Au Mondial de l'auto, Bardella roule sur les polémiques
Même sur le siège passager de la campagne de Marine Le Pen, Jordan Bardella continue de tracer sa route : au Mondial de l'Auto pour son premier déplacement au contact du public depuis la divulgation d'écrits antisémites dont il nie être l'auteur, le président du RN a multiplié les selfies et superbement ignoré les remarques sur l'affaire qui le vise.
Rien de tel qu'un circuit balisé pour se remettre en piste. Comme tous les responsables politiques qui l'ont précédé cette semaine porte de Versailles, Jordan Bardella s'est installé au volant des derniers modèles électriques des constructeurs français.
Celui qu'elle a désigné pour Matignon en cas de victoire s'est donc chargé dès son arrivée de "réaffirmer cette demande" au nom du "pouvoir d'achat des automobilistes" traités comme "des vaches à lait".
Le chef des Patriotes au Parlement européen a également plaidé "contre l'interdiction de vendre des véhicules thermiques neufs à l'horizon 2035". Avant donc d'aller faire de belles images avec la nouvelle 2CV de Citroën, la Peugeot E-T16 ou la Twingo E-Tech de Renault.
"Personne ne vous croit"
La visite aurait pu prendre un tournant périlleux dès le départ, lorsqu'un visiteur a hué et lancé un sonore "antisémite!" au passage de Jordan Bardella - interpellation vite éteinte par les nombreux agents de sécurité qui encadraient ce déplacement.
L'incident s'est reproduit à deux ou trois reprises durant les deux heures de déambulation, ponctuées comme d'habitude de dizaines de selfies avec des sympathisants ou de simples curieux. Un bain de foule revigorant après trois semaines loin du terrain, seulement ponctuées d'un déplacement en Espagne, un entretien télévisé et une conférence de presse avec Marine Le Pen.
Cet accueil plutôt bienveillant avait de quoi conforter le parti d'extrême droite et son dirigeant dans leur stratégie du déni et du dédain. D'autant plus que la patronne en personne a affirmé la veille que son dauphin était "innocent de la diffamation commise contre lui" (et pour laquelle il a déposé plainte), s'avançant un cran plus loin que la "confiance à 1.000%" qu'elle lui avait déjà jurée.
Fort de cette marque supplémentaire de soutien, l'intéressé a donc sereinement botté en touche face à la presse qui l'a assailli de questions sur le sujet qui fâche : "Vous me faites rire, vous êtes tellement prévisibles", "vous aimeriez que ce soit vrai", "vous vivez vraiment dans une dimension parallèle"...
A Mediapart, qui n'a cessé de le relancer sur ses dénégations et les questions qu'elles soulèvent, il a asséné : "Comme personne ne vous croit, vous êtes obligés de faire du gros rouge qui tâche".
Lui-même n'a pourtant pas lésiné sur les formules provocatrices, par exemple pour qualifier la mobilisation sociale de samedi de "journée pour la France du chaos rassemblée derrière Jean-Luc Mélenchon".
Ou encore pour réclamer la démission du président du Conseil constitutionnel Richard Ferrand, qui a selon lui "piétiné l'Etat de droit". Jordan Bardella, lui, a choisi d'appuyer sur l'embrayage.
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