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Bruxelles accuse Meta de laisser les moins de 13 ans accéder à Instagram et Facebook

| AFP | 103 | Aucun vote sur cette news
Bruxelles accuse Meta de laisser les moins de 13 ans accéder à Instagram et Facebook
Bruxelles accuse Meta de laisser les moins de 13 ans accéder à Instagram et Facebook ( Nicolas TUCAT / AFP/Archives )

Bruxelles a accusé mercredi le groupe américain Meta d'avoir enfreint la règlementation européenne, en laissant de nombreux mineurs de moins de 13 ans accéder à ses réseaux sociaux Instagram et Facebook, les exposant ainsi à de multiples risques, ce que le groupe conteste vigoureusement.

Cette accusation figure dans les conclusions préliminaires d'une enquête lancée par la Commission européenne contre Meta il y a deux ans.

"En dépit des propres conditions générales de Meta, qui fixent à 13 ans l'âge minimum pour accéder en toute sécurité à Instagram et Facebook, les mesures mises en place par l'entreprise pour faire respecter ces restrictions ne semblent pas efficaces", estime l'exécutif européen.

Le groupe américain aura la possibilité de se défendre et de proposer des mesures pour remédier aux faits qui lui sont reprochés. Mais si la Commission européenne n'est pas satisfaite, il pourrait se voir infliger une lourde amende, pesant jusqu'à 6% de son chiffre d'affaires annuel mondial.

"Nous sommes très clairs : Instagram et Facebook sont destinés aux personnes âgées de 13 ans et plus, et nous avons mis en place des mesures pour détecter et supprimer les comptes des personnes mineures", a réagi un porte-parole de Meta, sollicité par l'AFP.

"Nous continuons d'investir dans les technologies permettant d'identifier et de supprimer les comptes des utilisateurs mineurs et nous communiquerons davantage d'informations la semaine prochaine concernant les mesures supplémentaires qui seront bientôt déployées", a-t-il ajouté.

10% à 12% des enfants

Pour la Commission européenne, le manque d'efficacité des restrictions commence par la création de compte, pour laquelle les deux plateformes se contentent de demander leur âge aux utilisateurs, "sans qu'aucun contrôle efficace ne soit mis en place pour vérifier l'exactitude de la date de naissance auto-déclarée".

La Commission évoque
La Commission évoque "un large corpus de preuves provenant de toute l'Union européenne indiquant qu'environ 10 à 12 % des enfants de moins de 13 ans accèdent à Instagram et/ou Facebook" ( Kirill KUDRYAVTSEV / AFP/Archives )

Bruxelles reproche aussi à Meta d'avoir mis en place un système "inefficace" pour signaler les utilisateurs trop jeunes, non suivi d'effet, ces derniers pouvant continuer à utiliser Facebook ou Instagram "sans aucun type de contrôle".

Meta échouerait ainsi à remplir ses obligations d'évaluation et d'atténuation des risques pour les mineurs imposées par le règlement européen sur les services numériques, le DSA.

La Commission évoque ainsi "un large corpus de preuves provenant de toute l'Union européenne indiquant qu'environ 10 à 12 % des enfants de moins de 13 ans accèdent à Instagram et/ou Facebook".

Ce faisant, souligne Bruxelles, "Meta semble semble avoir ignoré des preuves scientifiques largement accessibles qui indiquent que les plus jeunes sont plus vulnérables aux dommages potentiels causés par des services tels que Facebook et Instagram".

Cela inclut l'exposition à des contenus inappropriés ou dangereux.

Multiples procédures

"Nos conclusions préliminaires montrent qu'Instagram et Facebook font très peu pour empêcher les enfants en dessous de cet âge" d'y accéder, a souligné dans un communiqué Henna Virkkunen, vice-présidente de la Commission chargée du Numérique ( Nicolas TUCAT / AFP )

Alors que Meta dit lui même que ses services sont réservés aux plus de 13 ans, "nos conclusions préliminaires montrent qu'Instagram et Facebook font très peu pour empêcher les enfants en dessous de cet âge" d'y accéder, a souligné Henna Virkkunen, vice-présidente de la Commission chargée du Numérique.

"Le DSA impose aux plateformes de faire respecter leurs propres règles : les conditions générales ne doivent pas se réduire à de simples déclarations écrites, mais constituer la base d'actions concrètes visant à protéger les utilisateurs, y compris les enfants", a-t-elle rappelé.

Cette accusation ciblant Meta s'inscrit dans une plus large offensive de l'UE pour renforcer la protection des enfants et adolescents en ligne, via de multiples procédures.

La Commission a déjà accusé plusieurs sites pornographiques de manquer à leurs obligations en laissant les mineurs accéder à leurs contenus, et a lancé il y a un mois une enquête visant Snapchat, le réseau social préféré des ados, lui reprochant également de ne pas vérifier l'âge de ses utilisateurs.

Elle a également exigé que TikTok modifie son interface jugée "addictive", pouvant nuire au bien-être des utilisateurs, notamment les mineurs.

Et Bruxelles a présenté ce mois-ci sa propre application de vérification d'âge, qui sera à la disposition des pays comme la France qui veulent interdire les réseaux sociaux en dessous d'un certain âge.

Mercredi, Henna Virkkunen a appelé lors d'une conférence de presse à Strasbourg tous les Etats membres à adopter cette solution européenne de vérification d'âge d'ici la fin de l'année, pour qu'elle puisse servir à l'ensemble des citoyens de l'UE.

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