Avant son jugement, Marine Le Pen n'a "pas peur" et exclut une campagne sous bracelet

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Marine Le Pen, présidente du groupe parlementaire du Rassemblement national (RN), sur le plateau de la chaîne LCI pour l'émission politique
Marine Le Pen, présidente du groupe parlementaire du Rassemblement national (RN), sur le plateau de la chaîne LCI pour l'émission politique "Le Grand Entretien", le 1er juillet 2026 à Boulogne-Billancourt, dans les Hauts-de-Seine ( Julie SEBADELHA / AFP )

A six jours de son jugement en appel, qui déterminera si elle peut se présenter à la présidentielle, Marine Le Pen a affirmé mercredi qu'elle n'a "pas peur" de la décision de la cour d'appel. Mais, même éligible à la date de l'élection, elle n'estime "pas possible" de faire campagne avec un bracelet électronique.

Le couperet judiciaire va bientôt tomber. Mais "quoi qu'il arrive je ne serai pas morte, quoi qu'il arrive je continuerai à mener le combat pour mes idées", a affirmé la patronne du Rassemblement national sur LCI.

En jeu, une quatrième candidature à l'Elysée. L'oeuvre d'une vie: "un devoir supérieur à l'égard de mon pays", dont le fait d'être privée serait "incontestablement une souffrance".

Condamnée en première instance à cinq ans d'inéligibilité avec exécution immédiate, pour détournement de fonds dans l'affaire des assistants parlementaires européens du Front national (ancien nom du RN), Marine Le Pen encourt la même sanction en appel.

Si cette peine est confirmée le 7 juillet, il lui sera impossible de retenter sa chance. Auquel cas son dauphin Jordan Bardella, président du RN, portera les couleurs du parti à cette élection.

Pour espérer pouvoir participer à la compétition, il faudrait que la sentence soit réduite à deux ans ou moins d'inéligibilité. Mais la "candidate naturelle" de l'extrême droite française encourt également quatre ans de prison, dont un ferme sous bracelet électronique.

Une contrainte dissuasive à ses yeux: "S'il s'agit de m'autoriser à être candidate, mais de m'empêcher en réalité de mener une campagne tout à fait librement, vous entendez bien que ça ne sera pas possible".

Car du haut de sa triple expérience en la matière, elle considère que "quand on est un candidat à la présidentielle, il faut être totalement libre de ses mouvements" et qu'elle ne peut pas "dépendre d'un magistrat pour (l') autoriser à aller faire un meeting à Romorantin ou aller sur un marché à Hénin-Beaumont".

"J'ai la peau dure"

Fixant elle-même les conditions de sa candidature, Marine Le Pen s'en remet à ses juges, et leur renvoie au passage leur lourde responsabilité. "Ca ne dépend plus de moi (...) Je mesure le poids qui doit peser aujourd'hui sur les épaules des magistrats", glisse-t-elle.

Marine Le Pen, présidente du groupe parlementaire du Rassemblement national (RN), sur le plateau de la chaîne LCI pour l'émission politique
Marine Le Pen, présidente du groupe parlementaire du Rassemblement national (RN), sur le plateau de la chaîne LCI pour l'émission politique "Le Grand Entretien", le 1er juillet 2026 à Boulogne-Billancourt, dans les Hauts-de-Seine ( Julie SEBADELHA / AFP )

Tout en affichant la "résilience" de celle qui en a vu d'autres: "J'ai la peau un petit peu dure, donc si quelqu'un cherche à me tuer, il a intérêt à avoir une lame bien aiguisée".

Bravache, elle se dit "calme et sereine" à l'approche du verdict. "Non, je n'ai pas peur", lance-t-elle. "La peur est un sentiment qui ne m'est pas familier. Quand on mène un combat comme je l'ai mené (...) et comme je continuerai quoi qu'il arrive à le mener, la peur n'a pas sa place".

De toute façon Jordan Bardella se tient prêt à prendre la relève, avec "la force et le souffle de sa jeunesse". Mais aussi avec ses propres soupçons d'emploi fictif, et de dépenses irrégulières à Bruxelles, objets cette semaine d'une nouvelle plainte et de perquisitions dans plusieurs pays. De quoi gêner sa possible entrée en campagne.

"Je ne crois plus au hasard" concernant ces procédures judiciaires à moins d'un an de la présidentielle, affirme Marine Le Pen. "Cela arrive toujours au moment où, potentiellement, ça peut avoir une influence néfaste".

Obligée aussi de défendre son remplaçant pour sa relation avec la princesse Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles - "foutez-leur la paix" - Marine Le Pen doit en même temps donner des gages à ceux qui doutent qu'elle lui laisserait le champ libre.

"Jamais de ma vie je ne me vois dans la position d'une tutrice", jure-t-elle pour mieux démentir la formule d'un de ses porte-parole, le député Philippe Ballard, le matin même sur franceinfo.

"Je laisse Jordan absolument, totalement libre", insiste celle qui avait dû composer il y a quinze ans avec son propre père Jean-Marie Le Pen resté "extrêmement présent dans (ses) décisions". Pas question de reproduire l'erreur: "Je ne ferai pas la même chose à Jordan".

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