L'armée israélienne déclare Gaza-ville "zone de combat dangereuse"

L'armée israélienne a déclaré vendredi "zone de combat dangereuse" la ville de Gaza, en préparation d'une offensive d'envergure voulue par le gouvernement de Benjamin Netanyahu dans le but affiché de vaincre le Hamas et de ramener tous les otages.
Les forces israéliennes ont poursuivi leurs bombardements à travers la bande de Gaza assiégée et dévastée par près de 23 mois de guerre, faisant 55 morts selon la Défense civile locale.
Les forces israéliennes "continuent de frapper le Hamas (et intensifient) les frappes dans la région de Gaza-ville. Nous allons redoubler d'efforts dans les semaines à venir", a déclaré le chef d’état-major, le lieutenant général Eyal Zamir.
A Gaza-ville déclarée désormais "zone de combat dangereuse", l'armée a indiqué que la "pause tactique locale" annoncée fin juillet pour permettre le passage d'aide humanitaire ne s'y appliquait plus.

Des milliers d'habitants ont déjà fui la ville, située dans le nord du territoire où la guerre a été déclenchée par une attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas en Israël le 7 octobre 2023.
Des camions et des voitures surchargés de matelas, de chaises et d’effets personnels ont quitté Gaza-ville.
"C'est la cinquième fois que je suis déplacé depuis le début de cette guerre sans fin et aujourd'hui une fois encore, je dois abandonner ce qui reste de ma maison et de mes souvenirs", a déclaré à l'AFP Abdel Karim Al-Damagh, un habitant de la ville.
Ces trois dernières semaines, Israël a intensifié ses bombardements aériens sur Gaza et multiplié les opérations en périphérie de cette ville, la plus grande du territoire frappé par la famine selon l'ONU.

"Entre 02h30 et 03H00 du matin, il y a eu soudain des bombardements. Tous ceux qui ont été tués étaient des personnes déplacées, de jeunes enfants et des femmes", a affirmé Saqer Irhim, un autre habitant.
"Risques pour les otages"

"Près d'un million de personnes vivant dans le gouvernorat de Gaza, n'ont pratiquement nulle part où aller, ni même les moyens de se déplacer", a déclaré Philippe Lazzarini, chef de l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa). "Si l'opération militaire se déroule au milieu de la population (...) ce sera un désastre total".
Malgré des pressions croissantes, tant à l'international qu'en Israël, pour mettre fin à la guerre, le gouvernement de Benjamin Netanyahu a affirmé vouloir poursuivre l'offensive dans la bande de Gaza pour en finir avec le Hamas et ramener tous les otages enlevés durant l'attaque du 7-Octobre.

"Nous prendrons soin des prisonniers (otages, NDLR) du mieux que nous pourrons, et ils seront avec nos combattants dans les zones de combats, soumis aux mêmes risques et aux mêmes conditions de subsistance", a averti un communiqué attribué à Abou Obeida, le porte-parole de la branche armée du Hamas.
Il faisait allusion à l'offensive annoncée sur la ville de Gaza, considérée par l'armée comme le dernier grand bastion du Hamas dans le territoire palestinien.
Vendredi, l'armée, qui contrôle environ 75% du territoire palestinien, a indiqué avoir ramené les restes d'Ilan Weiss -un Israélien de 55 ans tué durant l'attque du 7-Octobre et dont le corps avait été emmené à Gaza ce jour-là- et les restes d'un autre otage dont l'identité doit encore confirmée par des tests.
- "Discrimination" -

Compte tenu des restrictions imposées aux médias à Gaza et des difficultés d'accès sur le terrain, l'AFP n'est pas en mesure de vérifier de manière indépendante les bilans et les affirmations des différentes parties.
Après avoir accusé Israël de perpétrer un génocide à Gaza, la Turquie a annoncé avoir fermé ses ports et son espace aérien aux navires et aux avions militaires et officiels israéliens.
Avant la Turquie, la Grande-Bretagne a affirmé qu'"aucune délégation gouvernementale israélienne ne sera invitée à participer au DSEI UK 2025", un salon d'armement prévu début septembre, en critiquant la poursuite de l'offensive israéliennne à Gaza. Israël a dénoncé "un acte délibéré de discrimination".
Le Hamas, qui a pris le pouvoir à Gaza en 2007 et est considéré comme une organisation terroriste par Israël, les Etats-Unis et l'Union européenne, a appelé le monde à "intensifier les mesures punitives" contre Israël.

L'attaque du 7-Octobre a entraîné la mort de 1.219 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP reposant sur des données officielles. Sur les 251 personnes enlevées ce jour-là, 47 restent désormais retenues à Gaza dont une vingtaine présumés vivants.
L'offensive de représailles israélienne a fait au moins 63.025 morts à Gaza, en majorité des civils, selon les chiffres du ministère de la Santé du Hamas, jugés fiables par l'ONU.
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