Pétrole : scénario noir en mer Rouge
(Zonebourse.com) - Les signaux en provenance de mer Rouge sont contradictoires : le transport maritime opère un retour progressif dans la zone, avec des transits en hausse de 3,2% sur la semaine et des tarifs de fret Asie-Europe du Nord et Asie-Méditerranée en baisse de respectivement 3% et 12%. Les compagnies comme Maersk, CMA CGM et Cosco Shipping semblent ainsi parier sur une stabilisation du risque, rapporte AlphaValue, même si la situation sécuritaire reste très incertaine. Pour le pétrole, en revanche, le scénario s'avère plus compliqué.
La prise de contrôle par les Houthis des villes portuaires yéménites de Mokha et Dhubab ainsi que de l'île de Perim, au coeur du détroit de Bab el-Mandeb, menace une route devenue d'autant plus stratégique que le trafic dans le détroit d'Ormuz reste largement perturbé depuis le début de la guerre en Iran.
Le principal point de tension concerne désormais Yanbu et l'oléoduc Est-Ouest saoudien, qui transportait environ 4 millions de barils par jour avant son arrêt. Les installations de pompage ayant été endommagées, AlphaValue estime qu'un redémarrage complet pourrait prendre plus d'un mois. Les stocks disponibles à Yanbu n'offriraient par ailleurs que 5 à 7 jours de marge. Pour Frédéric Lorec, spécialiste des hydrocarbures chez AlphaValue, "il ne s'agit donc plus seulement d'un problème de transport maritime" : la crise se transforme progressivement en contraction de l'offre physique.
L'Arabie saoudite a d'ailleurs informé certains clients européens de l'annulation de cargaisons prévues fin septembre. Par ailleurs, s'appuyant sur des informations en provenance de Libye, Deutsche Bank fait état de la suspension de la production sur trois gisements pétroliers.
Ces éléments ont renforcé les inquiétudes quant à une perturbation plus large de l'approvisionnement, d'autant qu'aucun signe de réouverture prochaine du détroit d'Ormuz ne se profilait.
Selon AlphaValue, au moins quatre affrètements entre Sidi Kerir (port égyptien en Méditerranée) et Gdansk (Pologne) n'ont pas abouti, représentant selon Lorec environ 2,5 à 3 millions de barils. Par extrapolation, l'analyste estime que l'impact pourrait déjà atteindre environ 250 000 barils par jour à l'échelle européenne.
AlphaValue estime enfin que les tensions sur le brut, et surtout sur les produits raffinés, devraient maintenir les marges de raffinage à des niveaux exceptionnellement élevés. Le prochain point de bascule serait une extension des annulations de cargaisons saoudiennes de l'Europe vers l'Asie.
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source : AOF
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