Flèche Wallonne: Seixas toujours plus fort
A seulement 19 ans, le prodige français Paul Seixas continue à battre des records de précocité, remportant mercredi la Flèche Wallonne dès sa première participation après avoir écrasé la concurrence dans le Mur de Huy.
Même Tadej Pogacar, double vainqueur de la classique ardennaise, n'avait pas réussi à dompter d'entrée le terrible Mur, une rampe de 1,3 km à 9,6% de moyenne, prenant une anonyme 53e place à sa première tentative en 2019.
Seixas, lui, a frappé fort d'entrée en s'imposant dans un style justement "pogacaresque", tout seul et quasiment bouche fermée, malgré la brutalité de l'effort qui a laissé transis de douleur la plupart de ses concurrents, à l'image de Benoît Cosnefroy, 4e, qui a mis de longues minutes à se relever.
"Ce mur est tellement horrible, on sait qu'on va terminer complètement exténué", a rapporté Cosnefroy, impressionné, comme tout le monde, par la supériorité de Seixas qui, après une accélération à environ 300 mètres de la ligne, s'est imposé facilement devant le Suisse Mauro Schmid et le Britannique Ben Tullet.
"Paul a couru en patron et il a montré qu'il est le plus fort. Je pensais que ce n'était pas un effort qu'il appréciait vraiment. Mais en réalité c'est comme Tadej (Pogacar): quand t'es fort physiquement, tu arrives à briller sur tous les terrains."
A 19 ans et 201 jours, Seixas est ainsi devenu le plus jeune vainqueur de la Flèche depuis sa création en 1936, battant le record qui appartenait depuis la première édition à Philémon De Meersman, âgé alors de 21 ans et 150 jours.
"Honnêtement, ça ne m'intéresse pas. Je ne dis pas ça de manière péjorative. C'est juste que je me concentre sur ce que j'ai à faire. Je suis le leader de l'équipe. Peu importe mon âge, si j'arrive sur une course, c'est pour essayer de la gagner", a réagi le coureur de l'équipe Decathlon CMA CGM, aussi déterminé et sûr de sa force qu'il est doué.
Rendez-vous avec Pogacar à Liège
Huitième Français à s'imposer sur la Flèche, le premier depuis Julian Alaphilippe en 2021, le jeune homme était surtout content d'avoir excellé sur un type d'effort "différent" de ce qu'il a "l'habitude de faire", même si sa victoire ne venait au final que "confirmer" ce qu'il pensait.
Dans le chaos au pied du Mur de Huy, il a également eu le mérite de s'adapter au déraillement du plan imaginé par son équipe qui prévoyait un lancement progressif par Léo Bisiaux, Jordan Labrosse et enfin Paul Lapeira.
"Malheureusement ils ont été pris dans la boule. Et du coup, je me suis un peu débrouillé seul. Au final, je l'ai fait au feeling", a-t-il raconté, absolument pas freiné par son coude droit en sang, une ancienne plaie qui s'est rouverte lorsque ça frottait fort dans le peloton.
Avec cette septième victoire depuis février, le Lyonnais, considéré comme le plus grand talent français depuis des décennies, continue sur la lancée d'un début de saison sensationnel.
Mercredi, les grands fauves du cyclisme mondial n'étaient certes pas présents à commencer par Tadej Pogacar.
Mais la manière dont Seixas a écrabouillé la concurrence a marqué les esprits avant son prochain grand rendez-vous dimanche lors de Liège-Bastogne-Liège où il retrouvera Pogacar ainsi que le Belge Remco Evenepoel pour match au sommet terriblement excitant.
"Liège sera une course totalement différente avec d'autres très forts adversaires qui n'étaient pas ici, a-t-il dit. J'ai vraiment l'impression de pouvoir me frotter à ces gars-là. C'est bien d'avoir gagné aujourd'hui. Mais il faut passer à autre chose maintenant."
"Qu'il profite. Ça passe vite. L'insouciance de la jeunesse, c'est vraiment quelque chose qu'il faut garder le plus longtemps. Qu'il fasse le Tour (de France) s'il a envie et qu'il profite", lui a conseillé Pauline Ferrand-Prévot, septième de la course femmes remportée par la Néerlandaise Demi Vollering.
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