A gauche la bataille s'accélère, Glucksmann et Mélenchon lorgnent les écologistes
La bataille à gauche s'accélère : désormais candidat à la primaire sociale-démocrate, Raphaël Glucksmann a enregistré lundi le ralliement de l'écologiste Yannick Jadot, des Verts également courtisés par Jean-Luc Mélenchon, fort d'un sondage le donnant en position de se qualifier pour le second tour.
La journée de dimanche a symboliquement mis en scène le duel attendu entre les deux hommes : Jean-Luc Mélenchon jugeant "la victoire possible" en clôturant le matin la démonstration de force de l'université d'été de LFI, Raphaël Glucksmann candidat le soir au JT de TF1 pour "relever la France".
Avant d'en arriver là, le fondateur de Place publique devra cependant passer par la case primaire organisée par son mouvement et le Parti socialiste.
Les deux partis doivent valider mardi les modalités de cette petite primaire, réservée aux seuls adhérents de ce pôle social-démocrate (moyennant une contribution de 15 euros pour ceux qui veulent le rejoindre). Le scrutin se tiendra le week-end du 10 octobre pour le premier tour, et une semaine plus tard pour un second.
Plusieurs socialistes, s'ils remplissent les conditions de parrainage requises, sont déjà sur les rangs : le député Philippe Brun, l'ancienne candidate à la présidentielle Ségolène Royal et le député Jérôme Guedj.
Les débats ne seront pas sans épines pour Raphaël Glucksmann : "Ce vote des militants à respecter doit précéder le titre d'auto-désignation de candidat à la présidentielle", a averti sur X Ségolène Royal.
Mais le principal adversaire du compagnon de Léa Salamé, qui a officialisé lundi sa mise en retrait du 20H00 de France 2, devrait être Olivier Faure, qui n'a pas encore fait acte de candidature, mais entend défendre sa ligne d'union de la gauche à l'occasion de l'université d'été du parti en fin de semaine à Blois.
Le Premier secrétaire du PS a été un peu pris de vitesse par l'eurodéputé qui a enregistré lundi le soutien de l'ancien candidat écologiste à la présidentielle Yannick Jadot avec qui il effectuera mardi son premier déplacement de campagne à La Rochelle sur les thèmes de l'éolien et de la biodiversité.
M. Jadot a justifié son choix par le fait que "l'écologie politique n'est pas en capacité de rassembler et de jouer la gagne".
Les Ecologistes affaiblis et divisés
De fait, les Ecologistes sont tiraillés sur leur stratégie : une candidature autonome de Marine Tondelier, qui ne décolle pas dans les sondages, un soutien à un candidat social-démocrate ou un ralliement à Jean-Luc Mélenchon.
Les partisans de cette dernière option donnent de plus en plus de la voix, à l'instar de la députée Sandrine Rousseau qui a indiqué lundi militer pour un vote interne qui "aboutisse à une alliance et à des discussions avec la France insoumise".
Les écologistes n'ont pu qu'apprécier le discours dimanche de Jean-Luc Mélenchon, quasi-exclusivement consacré à l'environnement et qui a proposé une "conscription écologique" pour développer une "culture écologique pratique" dans la jeunesse.
Contrairement à Raphaël Glucksmann, qui l'a pris pour cible dimanche soir en appelant "à ne pas avoir peur de Jean-Luc Mélenchon", l'Insoumis s'est payé le luxe de ne pas critiquer ses concurrents à gauche, fort de sondages le plaçant en position dominante dans son camp.
Selon une enquête Harris interactive-Toluna publiée lundi, sur cinq configurations de 1er tour envisagées, M. Mélenchon se hisserait au second tour face à Marine Le Pen (RN) dans trois cas de figure et ferait jeu égal à 17% avec Edouard Philippe (Horizons) dans un autre.
Mais il resterait très largement battu (68-32%) par Marine Le Pen au second tour.
Les autres candidats de gauche ne décollent pas : Fabien Roussel, qui devrait être investi par le PCF début septembre, plafonne à 3%, Marine Tondelier (Ecologistes) à 4%, Raphaël Glucksmann à 10-11% et François Hollande (PS), qui ne participera pas à la primaire mais se tient en réserve, à 8%.
La plupart de ces candidats (Gabriel Attal, Raphaël Glucksmann, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Édouard Philippe, Bruno Retailleau et Marine Tondelier) auront une première occasion de débattre de leurs projets économiques à la rentrée du Medef jeudi au stade Roland-Garros.
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