Bourses européennes : la microéconomie rassure, la géopolitique inquiète
(Zonebourse.com) - Hormis Londres (-0,14%), les Bourses européennes évoluent dans le vert à mi-séance, restant attentives à l'évolution de la situation géopolitique au Moyen-Orient, tout en digérant les dernières publications de ventes des entreprises. Le CAC 40 se dirige vers une troisième séance d'affilée de hausse, gagnant 0,09% à 7 943,16 points. L'Euro stoxx 50 avance de 0,56%. Francfort et Amsterdam s'adjugent respectivement 0,91% et 0,51%.
L'aggravation des tensions au Moyen-Orient
Certaines bonnes publications des ventes trimestrielles soutiennent le moral des investisseurs européens. Toutefois, les tensions persistantes et l'impasse diplomatique au Moyen-Orient incitent à la prudence.
Dans la région, les affrontements s'intensifient avec les multiples attaques des Houthis du Yemen, alliés de Téhéran, contre l'Arabie saoudite, soutenue par Washington.
Face à cette détérioration, le Conseil de sécurité de l'ONU a condamné l'intensification des attaques des rebelles Houthis contre Ryad dont des frappes irresponsables contre l'aéroport international de Ryad, et a réaffirmé le "droit inhérent" des autorités saoudiennes à se défendre.
Les tensions dans la région perturbent les rendez-vous diplomatiques. Le sommet prévu le 24 octobre dans la capitale saoudienne entre l'Union européenne et les pays du Golfe a été reporté, à la suite de ces affrontements incessants entre l'Arabie saoudite et les houthis, ont annoncé le regroupement politico-économique de 27 États membres.
Du coté iranien, le président Massoud Pezeshkian accuse les Etats-Unis de nourrir la colère populaire et de chercher à encourager des manifestations avec leur blocus naval. Depuis le début de la guerre déclenchée le 28 février par des frappes israélo-américaines, l'Iran verrouille le détroit d'Ormuz. Les Etats-Unis ont réagi à ce blocage en imposant en avril un blocus des ports iraniens.
La crise pourrait d'ailleurs franchir une nouvelle étape. Selon la chaîne d'information CNN, citant des responsables proches du dossier, Washington serait prêt à lancer une nouvelle offensive : "L'armée américaine envisage de recourir à la bombe conventionnelle la plus puissante dont disposent les Etats-Unis si Donald Trump ordonne de relancer les frappes sur l'Iran. Un tel scénario, en vue de bombarder les infrastructures énergétiques et les sites nucléaires iraniens, constituerait une escalade notable."
Dans ce contexte d'escalade des tensions au Moyen-Orient, les répercussions économiques globales s'annoncent lourdes et durables. Le Fonds monétaire international (FMI) estime que les économies du Moyen-Orient rebondiront mais pas à moyen terme, prévient l'un de ses responsables. L'institution anticipe pour cette année une contraction généralisée des économies du Golfe. Même l'arrêt des hostilités n'entraînerait pas de retour rapide à la situation d'avant-guerre, estime t-elle.
Ce conflit continue de perturber les exportations d'hydrocarbures. Dans ce climat géopolitique très délétère, les prix du pétrole reculent après 12h. Le baril de Brent perd 0,27% à 105,63 dollars. Le WTI américain recule de 0,60% à 97,38 USD.
Schneider Electric recule, Brunello Cucinelli et Nordex grimpent
Si la géopolitique continue d'orienter la tendance globale des marchés, les investisseurs restent à l'affût des dernières informations concernant les sociétés cotées. Ils digèrent notamment la publication des revenus trimestriels des grandes entreprises.
A la Bourse de Paris, Schneider Electric (-0,83%) affiche l'un des plus forts replis du CAC 40, en dépit d'excellentes nouvelles sur ses prévisions annuelles. Le spécialiste mondial en gestion de l'énergie et en automatisation a relevé ses perspectives pour l'ensemble de l'exercice 2026, après avoir fait état d'une hausse de 17 % de son chiffre d'affaires au 3e trimestre, portée par la demande croissante des centres de données. Il a relevé sa fourchette cible de croissance organique du chiffre d'affaires pour 2026, à 12 % à 14 %, contre 10 % à 13 % précédemment. Cette croissance devrait entraîner une progression organique de 18 % à 21 % du résultat d'exploitation ajusté (EBITA), surpassant la prévision initiale de 14 à 19 %.
En revanche, Eutelsat ( 13,7%) prolonge sa flambée et figure en tête du SBF 120 au lendemain d'un bond de 23%. L'action de l'opérateur français de satellite grimpe après des informations faisant état d'une interruption du service Starlink pour l'armée ukrainienne. Kiev a depuis confirmé le rétablissement du service, mais le marché continue de valoriser la constellation OneWeb comme alternative européenne à SpaceX.
De son côté, ADP gagne 1,02% malgré l'abaissement de ses perspectives de trafic pour 2026 dans les aéroports parisiens. L'exploitant des plates-formes aéroportuaires vise désormais un léger recul par rapport à 2025, contre une croissance d'environ 0,5% anticipée précédemment. Cette révision conduit également le groupe à prévoir un Ebitda courant dans le bas de sa fourchette de 2,30 à 2,35 milliards d'euros pour l'exercice 2026.
Ailleurs en Europe, à la Bourse de Milan, Brunello Cucinelli ( 6%) occupe la première place du FTSE MIB ce vendredi. Les investisseurs saluent le relèvement des prévisions sur l'exercice 2026 du géant du luxe italien, à la suite de la publication hier de solides résultats sur les neuf premiers mois de l'année. Le groupe table désormais sur une croissance des ventes de 12% à taux de change constants (avec un effet de change négatif d'environ 2,5 points de pourcentage) contre une fourchette annoncée en juillet entre 10 et 11% et une estimation initiale de 10% en début d'année.
A la Bourse de Francfort, Nordex ( 12,8%) s'envole après un 3e trimestre bien meilleur que prévu et un relèvement de ses objectifs. Le constructeur allemand d'éoliennes vise désormais une marge d'EBITDA de 11,5 à 12,5%, contre 8 à 11% précédemment, grâce à l'amélioration des marges de services et à la solidité des activités de projets. Son EBITDA trimestriel double presque, à environ 278 millions d'euros, dépassant même les prévisions les plus optimistes, selon Jefferies.
Zone euro : l'inflation confirmée à 3,8% en septembre
Côté statistiques, le taux d'inflation annuel de la zone euro s'est établi à 3,8% en septembre 2026, contre 3,2% en août, selon Eurostat, qui confirme ainsi son estimation rapide dévoilée il y a deux semaines. Pour l'ensemble de l'UE, le taux d'inflation annuel est également passé de 3,2% à 3,8% d'un mois sur l'autre.
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source : AOF
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