L'incendie des Pyrénées-Orientales n'a pas progressé depuis lundi soir, 12.000 évacués
L'incendie dans les Pyrénées-Orientales, qui a déjà parcouru 4.900 hectares non loin de Perpignan mais n'a pas progressé pendant la nuit grâce notamment à des contrefeux allumés par les pompiers, a provoqué l'évacuation de 12.000 personnes au total, a indiqué mardi matin le préfet du département.
Les quelque 800 pompiers mobilisés, pour la plupart, depuis le départ de feu samedi soir à Trévillach, ont mis en place une stratégie de "feux tactiques", a expliqué Pierre Regnault de la Mothe, préfet des Pyrénées-Orientales, "c'est-à-dire d'allumer des contre-feux pour circonscrire, limiter et empêcher la propagation de l'incendie".
Cette manoeuvre a été efficace sur le flanc est de l'incendie, s'est félicité le préfet, mais les pompiers n'ont pas pu la mettre en oeuvre à la tête du feu qui menace le massif des Aspres à cause de conditions météo trop défavorables: des températures toujours fortes, un taux d'humidité très faible et une direction du vent changeante.
De nouveaux moyens aériens doivent être déployés mardi, dont deux avions nationaux et six européens envoyés en renfort, "ce qui correspond, à l'équivalent en projection d'eau de quatre Canadair", a détaillé sur place lundi soir le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez.
"Verrou"
"La priorité reste de maintenir le verrou des Aspres pour empêcher le feu d'y entrer, de s'y développer, et nous travaillerons, les sapeurs-pompiers travailleront aujourd'hui d'arrache-pied pour continuer cette lutte avec des conditions météo qui restent compliquées", a souligné tôt mardi M. Regnault de la Mothe lors d'un point presse à Perpignan.
L'incendie a fait 11 blessés légers, dont sept pompiers, a indiqué lundi soir Laurent Nunez.
Il a aussi endommagé de nombreux bâtiments, dont une vingtaine de maisons dans le village de Rodès, selon son maire Marc Bianchini, joint lundi par téléphone. "A certains endroits, on dirait qu'on a reçu une bombe atomique, c'est catastrophique", a-t-il confié.
Les flammes, parties du village de Trévillach, se sont rapidement propagées samedi et dimanche mais le feu n'a progressé lundi que d'environ 300 hectares.
Les habitants d'une vingtaine de communes du massif des Aspres et d'Ille-sur-Têt ont dû évacuer leur logement dimanche soir et le préfet leur a demandé mardi matin d'être "encore un peu patients".
"Temps long"
"J'ai une pensée pour toutes ces personnes qui doivent probablement trouver le temps long, ont sûrement envie de reprendre une vie normale, mais il faut qu'elles soient encore un peu patientes", a-t-il plaidé.
Le niveau de risque d'incendie reste élevé dans les Pyrénées-Orientales en raison des températures caniculaires mais aussi d'un phénomène de brise sèche, et le sera jusqu'à la fin de semaine, a prévenu Charlotte Couture, responsable assistance feux à la direction régionale du Sud-Ouest de Météo-France, interrogée par l'AFP.
Dans ce département, "il y a plus d'un mois qu'il n'a pas plu du tout et plus de deux mois qu'il n'a pas plu de façon significative", a-t-elle insisté.
Avec ses 40 kilomètres de lisière, l'incendie a provoqué un épisode de pollution aux particules fines, a indiqué l'organisme de surveillance de la qualité de l'air Atmo Occitanie, qui recommande aux populations vulnérables ou sensibles d'éviter ou de réduire leurs activités physiques intenses.
Les Pyrénées-Orientales continuent d'observer une vigilance orange canicule avec des températures qui ont atteint par endroits jusqu'à 40°C, après un premier épisode caniculaire historique fin juin.
Un autre incendie dans les Pyrénées-Orientales avait entraîné jeudi l'évacuation de 3.000 personnes à Canet-en-Roussillon et Sainte-Marie-la-Mer.
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