Liens avec "l'ultragauche", violences, antisémitisme: LFI sous un tir croisé de critiques
La pression s'accentuait dimanche sur La France insoumise, accusée d'avoir nourri la "violence politique" à l'origine de la mort de Quentin à Lyon et ciblée par Emmanuel Macron qui dénonce les "expressions antisémites" d'un parti selon lui "à l'extrême gauche".
La sentence est venue du ministre de la Justice en personne: "C'est manifestement l'ultragauche qui a tué" le jeune Quentin, a déclaré Gérald Darmanin dimanche au Grand Jury RTL-Public Sénat-Le Figaro-M6.
Le garde des Sceaux a dans la foulée pointé "une complaisance de La France insoumise (...) pour la violence politique", et estimé que "des discours politiques, notamment ceux de LFI, mènent malheureusement (...) à une violence extrême, sur les réseaux sociaux et dans le monde physique".
Auparavant, d'autres responsables politiques dont Marine Le Pen, Bruno Retailleau ou Gabriel Attal, avaient fait le lien entre l'extrême gauche et le décès du jeune Quentin.
Agressé jeudi soir à Lyon, cet étudiant de 23 ans était selon le collectif identitaire Némésis chargé d'assurer la sécurité de plusieurs de ses militantes, venues manifester contre une conférence de l'eurodéputée LFI Rima Hassan.
La présence supposée de membres du groupe antifasciste la Jeune Garde - fondé par le député LFI Raphaël Arnault - parmi ses agresseurs a été pointée dans les rangs de l'extrême droite sans que le parquet n'ait établi pour sa part un tel lien à ce stade. La Jeune Garde a fait savoir par son avocat dimanche qu'elle ne "saurait être tenue pour responsable" des évènements de jeudi, "ayant suspendu toutes ses activités".
Un collaborateur de M. Arnault mis en cause nommément a de son côté démenti être "responsable de ce drame", se disant via son avocat à la disposition de la justice.
Mélenchon dénonce les "calomniateurs"
"La France insoumise crée le terreau fertile pour cette ultra-violence", a estimé le secrétaire général des Républicains, Othman Nasrou, sur franceinfo.
"Il n'y a aucune ambiguïté sur leurs liens (...) avec cette mouvance antifa", a insisté l'eurodéputée Marion Maréchal, alliée du RN, lors d'un rassemblement à Paris en hommage à Quentin, dénonçant "la violence impunie de l'extrême gauche".
Faux, s'est insurgé Jean-Luc Mélenchon dans l'après-midi: "Nous n'avons rien à voir avec cette histoire et ceux qui nous accusent sont des calomniateurs", a réagi le tribun insoumis lors d'un meeting à Montpellier.
"Nous exprimons notre sidération, mais aussi notre empathie et notre compassion pour la famille, pour les proches", a-t-il ajouté, soulignant avoir "dit des dizaines de fois que nous étions hostiles et opposés à la violence".
Un message martelé un peu plus tôt par ses lieutenants. "La France insoumise ne porte aucune responsabilité" dans ce drame, a ainsi affirmé M. Bompard sur LCI, certifiant que les membres du service d'ordre présents avec Mme Hassan "n'ont eu aucun contact avec aucun des groupes qui se trouvaient à l'extérieur".
Macron sonne la charge
Sur la défensive, les Insoumis doivent en outre se défendre face aux critiques venues du sommet de l'Etat. Dans un entretien à Radio J diffusé dimanche matin, M. Macron a en effet jugé qu'"il n'y a pas tellement de mystère pour dire qu'ils sont à l'extrême gauche".
Manière d'avaliser le nouveau classement des partis politiques, établi début février par le ministère de l'Intérieur en vue des élections municipales de mars - et que les Insoumis entendent contester devant le Conseil d'Etat.
M. Bompard a répliqué qu'il ne revenait "pas au président de la République de classer ses opposants politiques", et accusé l'exécutif "d'utiliser ces étiquettes comme un moyen de stigmatisation".
Mais le chef de l'Etat a surtout relancé l'accusation récurrente d'antisémitisme contre LFI dans le contexte des vingt ans de l'assassinat d'Ilan Halimi, commémoré vendredi.
Sur ce sujet, les Insoumis "contreviennent à des principes fondamentaux de la République" et il y a "clairement des expressions antisémites qui émergent" dans leurs rangs, a affirmé M. Macron.
Ce à quoi M. Mélenchon a répliqué depuis Montpellier: "Si vous pensez que c'est assez évident qu'on est antisémite, portez plainte contre nous".
"Aucun militant de La France insoumise n'a jamais été condamné pour antisémitisme, aucun d'entre eux n'a jamais eu d'expressions antisémites", a pour sa part souligné M. Bompard.
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