, alors que la guerre en Iran déstabilise le Moyen-Orient et les routes d'acheminement du brut.

Cette réunion programmée de longue date a rassemblé cinq pays de l'Opep (Arabie saoudite, Irak, Emirats arabes unis, Koweït, Algérie) et trois alliés (Russie, Kazakhstan, Oman).

Les huit membres du groupe "ont convenu d'un ajustement de la production de 206.000 barils par jour", qui "sera mis en œuvre en avril", selon le communiqué de l'Organisation des pays exportateurs, qui cite l'équilibre du marché, sans faire mention directe de l'Iran.

Cette hausse de production est plus élevée que les 137.000 barils par jour supplémentaires que prévoyaient les experts avant le week-end. Mais elle ne devrait pas empêcher une flambée des prix du baril de pétrole.

"C'est un signal, pas une solution. Si le pétrole ne peut pas transiter par Ormuz, 206.000 barils supplémentaires par jour font très peu pour détendre le marché", estime Jorge Leon, analyste chez Rystad Energy.

En effet, avec l'embrasement régional, le transport maritime via le détroit d'Ormuz, par où transite quelque 20% de la consommation mondiale de pétrole, est compromis.

Le cours du baril de Brent, la référence internationale de l'or noir, avait intégré avant même le conflit une prime de risque géopolitique croissante pour s'afficher à plus de 72 dollars et pourrait donc grimper très fortement dès l'ouverture des marchés.

Car "en réalité, la logistique et le risque de transit comptent davantage que les objectifs de production en ce moment", souligne M. Leon.

"Des infrastructures alternatives au Moyen-Orient peuvent être utilisées pour contourner les flux transitant par le détroit, mais l'impact net demeure une perte effective de 8 à 10 millions de barils d'offre de pétrole brut", expliquait-il dans une note la veille.

Baril à 120 dollars ?

L'Iran a annoncé à l'Union européenne la fermeture "de facto" du détroit d'Ormuz. Et depuis les premières frappes américaines sur l'Iran, les sirènes d'alerte aérienne ont retenti en Israël et de fortes explosions ont été entendues notamment à Jérusalem, Ryad, Doha, Erbil, Manama et Dubaï, selon des journalistes de l'AFP.

Le conflit pourrait durer longtemps. "On est dans une campagne militaire d'envergure qui, à mon avis, va durer plusieurs jours, voire plusieurs semaines", juge David Khalfa, cofondateur du centre de recherches Atlantic Middle East Forum (AMEF).

Selon Homayoun Falakshahi, analyste chez Kpler, les prix de l'or noir pourraient grimper au-delà des 120 dollars, un niveau plus vu depuis des années, en cas de guerre prolongée avec un embrasement régional et des ruptures d'approvisionnement.

Les pays producteurs de pétrole pourraient tenter d'augmenter davantage leur production dans les mois à venir. "Les huit pays se réuniront le 5 avril 2026", a annoncé l'Opep.

Pour le cartel, ajouter des barils est aussi l'occasion de reprendre sa stratégie de gains de parts de marché face à la concurrence des Etats-Unis, du Canada, du Brésil ou encore du Guyana.

Cependant les seuls pays de l'Opep+ "qui peuvent réellement augmenter leur production sont l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, ainsi que dans une moindre mesure, le Koweït et l'Irak", les autres disposant de capacités restreintes, tempère Jorge Leon, analyste chez Rystad Energy, or ce sont des pays très dépendants du bon fonctionnement du détroit d'Ormuz pour exporter.

La production russe a elle eu tendance à diminuer depuis novembre. "On pense que la Russie produit au maximum" et a "perdu des parts de marché notamment en Inde", souligne M. Falakshahi.

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