Incendies aux Etats-Unis: un suspect arrêté, les pompiers luttent pied à pied
Les pompiers luttent encore pour contenir les flammes qui ravagent le nord-ouest des Etats-Unis mardi, où un homme a été arrêté, soupçonné d'être à l'origine du principal incendie qui a forcé l'évacuation de plusieurs dizaines de milliers de personnes.
Attisé par la sécheresse et des températures caniculaires, le feu sévit depuis ce week-end dans l'Etat de Washington.
Aucun mort n'est à déplorer pour l'instant mais les flammes ont rasé des quartiers entiers de la ville de Spokane et forcé plus de 65.000 personnes à évacuer.
Un homme de 37 ans a été arrêté et placé en détention provisoire, soupçonné d'être à l'origine de l'incendie d'Old Trails, le plus important des trois sinistres en cours, a indiqué lundi le chef de la police du comté de Spokane, John Nowels.
Interpellé une première fois samedi puis relâché, il a été réarrêté après que les enquêteurs ont fait le lien avec le sinistre. Un témoin avait auparavant affirmé l'avoir vu agenouillé dans l'herbe sur le lieu de départ du feu.
"Il avait sur lui des allumettes étanches et un briquet en butane lorsqu'il a été interpellé", a déclaré John Nowels, chef de la police du comté de Spokane, lors d'une conférence de presse.
Le pyromane présumé, Aaron Farinacci, a déjà été condamné pour homicide involontaire dans l'Arizona, a-t-il précisé.
Selon un bilan provisoire établi par les autorités après des survols aériens de la région, les incendies, propagés par des vents violents, ont détruit entre 700 et 1.100 bâtiments à Spokane, et parcouru 4.160 hectares.
"Zone de guerre"-
Les quartiers touchés ressemblent à "une zone de guerre" et la situation "est encore très dangereuse", a averti lundi le major général Gent Welsh, de la Garde nationale de l'Etat de Washington.
Aucun des trois incendies qui menacent Spokane, ville de 230.000 habitants située à quatre heures de route de Seattle, n'est pour l'instant contenu.
Les pompiers espéraient lundi que la baisse momentanée des températures et des vents leur permettrait de progresser. Mais le mercure doit à nouveau grimper d'ici la fin de semaine.
La maire de Spokane, Lisa Brown, a appelé les habitants qui souhaiteraient rentrer chez eux à la "patience".
"Cela pourrait prendre des semaines, selon l'emplacement de votre maison et de votre propriété", a-t-elle insisté.
Par ailleurs, le Washington State Department of Natural Resources a demandé aux gens d'arrêter de faire voler leurs drones dans les zones de feux, au risque d'entrer en collision avec les engins des pompiers: "Vos photos ne valent pas la maison de quelqu'un", a martelé l'agence sur X.
Les autorités tentent d'entrer en contact avec 14 personnes qu'elles n'ont pas encore réussi à joindre par téléphone, a expliqué le shérif Nowels. Elles ne sont pas considérées comme disparues à ce stade.
- "Saison des feux exceptionnelle"
Comme le reste de l'Ouest américain, l'Etat de Washington est aux premières loges du changement climatique.
Ce désastre intervient après "l'un des hivers les plus chauds enregistrés dans l'Est de l'Etat", a souligné Daniel Swain, spécialiste des événements extrêmes à l'université UCLA.
La catastrophe correspond à "un schéma récurrent que nous observons encore, encore et encore", a observé le climatologue, en comparant la situation de Spokane aux incendies actuels en France et en Espagne, ou à ceux de Los Angeles l'an dernier et Hawaï en 2023.
L'Etat de Washington subit actuellement 16 grands incendies qui ont ravagé plus de 106.000 hectares, a rappelé lundi David Upthegrove, directeur du Département des ressources naturelles de l'Etat.
L'Oregon voisin subit actuellement plus d'une trentaine d'incendies majeurs, qui ont ravagé plus de 405.000 hectares en deux semaines et provoqué l'évacuation de milliers d'habitants de zones rurales.
Le gouverneur de l'Etat de Washington, Bob Ferguson, a déclaré l'état d'urgence et réclamé des aides d'urgence au gouvernement fédéral pour faciliter les secours, l'enlèvement des débris, l'hébergement des personnes évacuées et les soins.
Depuis qu'il est revenu au pouvoir, Donald Trump a plusieurs fois menacé de couper ou de limiter ces aides aux Etats démocrates qui n'appliquent pas ses politiques, notamment en matière d'immigration.
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