Eric Coquerel à Bercy pour consulter des documents sur la fiscalité des très riches
Le président LFI de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, Eric Coquerel, est au ministère de l'Economie et des Finances vendredi pour consulter des documents de l'administration sur la "fiscalité des ultra-riches", avant une prise de parole de Sébastien Lecornu prévue en fin de journée.
Tout est parti d'une déclaration de l'ancien ministre de l'Economie, Eric Lombard, qui a affirmé dans une interview à Libération sur la base de travaux de la Direction générale des finances publiques (DGFiP) que des "milliers" de contribuables parmi les plus fortunés avaient "un revenu fiscal de référence de zéro" et ne payaient "aucun impôt sur le revenu".
Ces déclarations ont suscité de vives réactions dans le champ politique à gauche, et relancé le débat sur la taxation des plus hauts patrimoines.
M. Coquerel entend rechercher des "documents qui semblerait démontrer que contrairement à ce qu'on pensait jusqu'à maintenant (...) il n'y a pas quelques centaines d'ultra-riches qui ne paient quasiment pas d'impôt sur le revenu, mais plutôt plusieurs milliers", a-t-il déclaré vendredi devant la presse avant d'entrer au ministère de l'Economie et des Finances.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu, nommé en octobre pour sortir de l'impasse budgétaire, doit s'exprimer en fin de journée. Il cherche toujours à trouver un accord sur le projet de budget 2026 avec les socialistes qui lui éviterait une censure, se résignant à une adoption sans vote, par 49-3 ou ordonnances.
Des ordonnances pour faire adopter le budget entraîneraient une "censure automatique" et remettraient dans l'actualité une "motion de destitution" du président de la République, Emmanuel Macron, selon M. Coquerel.
Sur la base des déclarations d'Eric Lombard, M. Coquerel avait demandé mardi au gouvernement, en vertu de ses prérogatives de président de commission des Finances, de lui communiquer des éléments "qui ont pu permettre" à l'ex-ministre "d'établir ce constat, qu'il s'agisse de notes, d'analyses ou de chiffrages élaborés par les services" de la DGFiP.
Il devrait quitter Bercy vers 16h et s'exprimer à l'issue de son déplacement, précisent ses équipes.
"Il n'y a nulle part écrit à Bercy le nom des gens qui auraient des revenus fiscaux de référence qui seraient très bas. En revanche nous savons que ça existe", a assuré vendredi la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin.
"C'est plutôt des statistiques que je cherche, des éléments notamment qui ont servi au moment où l'on parlait de la contribution différentielle" (sur les hauts revenus instaurée en 2025, NDLR), a précisé M. Coquerel vendredi.
Le président et le rapporteur général de la commission des Finances du Sénat, Claude Raynal (PS) et Jean-François Husson (LR), avaient transmis une demande analogue auprès de Bercy.
Sollicité par l'AFP, M. Husson a précisé qu'il ne "serait pas sur place". Mais "on va avoir communication des documents consultés par Eric Coquerel dans un délai aussi rapide que possible", a-t-il précisé.
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