L'ex-prince Andrew sous-louait des cottages dans la résidence où lui ne payait pas de loyer
L'ex-prince Andrew a sous-loué pendant des années des cottages dans la résidence royale où il vivait lui-même sans payer de loyer, selon un rapport publié vendredi, qui relance les appels à la transparence sur les finances de la famille royale britannique.
Le rapport du National Audit Office, le contrôleur des comptes britanniques, premier examen aussi détaillé des modalités d'occupation des résidences de la famille royale, doit servir de base à une future enquête parlementaire sur les propriétés royales, annoncée en décembre dernier.
L'opacité qui entoure l'usage de ces résidences et plus largement les finances royales suscite un débat depuis des années, qui s'est renforcé avec la disgrâce de l'ex-prince Andrew.
Le rapport publié vendredi met notamment au jour des arrangements embarrassants pour Andrew Mountbatten-Windsor, déchu de ses titres en 2025 après de nouvelles révélations sur ses liens avec le criminel sexuel américain Jeffrey Epstein.
Il révèle que le frère du roi a sous-loué trois cottages jusqu'à avril dernier dans la résidence de Royal Lodge située sur le domaine royal de Windsor près de Londres, où il a vécu entre 2003 et cette année. Les revenus ont été "versés à Andrew Mountbatten-Windsor", une pratique autorisée selon le contrat de bail et également utilisée par le prince Edward, frère cadet de Charles III. Mais "nous ne savons pas quel loyer était facturé", précise toutefois le contrôleur des comptes.
Pour occuper le manoir principal de 30 pièces, où il cohabitait avec son ex-épouse Sarah Ferguson, Andrew avait initialement payé une prime d'1 million de livres, et s'était engagé à dépenser 7,5 millions de livres (8,6 millions d'euros) en travaux, en échange d'un bail de 75 ans à un loyer dit symbolique, "mais qui est en réalité de zéro", selon le rapport.
Selon des médias britanniques, les cottages étaient sous-loués à des employés pour un montant couvrant leur maintenance et les coûts d'occupation.
"Choquant"
L'ancienne présidente de la commission parlementaire aux comptes publics, Margaret Hodge a jugé "choquantes" les révélations du rapport sur l'ex-prince Andrew et s'est surtout dite "très inquiète" que le NAO n'ait pu obtenir le montant des loyers touchés par le frère du roi.
Elle a aussi souligné que le rapport reste partiel sur l'ensemble des propriétés sous la responsabilité du Crown Estate, l'entreprise gérant le vaste patrimoine foncier et immobilier de la couronne et qui fonctionne indépendamment du gouvernement et de la famille royale.
Le député libéral-démocrate Norman Baker, dont le parti réclame depuis longtemps davantage de transparence sur les finances royales, a lui dénoncé une pratique "outrageante", qui dénote d'"un mépris absolu pour le contribuable".
Le rapport révèle également que les filles d'Andrew, Beatrice et Eugenie, qui ne sont pas des membres actives de la famille royale, vivent depuis des années dans des palais à Londres. Leurs loyers sont payés personnellement par le roi, qui a poursuivi un arrangement mis en place par la défunte reine Elizabeth II.
De son côté, l'héritier du roi, le prince William, paie plus de 300.000 livres (346.600 euros) de loyer annuel pour occuper la résidence de Forest Lodge à Windsor, où il a emménagé l'an dernier avec sa famille.
Le rapport est "conforme à l'engagement de la Maison royale en matière de transparence", a réagi le palais de Buckingham, disant espérer qu'il "corrige, clarifie et contextualise un certain nombre de points au sujet des propriétés royales".
Le rapport, qui entache encore un peu plus l'image de l'ex-prince en disgrâce, est publié le jour où une photo d'Andrew diffusée par le tabloïd Daily Mail le montre à l'intérieur d'une voiture arborant un énorme bleu sur le visage.
Andrew, qui a dû quitter Royal Lodge et vit depuis peu sur le domaine privé du roi à Sandringham, dans l'est de l'Angleterre, est sous le coup d'une enquête de police pour "manquement dans l'exercice d'une fonction publique". Il est soupçonné d'avoir transmis des documents économiques confidentiels à Jeffrey Epstein lorsqu'il était émissaire du Royaume-Uni au Commerce entre 2001 et 2011.
Il a été brièvement arrêté en février et la police a perquisitionné Royal Lodge, mais cette enquête pourrait prendre "plus d'un an" en raison de sa "complexité", a prévenu jeudi le directeur du bureau du procureur pour l'Angleterre et le Pays de Galles, Stephen Parkinson. La police a aussi indiqué le mois dernier examiner une accusation d'agression sexuelle contre lui.
■
Copyright © 2026 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.
Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.
- 0 vote
- 0 vote
- 0 vote
- 0 vote
- 0 vote