Éducation: Édouard Geffray veut remettre l'excellence au cœur du collège
"Créer une émulation" et "valoriser différentes formes d'excellence": avec la création d'un concours général dédié, le ministre de l'Éducation Édouard Geffray affiche jeudi sa volonté de rehausser le niveau et les ambitions au collège.
"Il faut donner un horizon aux élèves les plus à l'aise et qui ont envie d'être nourris. Dans cet esprit, nous allons créer un concours général des collèges en 2027", a annoncé le ministre dans un entretien accordé aux journaux du Groupe Ebra.
Inspiré du prestigieux concours général des lycées, qui distingue chaque année depuis 1744 les meilleurs élèves dans une quarantaine de disciplines, cette compétition a pour objectif de "créer une émulation dans les collèges", assure-t-il.
Chaque établissement sera invité à inscrire jusqu'à 10% de ses élèves, en respectant la parité filles-garçons, dans l'une de ces cinq disciplines: français, mathématiques, histoire-géographie, arts ou numérique-codage afin "de valoriser différentes formes d'excellence", a détaillé le ministre.
"Cette annonce nous interroge; s'il s'agit de faire de ce concours général l'antichambre du concours général des lycées, symbole d'une forme d'élitisme et d'entre soi, notre système éducatif n'a pas besoin de ça !", a réagi auprès de l'AFP Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, majoritaire dans le second degré. "D'un point de vue plus général, il y a des urgences bien identifiées bien loin de ce sujet."
Les inscriptions ouvriront à l'automne pour des épreuves en janvier et février.
Il s'agira "d'épreuves individuelles, en temps limité, sur une date fixée", a développé l'entourage du ministre auprès de l'AFP, tout en précisant que le modèle était "encore en construction".
"La volonté du ministre, c'est de faire progresser le niveau global de tous les élèves au collège en agissant sur toute la chaîne", poursuit cette même source.
Une ambition qui passe aussi bien par ce concours, présenté comme un vecteur "d'excellence" et non "d'élitisme", insiste-t-elle, que par les actions menées en direction des collèges en grande difficultés scolaires.
Moins de réussite au brevet
Avec l'opération Collège en progrès, les quelque 800 établissements où plus de 40% des élèves ont moins de 8 sur 20 en français et en mathématiques au brevet devront bénéficier de moyens et d'un accompagnement particulier à la rentrée de septembre.
"Les travaux ont commencé", a assuré Édouard Geffray lors de cet entretien. Après une phase de diagnostic au premier trimestre, ces établissements travaillent sur les leviers prioritaires pour relever le niveau des élèves les plus fragiles.
Selon le ministre, ces actions doivent permettre de former les enseignants "dans les domaines qu'ils souhaitent ", d'attribuer davantage de fonds sociaux ou encore de renforcer les équipes d'assistants d'éducation.
Parallèlement, Édouard Geffray s'attend cette année à "une chute assez drastique du taux de réussite" au diplôme national du brevet (DNB) en raison des nouvelles modalités.
Pour la session 2026, l'examen passe de 50 à 60% de la note finale et le contrôle continu prend désormais en compte les notes de 3e, et non plus la maîtrise d'un "socle commun" de connaissances et compétences sur l'ensemble du cycle 4 (5e, 4e, 3e).
"On aura peut-être 75% de réussite au brevet avec beaucoup moins de mentions", prévient-il.
Ce durcissement vise, selon lui, à rappeler qu'"un examen, ça se prépare". Il a ainsi demandé aux chefs d'établissement d'instaurer une semaine de révisions obligatoire avant l'épreuve.
L'objectif est également de mieux préparer les élèves à leur entrée au lycée. "On ne peut pas les induire en erreur sur leur niveau (...) Leur dire la vérité va leur permettre de prendre conscience des efforts à fournir en seconde ", souligne-t-il.
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