La Cour suprême invalide les droits de douane : Wall Street se drape de vert
(Zonebourse.com) - Coup de tonnerre sur la planète finance ! Attendue depuis des semaines, la décision de la Cour suprême des Etats-Unis invalide les droits de douane que Donald Trump avait imposé de manière spectaculaire au reste du monde il y a plus d'un an.
Dans un document de 170 pages, la haute juridiction estime que le président américain ne peut pas imposer de droits de douane sur le fondement de la loi sur les pouvoirs économiques d'urgence internationale.
Le président de la Cour, John Roberts, rappelle ainsi "que les Pères fondateurs ont confié au Congrès seul [...] l'accès aux poches du peuple".
Pour rappel, en début d'année, Donald Trump avait indiqué le pays serait "fichu" si la Cour suprême déclarait illégale une partie des droits de douane. La question du remboursement se pose désormais, à moins que le Républicain et ses équipes ne trouvent une parade.
Cette décision fait plonger le dollar de 0,3% face à la monnaie unique à 0,85 EUR. Par ailleurs, le rendement du T-Bonds à 10 ans s'apprécie de 2 pts, à 4,10%.
Les indices US font preuve de nervosité et sont en petite hausse avec 0,2% pour le S&P 500 et le Dow Jones, tandis que le Nasdaq Composite d'adjuge 0,4%.
Des statistiques décevantes
Cette décision de la Cour suprême intervient alors que les intervenants digèrent depuis plusieurs heures une série de statistiques mitigées sur l'économie américaine.
En début d'après-midi à Paris, le Département du Commerce a annoncé une hausse du PIB de 1,4% au 4e trimestre, bien loin des 3% attendus par le marché et des 4,4% enregistrés au 3e trimestre.
"La fermeture temporaire des agences fédérales ("shutdown") a réduit le taux de croissance d'environ un point de pourcentage", expliquait Commerzbank, qui s'attend cependant à ce que cet effet s'inverse au 1er trimestre 2026.
"Alors que l'essor de conditions de financement favorables et celui de l'intelligence artificielle devraient se poursuivre, nous anticipons toujours une forte croissance de l'économie américaine cette année", poursuit la banque allemande.
Par ailleurs, l'indice des prix à la consommation des ménages (très suivi par la Fed dans la cadre de sa politique monétaire) a augmenté de 0,4% en décembre, là où les analystes tablaient sur une progression de 0,3%, et après 0,2% en novembre.
De son côté, la croissance du secteur privé américain a ralenti en février pour revenir à son plus bas niveau en dix mois du fait d'un affaiblissement de la demande, de la persistance des prix élevés et d'une météo défavorable, selon les résultats de l'enquête PMI réalisée par S&P Global auprès des directeurs d'achats aux Etats-Unis.
Enfin, la confiance des consommateurs américains est restée quasiment stable en février, à en croire l'indice de confiance de l'Université du Michigan ("UMich"), qui ressort à 56,6, à comparer à 56,4 en janvier.
À titre de comparaison, les économistes attendaient une révision en baisse pour février, vers 56,5 pour ceux de Jefferies, par rapport à une estimation flash parue à 57,3 il y a deux semaines.
L'opinion des analystes sur la conjoncture
Un peu plus tôt dans la journée, Goldman Sachs avait indiqué anticiper une croissance mondiale robuste en 2026, à 2,9%, supérieure au consensus, portée par l'atténuation de l'impact des droits de douane américains et la progression des revenus réels.
L'inflation sous-jacente mondiale ralentirait à 2,2% fin 2026, avec la dissipation des effets tarifaires et le reflux des pressions salariales et immobilières.
Chez DZ Bank, les analystes sont plus interrogatifs quant à la macro-économie. "La concurrence féroce du commerce international pèse sur l'industrie américaine depuis des décennies et les droits de douane imposés par Trump ont même nui au secteur manufacturier dans un premier temps", indiquaient ils avant l'annonce de la Cour suprême.
"Si l'industrie envoie des signaux moins pessimistes, les prestataires de services et l'arriéré des réformes politiques continuent de peser sur les perspectives", ajoute-t-il, craignant toutefois que la prochaine vague d'incertitudes liée à la politique commerciale puisse à nouveau freiner la reprise.
Mark Dowding, chez RBC BlueBay Fixed Income abonde : il ne serait pas surprenant d'observer un mouvement d'aversion au risque plus prononcé au cours des prochaines semaines, avant que les actions ne parviennent à établir une base plus solide à partir de laquelle reconstruire une dynamique haussière".
Des tensions exacerbées avec l'Iran
Les marchés doivent aussi composer avec le regain de tensions entre Washington et Téhéran, alors que l'armée états-unienne se positionne bruyamment autour de son adversaire afin de faire monter la pression sur les épaules des mollahs. Donald Trump a indiqué aujourd'hui qu'il envisageait la possibilité de frappes limitées "faute d'accord" avec les Etats-Unis.
Cette tension dans le détroit d'Ormuz a fait nettement grimper les cours de l'or noir ces derniers jours avec un WTI qui atteint les 66 USD, un niveau inexploré depuis 6 mois.
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source : AOF
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