Defined outcome : l'autre innovation ETF qui gagne du terrain en Europe
(Zonebourse.com) - En marge des ETF actifs désormais bien implantés, cette autre catégorie dite à rendement défini rapproche le monde des ETF de celui des produits structurés.
C'est une annonce qui est passée presque inaperçue. Pourtant, elle est une preuve supplémentaire de l'effervescence qui entoure aujourd'hui le marché des ETF. Selon une information du site ETF Stream, relayée en France par L'Agefi, Goldman Sachs a fait enregistrer fin août auprès du régulateur irlandais quatre nouveaux ETF.
Le point important concerne surtout la nature de ces ETF, puisqu'il s'agit d'ETF defined outcome, que l'on pourrait qualifier en français d'ETF à rendement défini ou à revenu défini. Après avoir racheté au printemps Innovator Capital Management pour 2 milliards de dollars (un spécialiste de ce segment déjà bien implanté outre-Atlantique), Goldman Sachs s'apprête donc à étendre son offre à l'Europe dans ce domaine.
Qu'est-ce qu'un ETF defined outcome ?
Ces produits définissent à l'avance un niveau de rendement et de protection sur une période donnée grâce à l'utilisation d'options. Ils constituent ainsi une sorte de mélange entre ETF et produits structurés.
Il existe deux grandes sous-catégories. La première est constituée des ETF managed floor. Par rapport au niveau initial de l'indice de référence, la société fixe un niveau plancher au-dessus duquel elle va chercher à se maintenir via un ajustement dynamique de sa couverture. Si l'indice progresse, les investisseurs participent à la hausse. S'il baisse légèrement (en restant au-dessus du plancher), les investisseurs subissent une légère perte. Enfin, en cas de forte baisse de l'indice, l'objectif est de maintenir l'ETF le plus près possible du plancher.
Les buffers fonctionnent différemment puisqu'ils ne se définissent pas par rapport à un plancher théorique mais par rapport à un niveau d'absorption des pertes éventuelles. Avec un buffer de 15%, l'investisseur ne subit par exemple aucune perte tant que la baisse de l'indice ne dépasse pas 15%. Et si la baisse atteint par exemple 25%, la perte de l'investisseur est limitée à 10%. En contrepartie, la société de gestion impose un plafonnement en cas de hausse (un cap), ce qui signifie que le gain de l'investisseur ne peut dépasser ce plafond même si l'indice va au-delà.
Une offre qui émerge peu à peu en Europe
Sur le Vieux Continent, l'offre a véritablement commencé à décoller en 2025. Plusieurs produits ont été lancés depuis l'an passé, notamment par iShares, JPMorgan AM, First Trust ou encore BNP Paribas AM. L'offensive plus récente de Goldman Sachs constitue donc un exemple supplémentaire de l'intérêt porté à ce segment par les sociétés de gestion.
Certes, les volumes demeurent encore anecdotiques à l'échelle du marché global des ETF. En février dernier, Eurex estimait les encours européens de la catégorie des ETF buffer à 5 milliards de dollars. Mais " la demande est clairement présente ", soulignait aussi la place de marché en rappelant que les encours américains étaient passés de zéro à près de 100 milliards de dollars en trois ans à peine.
Un atout pour la clientèle patrimoniale
Plus spécifiques, les ETF defined outcome n'égaleront peut-être pas le succès époustouflant des ETF dits actifs. Néanmoins, ils pourraient bien constituer une piste de développement prometteuse en Europe pour les sociétés de gestion.
Rappelons en effet qu'en simplifiant la mise en place de protections au sein des portefeuilles (en comparaison d'une utilisation directe d'options), ils s'adressent à une clientèle patrimoniale et sont très faciles à intégrer dans une allocation proposée par un conseiller financier.
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source : AOF
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