Hier à Wall Street : retournement de tendance après la clôture
(Zonebourse.com) - Alors que le conflit moyen-oriental et les tensions sur les cours du pétrole restaient au centre des préoccupations, Wall Street a clôturé la séance de mardi dans le rouge, avec des replis de 0,37% sur le S&P 500 (à 6 556 points), de 0,18% sur le Dow Jones (à 46 124 points) et de 0,77% sur le Nasdaq 100 (à 24 002 points). Néanmoins, des nouvelles encourageantes sur le front géopolitique, laissant espérer une issue à la crise, ont ensuite permis un retournement de tendance après la clôture.
Changement d'ambiance sur les "futures" US vers 21h45 (45 minutes après la clôture) : les indices US effacent leurs pertes (modestes) affichées à 21h (-0,75% au pire pour le Nasdaq), alors que la Maison Blanche a diffusé un message qui fait état d'une proposition de processus de paix à l'Iran, incluant une cessation des hostilités et l'entame de négociations pour parvenir à une stabilisation des relations entre pays de la région, sous l'égide de pays neutres comme l'Egypte, Oman, le Pakistan...
Des négociations étaient en cours, et non rompues par l'Iran, le 28 février, quand l'exécutif iranien avait été décimé par une frappe ciblée sur Téhéran : le marché achète avec prudence la nouvelle (par rapport à l'euphorie de la veille), mais le pétrole cède -3% (le WTI retombe sous 98 USD, le "Brent" juste sous la barre des 100 USD). La réaction des marchés obligataires est encore plus timorée : c'est à peine si le "10 ans" marque le coup avec 4,41% avant le communiqué, puis 4,37% une demi-heure plus tard ; le "2 ans" efface -3 points de base, de 3,93% vers 3,90% (contre 3,83% lundi soir).
Le message de la Maison Blanche est tout de même bienvenu, alors que les propos de Donald Trump (interview à Miami lundi vers 16h) ont suscité beaucoup de scepticisme, notamment avec la révélation de "trades" très juteux initiés 14 minutes avant le message de Trump sur son réseau Truth Social : nombre de détracteurs ont dénoncé des propos sans substance et une "manoeuvre boursière" au profit de quelques initiés, destinée à retarder une correction de Wall Street en faisant retomber le pétrole sous les 110 dollars. Par ailleurs, un rejet de la "proposition de paix" pourrait constituer un prétexte pour amplifier les hostilités en accusant l'Iran de préférer continuer la guerre.
Le contexte géopolitique s'est en effet nettement dégradé ce mardi, avec des bombardements israéliens massifs sur Téhéran, des installations nucléaires dans les environs d'Ispahan, des installations pétrolières à Koramshar et des frappes réciproques sur Tel Aviv et la région de Dimona.
Dans une déclaration aux médias israéliens ce mardi, Benjamin Netanyahu a douché tout espoir de paix rapide suscité par Trump la veille, en expliquant que c'est Israël qui décidera quand la paix doit revenir... et ce ne sera pas avant que Tsahal "ait atteint tous ses objectifs" avec l'Iran.
Par ailleurs, des rumeurs - reprises par plusieurs organes de presse US et du Moyen-Orient - font état du déploiement de 3 000 soldats US dans la région, et l'hypothèse d'une opération terrestre sur le sol iranien prend de la consistance... sans compter l'officialisation de la présence de 50 000 soldats américains déployés dans la région du Golfe (de quoi envisager une opération de grande envergure, comme la capture de l'ile de Kharg ou la sécurisation de la rive nord du détroit d'Ormuz).
Mais il y a encore plus inquiétant : selon un article du New York Times, l'Arabie Saoudite réfléchirait à se joindre à la coalition américano-israélienne, ce qui semble difficilement concevable... mais qu'est-ce qui s'avère "impossible" dans le contexte actuel ? Dans le même temps, plusieurs pays d'Asie commencent à faire état de pénuries de carburant (Bangladesh, Philippines, Corée du Sud), et plusieurs Etats africains craignent de manquer de kérosène pour poursuivre les liaisons aériennes (notamment des avions cargo).
Les données "macro" sont plus que jamais reléguées au second plan, mais il faut quand même s'intéresser aux chiffres du jour : le PMI manufacturier préliminaire calculé par S&P Global pour le mois de mars est ressorti à 52,4 points, après 51,6 points en février, là où les analystes tablaient sur un léger repli à 51,5 points. A 52,4 points, il est au plus haut depuis deux mois. En revanche, l'indice PMI des services s'est dégradé, alors qu'une amélioration était espérée : il recule à 51,1 points, contre 52 attendus et 51,7 précédemment. Enfin, l'indice composite, qui fait la synthèse entre les deux premiers, fléchit de -0,5 à 51,4 points, contre 51,9 points un mois plus tôt, et retombe ainsi sur des plus bas de 11 mois.
Pour Chris Williamson, chief business economist chez S&P Global : "les données préliminaires de l'enquête PMI pour le mois de mars signalent une combinaison préoccupante de ralentissement de la croissance et de hausse de l'inflation, à la suite du déclenchement de la guerre au Moyen-Orient. Les entreprises font état d'un recul de la demande lié à l'incertitude accrue et à l'impact du conflit sur le coût de la vie. Les difficultés dans les secteurs du voyage, du transport et du tourisme sont aggravées par la nervosité des marchés financiers et des contraintes d'accessibilité, notamment en raison des inquiétudes liées à la hausse des taux d'intérêt, à l'envolée des prix de l'énergie et aux retards dans les chaînes d'approvisionnement".
En ce qui concerne les variations les plus significatives à Wall Street - qui deviennent anecdotiques avec les derniers développements du jour - notons le bon comportement des semi-conducteurs avec Texas Inst. à 3,2%, Applied Materials à 3,4%, KLA à 3,6%, Seagate à 5,2%, Hewlett Packard à 7,8%. Fort repli de Zscaler (-8,2%), Atlassian (-8,4%) et Axon (-9%)... puis Estée Lauder avec près de -10% (projet de rachat du n°1 espagnol des cosmétiques Pug Brands ( 13% à Madrid).
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source : AOF
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