Taux : le T-Bond à 4,93%, le Bund à 3,500%, un climat de crise s'installe
(Zonebourse.com) - L'annonce d'une hausse de 25Pts par la BCE aurait pu déboucher sur un scénario de "fait accompli", mais il n'en est rien : les marchés semblent déjà s'interroger à voix haute "à quand la prochaine" ? Les taux sont ils hors de contrôle ?
L'annonce d'une hausse de 25Pts par la BCE aurait pu déboucher sur un scénario de "fait accompli", mais il n'en est rien : les marchés semblent déjà s'interroger à voix haute "à quand la prochaine" ?
Les taux sont ils hors de contrôle ?
La question se pose avec un "10 ans" US ( 9Pts à 4,932%) qui efface la résistance des 4,800% de début janvier 2025, affiche 55Pts depuis le 26 juin et 100Pts depuis le 22 janvier, puis le Bund qui bondit de 7Pts à 3,504%, soit 65Pts depuis le 26 juin.
Nos OAT flirtent avec les 4,44%, soit 9,5Pts et 90Pts exactement depuis le plancher du 29 mai dernier (le "spread" OAT/Bund vient ainsi de passer de 64 à près de 94Pts de base en 3 mois et demi.
Notons que les Bonos espagnols flambent également de 9Pts à 3,985% et les BTP italiens explosent de 10Pts à 4,396% : si cela ne valide pas un signal d'alerte général, cela y ressemble.
La BCE a beau prédire une inflation à 3,00% d'ici fin 2026, il n'y a plus grand monde pour accorder du crédit à ce pronostic, alors que la flambée des coûts énergétiques se diffuse par capillarité au secteur des "services" : le baril de Brent vient de passer la barre des 106 USD, le baril de WTI bondit de 3,5% à 100,4 USD, la flambée des prix du pétrole atteint 25% en 15 séances (84,6 USD pour le Brent à l'ouverture le 26 août).
Alors que les destructions de navires commerciaux iraniens (cargos, tankers) sur ordre de la Maison Blanche se multiplient, l'Iran frappe les bases US en Jordanie et son allié Houthi s'en prend aux installations pétrolières saoudiennes en Mer Rouge... ce qui entraine une riposte vigoureuse de Ryad, mais cela pourrait déboucher sur la fermeture du détroit de Bab El Mandeb.
Donald Trump a prédit que la guerre avec l'Iran "s'arrêterait immédiatement après les élections" de mi-mandat de début novembre aux Etats-Unis. "Les Iraniens ne peuvent pas tenir plus longtemps.
Ils essaient désespérément de peser sur l'élection", a confié le président américain dans le cadre d'un échange avec la presse sur le tarmac de la base aérienne d'Andrews, près de Washington.
En coulisse, il se murmure que l'entourage de Trump ne croit pas à un arrêt imminent des hostilités et envisage que la guerre larvée avec l'Iran se poursuive jusqu'à la fin de son mandat en janvier 2029.
Ce jeudi, les investisseurs digèrent plusieurs chiffres économiques majeurs aux Etats-Unis. le plus attendu était l'indice des prix à la production et il ne rassure pas : l'inflation a augmenté de 0,4% en août, soit une progression de 5,4%, contre 5,3% attendus et après 4,8% le mois précédent.
L'indice de la demande finale hors alimentation, énergie et services commerciaux a progressé de 0,3% en août, après une hausse de 0,4% en juillet. Sur un an, les prix de cette même mesure ont augmenté de 4,7%. Cet indicateur est très suivi car il mesure la variation des prix des biens vendus par les sociétés du secteur manufacturier.
Autre chiffre révélateur : les ventes de logements existants ont reculé de 2% et se sont élevées à 3,98 millions d'unités, contre 4,06 millions le mois précédent.
La hausse des taux longs commence à peser très lourd, les demandes de prêts s'évaporent avec des crédits hypothécaires à plus de 7%, le "30 ans" venant de passer la barre des 5,35% (le zénith du 18 août à 5,30% est pulvérisé), soit 50Pts depuis le 25 juin dernier.
C'est le pire score observé depuis mi-juin 2004.
Aucune chance de voir les taux se détendre sur le front de l'emploi : le Département du Travail des Etats-Unis a comptabilisé 206 000 nouvelles inscriptions hebdomadaires au chômage lors de la semaine du 31 août, soit une baisse de 1 000 par rapport au niveau de la semaine précédente (qui a été relevé de 206 000 à 207 000). Le consensus anticipait 205 000 nouvelles inscriptions. La moyenne mobile sur quatre semaines, censée mieux refléter les tendances à l'oeuvre sur le marché de l'emploi, est aussi ressortie à 206 000, en baisse de 1 500 sur une semaine.
Enfin, le nombre de personnes percevant régulièrement des indemnités s'est élevé à 1 774 000 lors de la semaine au 24 août, un chiffre en baisse de 1 000, toujours par rapport au niveau révisé de la semaine précédente.
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source : AOF
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