Épargne : le mode d'emploi pour investir intelligemment
L'Autorité des marchés financiers vient de publier un guide pratique pour accompagner les Français dans leurs choix d'investissement. En trois étapes clés, ce document gratuit aide les épargnants à dépasser leur préférence pour les placements sécurisés et à diversifier leur patrimoine vers des produits plus performants.

Les Français affichent une nette préférence pour les placements sans risque. Livret A, Livret de développement durable et solidaire (LDDS), Livret d’épargne populaire (LEP) et fonds en euros de l'assurance vie trustent les suffrages grâce à leur capital garanti et leurs intérêts définitivement acquis.
Pourtant, ces produits présentent des limites importantes. Peu investis en actions d'entreprises, ils sont essentiellement constitués d'obligations (dettes d’entreprises et d’États) de qualité, ce qui se traduit par une rémunération modeste pour les épargnants.
Face à ce constat, l'Autorité des marchés financiers (AMF) a mis en ligne, le 3 janvier 2026, un guide gratuit de 14 pages destiné à encourager l'investissement dans des actifs plus rentables sur le long terme, notamment les actions et les fonds d’investissement, comme les sociétés d'investissement à capital variable (Sicav) et les fonds communs de placement (FCP).
Première étape : définir précisément ses objectifs
Avant toute souscription, le futur investisseur doit clarifier ses intentions. Acquisition immobilière, financement des études des enfants, voyage, création d'entreprise ou préparation de la retraite : chaque projet détermine un horizon de placement spécifique.
L'âge joue également un rôle déterminant, le temps disponible pour préparer sa retraite variant considérablement selon qu'on a 30 ou 50 ans.
L'AMF insiste sur l'adéquation entre la durée recommandée du produit et l'horizon d'investissement personnel. Le document d'information clé pour l'investisseur (DICI), obligatoire pour tous les fonds, indique cette durée conseillée.
La disponibilité des fonds constitue un autre critère essentiel. Un besoin de liquidités à court terme exclut les placements en actions ou fonds nécessitant un engagement prolongé.
L'épargnant doit également évaluer honnêtement son seuil de tolérance aux pertes, sachant qu'aucun produit ne peut promettre un rendement élevé sans risque proportionné.
Enfin, l'étude minutieuse des frais, commissions et fiscalité s'impose, ces éléments pouvant sérieusement amputer la rentabilité finale.
Deuxième étape : s'entourer de professionnels compétents
La consultation d'un intermédiaire financier représente l'étape suivante. Qu'il s'agisse d'un conseiller bancaire, d'un courtier en ligne ou d'un gestionnaire de patrimoine, l'épargnant peut vérifier ses agréments auprès d'AMF Épargne Info Service (01 53 45 62 00).
Lors de l'entretien, le professionnel doit obligatoirement recueillir des informations sur les objectifs d'investissement, la situation personnelle et professionnelle, l'appétence au risque et l'expérience financière du client.
Avant de signer, il convient de consulter la liste noire de l'AMF recensant les offres irrégulières et lire attentivement le DICI.
Troisième étape : assurer un suivi régulier
La vigilance ne s'arrête pas à la souscription. Un contrôle périodique des avoirs et des performances s'avère indispensable.
L'AMF met en garde contre les décisions émotionnelles, particulièrement la tentation de vendre en période de baisse des marchés, au risque de cristalliser ses pertes.
L'épargnant doit également vérifier régulièrement que son placement reste cohérent avec ses objectifs initiaux.