Au Porge, Marine Le Pen en campagne auprès des sinistrés
Le défilé des candidats à la présidentielle se poursuit au Porge, commune ravagée par le mégafeu de Gironde, où Marine Le Pen est venue jeudi pour évoquer les "défaillances" et entendre les "urgences" d'une population lasse d'être au centre de l'attention médiatique.
"On est là pour porter des revendications, comme députée et plus tard, si les Français le souhaitent, apporter des réponses structurelles", a déclaré Marine Le Pen à des responsables locaux, après avoir échangé avec une poignée d'habitants.
Avant la candidate RN, trois autres prétendants à l'Elysée, David Lisnard (LR), Olivier Faure (PS) et François Ruffin (Debout!) étaient déjà venus dans ce bourg de 3.500 habitants, qui a perdu plus de 180 habitations - sur un total de 250 - détruites par l'incendie qui a parcouru 42.000 hectares, du jamais vu depuis 1949 en France.
Le président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale Eric Coquerel (LFI) s'y rend également vendredi dans le cadre d'une mission parlementaire sur le coût des incendies.
Côté gouvernement, seul le Premier ministre Sébastien Lecornu est venu sur place mi-août, mais sans programmer de rencontre avec la population, dont une partie était venue le huer devant la mairie.
"Du buzz"
Fin août, la préfète de région Sophie Brocas, seule représentante de l'État à s'y être confrontée, avait également subi les foudres d'une population "en colère", exigeant des "réponses" sur les "erreurs" commises dans la lutte contre l'incendie lors d'une réunion publique.
Au Porge, les habitants croisés avant l'arrivée de la candidate, lassés du défilé politique, lèvent les yeux au ciel et soufflent. Un ras-le-bol aussi lié à la pression médiatique qui a fini par accabler la plupart d'entre eux, désormais réticents à s'exprimer.
Dans cette commune où le RN est arrivé en tête des derniers scrutins nationaux, Marine Le Pen a d'abord "parlé de ce qui n'a pas fonctionné, voire dysfonctionné" avec des sinistrés réunis chez une habitante à la maison intacte en bord de route, mentionnant des "défaillances" dans les opérations de secours.
Les échanges ne se sont pas arrêtés lorsque des cris "Pas de RN au Porge" se sont fait entendre depuis la rue. Béatrice, habitante de la commune, a dénoncé "une mascarade" du RN "venu faire du buzz pour les présidentielles, alors qu'ils ont voté contre les moyens supplémentaires pour les pompiers".
Un sylviculteur a également interrogé Mme Le Pen sur l'opposition du RN, en novembre 2025, à deux propositions de financement des services d'incendie et de secours. Marine Le Pen a affirmé n'avoir "en réalité pas voté contre". "Ils voulaient créer un impôt supplémentaire", alors que "nous, ce qu'on souhaitait, c'est procéder à une nouvelle répartition, au bénéfice du SDIS, des moyens qui étaient accordés".
Le maire "s'est mal comporté"
Comme les autres candidats avant elle, elle n'a pas été reçue à la mairie du Porge, et estime que le maire Martial Zaninetti (sans étiquette) s'est "très mal comporté". "C'est un choix politique, il en assume la responsabilité, ma place est ici", a-t-elle ajouté.
Marine Le Pen "est tout à fait légitime, elle est la candidate favorite à l'élection présidentielle", a estimé Alexis, 30 ans, venu de Mérignac, en périphérie de Bordeaux.
La candidate d'extrême droite s'est rendue dans la mairie voisine du Temple pour échanger plus d'une heure avec des élus, sylviculteurs, agriculteurs et acteurs économiques, afin de se "faire une opinion sur les priorités et les urgences".
Elle avait à ses côtés Edwige Diaz, candidate aux élections sénatoriales, qui entend décrocher le 27 septembre un fauteuil inédit pour son parti en Gironde, département où le RN a remporté deux communes lors des élections municipales.
Elle a répété craindre que "les assurances se retirent de la course à l'avenir, avec des maisons impossibles à assurer", mais a voulu faire taire l'"angoisse" d'un "non-vote du budget", censé intégrer les exonérations et aides promises par l'État pour les sinistrés girondins.
"Même imparfait, il faut qu'il y ait un budget", a-t-elle balayé.
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