KNDS : Berlin reprend la main, l'introduction en bourse s'éloigne
(Zonebourse.com) - Nouveau rebondissement dans le dossier KNDS. Selon Bloomberg, la famille allemande copropriétaire du fabricant de chars négocie désormais la cession de l'essentiel de sa participation au gouvernement allemand. Une opération qui repousserait, au moins à court terme, le projet d'introduction en Bourse à Paris et Francfort.
Le feuilleton autour du capital de KNDS se poursuit : la famille allemande copropriétaire du groupe de défense envisage désormais de céder jusqu'à 40% du capital au gouvernement allemand, rapporte Bloomberg, s'appuyant sur "des personnes proches du dossier". Elle conserverait ainsi une participation de 10% sur les 50% qu'elle détient actuellement.
Les discussions se concentrent désormais sur une vente à Berlin, après une nouvelle offre du gouvernement allemand, précisent les sources de l'agence. Ce scénario relèguerait au second plan la piste Warburg Pincus. Bloomberg rapportait la semaine dernière que le fonds d'investissement américain discutait avec Wegmann & Co., la holding de la famille, en vue d'acquérir une participation importante dans KNDS. Warburg Pincus avait notamment échangé avec des co-investisseurs sur une éventuelle participation à l'opération, tandis que d'autres candidats s'étaient manifestés.
Mais le gouvernement allemand dispose d'un droit de priorité pour racheter la participation familiale, selon Bloomberg. Et les discussions se sont depuis réorientées vers Berlin. Cette évolution aurait une conséquence directe : une cession de 40% au gouvernement allemand entraînerait la suspension, à court terme, du projet d'introduction en Bourse de KNDS, selon les sources de Bloomberg.
Un feuilleton chaotique
L'opération connaît déjà une histoire mouvementée. Né en 2015 du rapprochement entre le français Nexter et l'allemand Krauss-Maffei Wegmann (KMW), KNDS avait préparé cette année une cotation à Paris et Francfort. Pour rappel, le schéma envisagé prévoyait que l'Etat français conserve 40% du capital via GIAT Industries, tandis que l'Allemagne devait acquérir 40% auprès des actionnaires familiaux de Wegmann via la banque publique KfW. Les 20% restants devaient être placés en Bourse dans le cadre d'une opération entièrement secondaire.
L'introduction a toutefois été suspendue une première fois début juillet. Au-delà des conditions de marché, la valorisation constituait alors l'un des principaux points de friction. Selon des informations de presse rapportées à l'époque, les actionnaires familiaux allemands refusaient une valorisation inférieure à 12,5 milliards d'euros, quand certains investisseurs situaient KNDS sous les 12 milliards.
La forte baisse de Rheinmetall, principal comparable coté du groupe, avait encore compliqué l'équation. Le titre du groupe allemand avait notamment chuté de 19% lors de la séance du 24 juin.
Le projet avait ensuite refait surface, avant d'être une nouvelle fois reporté dans un contexte toujours difficile pour les valeurs européennes de défense.
L'IPO repoussée ?
Le nouveau scénario modifierait surtout l'ordre des opérations. L'accord conclu cette année prévoyait que le gouvernement allemand acquière 40% de KNDS, mais cette transaction était conditionnée à la réalisation de l'introduction en Bourse.
Selon Bloomberg, Berlin pourrait désormais acquérir cette participation même en l'absence d'IPO. La famille conserverait alors 10% du groupe.
La cotation ne serait pas nécessairement abandonnée pour autant. Le directeur général de KNDS, Jean-Paul Alary, avait indiqué au Handelsblatt, cité par Bloomberg, que le groupe pourrait finalement entrer en Bourse en 2026 "si les conditions de marché le permettent".
Pour l'heure, aucune décision définitive n'a été prise et les discussions se poursuivent, souligne Bloomberg.
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source : AOF
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