Réunis au Monténégro, les Européens au chevet de l'élargissement aux Balkans occidentaux

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Le président du Monténégro, Jakov Milatović, lors d'une conférence de presse avec le président français Emmanuel Macron au Palais Bleu, la résidence présidentielle à Cetinje, le 4 juin 2026
Le président du Monténégro, Jakov Milatović, lors d'une conférence de presse avec le président français Emmanuel Macron au Palais Bleu, la résidence présidentielle à Cetinje, le 4 juin 2026 ( Ludovic MARIN / AFP )

Les dirigeants européens sont réunis vendredi au Monténégro pour un sommet UE-Balkans occidentaux centré sur l'élargissement et les perspectives européennes des six pays candidats, avec au coeur des discussion l'idée d'un "processus d’intégration graduelle renforcé".

"Nous devons rendre le processus d'élargissement plus rapide et plus crédible", a lancé la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen à son arrivée au sommet organisé à Tivat, une petite station balnéaire surtout connue pour son port et ses superyachts.

Les dirigeants européens, parmi lesquels le président français Emmanuel Macron et le chancelier allemand Friedrich Merz, ont été accueillis en fin de matinée par le président monténégrin Jakov Milatovic, qui a qualifié ce sommet d'"événement international le plus important de l'histoire contemporaine du Monténégro".

La réunion, dont le thème est "une prospérité et une stabilité partagées entre l'UE et les Balkans occidentaux" est l"'occasion pour l'UE de réaffirmer son attachement total et sans équivoque à la perspective d'adhésion des Balkans occidentaux", a expliqué le Conseil européen cette semaine.

Intégration graduelle

Après des décennies d'hésitations sur l'intégration à l'UE des Balkans occidentaux, l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022 a ravivé l'intérêt de Bruxelles pour l'élargissement à cette région géographiquement au cœur de l'Europe et stratégique au plan géopolitique pour contrer les influences de la Russie et de la Chine, deux acteurs économiques très importants dans cette zone.

Mais face à des pays pour certains candidats depuis plus de 15 ans et à un enlisement du processus d'adhésion, réaffirmer l'engagement ne suffit pas toujours et la France et l'Allemagne ont ainsi profité de l'occasion pour appuyer l'idée d'une "intégration graduelle".

"Nous avons proposé avec l'Allemagne un processus d'intégration graduelle renforcée", a déclaré Emmanuel Macron vendredi matin, "c'est-à-dire, quand un pays a avancé et a réussi à intégrer l'acquis communautaire dans un sujet, qu'il puisse commencer à intégrer les formats de l'Union européenne sur ce sujet".

Par exemple, il pourrait être possible pour un pays aligné à 100% sur la politique étrangère de l'UE d'assister à certains conseils européens.

"Le fait que nous n'ayons plus accueilli de nouveaux membres depuis 13 ans montre que les manquements se situent aussi du côté de l'Union européenne et c'est ce que nous voulons surmonter aujourd'hui", a relevé M. Merz.

L'idée d'une intégration "à moitié" est de plus en plus discutée - le président serbe Aleksandar Vucic et le Premier ministre albanais Edi Rama ont récemment plaidé dans une tribune commune pour une intégration plus rapide en échange d'une absence de droit de veto pour les nouveaux arrivants.

L'élargissement "est très important d'un point de vue géopolitique, parce que, dans cette région aussi, se joue l'indépendance de l'Europe sur le plan énergétique, sur le plan de la sécurité, sur le plan des routes migratoires", a jugé M. Macron.

"L'élargissement signifie plus de sécurité, plus de prospérité et une place plus importante pour l'Europe dans le monde. Il y a un élan. Nous devons transformer cet élan, cet élan maintenant en mouvement et ce mouvement en adhésion", a martelé MMe von der Leyen, alors que la confiance des populations des Balkans dans le processus est de plus en plus friable.

La Serbie, qui entretient des liens étroits avec Moscou, figure ainsi parmi les nations les plus eurosceptiques de la région et le soutien de la population à l'adhésion n'y atteint pas les 50%.

"28 en 28"

"L'intégration graduelle est l’un des domaines dans lesquels nous pourrions vraiment aller plus loin", a estimé vendredi dans un entretien la commissaire européenne à l'élargissement, Marta Kos, tout en insistant sur le fait que les pays membres sont attachés aux principes fondamentaux que sont "l'Etat de droit, la lutte contre la corruption, les droits de l'homme et le pluralisme des médias".

Le président du Monténégro, Jakov Milatović, accueille son homologue français, Emmanuel Macron, à son arrivée à l'aéroport de Podgorica pour sa première visite officielle au Monténégro, avant un sommet UE–Balkans occidentaux, le 4 juin 2026
Le président du Monténégro, Jakov Milatović, accueille son homologue français, Emmanuel Macron, à son arrivée à l'aéroport de Podgorica pour sa première visite officielle au Monténégro, avant un sommet UE–Balkans occidentaux, le 4 juin 2026 ( Ludovic MARIN / AFP )

Si Bruxelles a souvent dit vouloir intégrer tout le monde en même temps, le Monténégro et l'Albanie s'imposent de plus en plus comme les favoris pour rejoindre le bloc, devant certains de leurs voisins comme la Serbie et la Bosnie, à la traîne sur les réformes requises.

Les progrès du Monténégro en matière de réformes ont amené Marta Kos à évoquer la possibilité de conclure les négociations techniques d'ici à la fin de l'année, ce qui ouvrirait la voie à une adhésion d'ici à fin 2028, 20 ans après le dépôt de sa candidature.

De quoi enthousiasmer le gouvernement de ce pays de 625.000 habitants qui a créé le site en ligne "28 by 28" ("28 en 28", une allusion aux 27 membres actuels de l'UE, ndlr).

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