Un gratte-ciel d'Aramco endommagé dans la capitale saoudienne, selon des témoins
Des témoins ont rapporté dimanche qu'une tour d'Aramco avait été endommagée dans le quartier d'affaires de Riyad, les autorités saoudiennes affirmant qu'un bâtiment du géant pétrolier avait fait l'objet d'une "tentative d'attaque".
L'Arabie saoudite, et sa capitale, sont régulièrement visées depuis octobre par des tirs des combattants houthis pro-iraniens qui se battent contre le gouvernement yéménite, soutenu par la coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite.
Mais prendre pour cible le quartier d'affaires de la capitale de la riche monarchie pétrolière pourrait entraîner une escalade dans le conflit avec ces alliés de l'Iran, qui ont accusé cette semaine les forces saoudiennes de deux attaques meurtrières visant des civils au Yémen.
Dimanche matin, après que de puissantes explosions ont retenti à Riyad, un témoin a indiqué à l'AFP que "la tour Aramco à KAFD a été prise pour cible", faisant référence au "Quartier financier roi Abdallah".
Un autre a indiqué avoir vu un projectile frapper le bâtiment, sans toutefois pouvoir déterminer s'il s’agissait d'un missile ou d'un drone.
Plusieurs étages du bâtiment semblent avoir été endommagés, a indiqué un témoin, faisant état de vitres brisées et de dégâts visibles sur une partie de la façade.
"Un bâtiment administratif appartenant à Aramco à Riyad a fait l'objet d'une tentative d'attaque aujourd'hui", a indiqué ensuite sur X le ministère de l'Énergie.
"Ni blessés ni morts"
"L'incident a entraîné la chute de débris qui ont causé des dégâts mineurs au bâtiment, sans faire de blessés ni de morts", est-il ajouté.
L'AFP n'a pas pu confirmer l'étendue des dégâts dans l'immédiat.
Le ministère de l'Intérieur a rappelé plusieurs fois aux habitants qu'il leur était interdit de filmer et de publier des images de drones, de missiles ou des impacts de tirs.
La coalition avait annoncé plus tôt l'interception de deux missiles balistiques tirés selon elle par les Houthis visant la capitale Riyad.
Ceux-ci n'ont pas réagi dans l'immédiat à ces allégations.
Les installations du géant pétrolier saoudien ont été régulièrement prises pour cible depuis la reprise des hostilités avec les Houthis en juillet.
Le 14 octobre, les autorités saoudiennes avaient fait état d'une frappe contre un bâtiment d'Aramco à Dhahran (est), où est situé le siège de la compagnie.
À Riyad, le KAFD est l'un des symboles les plus visibles des réformes économiques et sociales initiées par le prince héritier Mohammed ben Salmane, avec ses imposants gratte-ciel, ses commerces de luxe et ses espaces verts.
Civils tués au Yémen
Il accueille certaines des plus grandes entreprises du royaume ainsi que de grandes multinationales, comme Goldman Sachs.
Le siège du Fonds public d’investissement (PIF), le puissant fonds souverain du royaume, ainsi que celui de la Bourse saoudienne, se trouvent également au cœur du quartier.
Selon l'analyste Andreas Krieg, du King's College de Londres, les Houthis, avec cette frappe, "prennent en otage la transformation économique de l'Arabie saoudite dans une guerre qui semble de plus en plus impossible à gagner" pour elle.
Cela démontre en outre les difficultés pour Riyad de "rétablir sa capacité de dissuasion par la seule puissance aérienne".
Les tirs interviennent quelques heures après que le ministère saoudien de l’Éducation a annoncé la reprise des cours en présentiel à Riyad, après plusieurs semaines d'enseignement à distance à la suite d’une précédente vague de frappes.
Ils surviennent aussi alors que les combats semblent s'intensifier ces derniers jours sur le sol yéménite, où le conflit a repris en juillet après quatre ans d'accalmie, ouvrant un nouveau front dans la guerre au Moyen-Orient.
Le ministère de la Santé des Houthis a fait état samedi de 33 morts dont huit femmes et 13 enfants dans un bombardement de l'aviation de la coalition contre un village à l'est de la capitale Sanaa, aux mains des combattants pro-iraniens.
La veille, au moins 30 personnes avaient péri dans un bombardement sur un marché du gouvernorat de Taëz (ouest). Les forces gouvernementales yéménites et les Houthis s'étaient mutuellement rejeté la responsabilité de l'attaque.
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