Métaux stratégiques : l’arme qui rebat les cartes de la puissance économique mondiale
Les métaux stratégiques se trouvent désormais au cœur des nouveaux enjeux économiques, tant ils conditionnent la transition énergétique, la révolution numérique et la souveraineté industrielle des États.
Ces matières premières sont devenues la colonne vertébrale discrète des chaînes de valeur, de la batterie de véhicule électrique au data center, en passant par l’aéronautique et la défense.
Par « métaux stratégiques », on désigne des métaux jugés indispensables à la politique économique, énergétique ou sécuritaire d’un État ou d’une filière industrielle, du lithium au cobalt, du nickel au cuivre, en incluant le graphite, l’aluminium et les terres rares. Leur caractère stratégique ne tient pas seulement à leur rareté géologique, mais surtout à la combinaison d’une demande explosive, de capacités de production concentrées et d’un raffinage dominé par un petit nombre d’acteurs, au premier rang desquels la Chine. Les États-Unis identifient ainsi une cinquantaine de métaux critiques, tandis que la Commission européenne en recense plus de trente, ce décalage illustrant la dimension politique de ces listes autant que leur fondement industriel.
Sur le plan économique, ces métaux se distinguent par des volumes de production plus faibles que ceux des métaux de base classiques comme l’acier ou le cuivre, alors même qu’ils sont indispensables aux technologies de pointe. Leurs marchés se caractérisent par une forte volatilité des prix. Pour les investisseurs, cette cyclicité exacerbée crée à la fois des opportunités spéculatives et un risque structurel.
Le rôle de ces métaux dans la transition énergétique est central et les études de scénarios climatiques anticipent des besoins cumulés pouvant atteindre plusieurs milliards de tonnes de métaux critiques d’ici 2050 pour financer et construire les infrastructures nécessaires à la décarbonation, des véhicules électriques aux électrolyseurs. Or, dès à présent, des tensions sont attendues sur l’approvisionnement de métaux clés comme le lithium, le cuivre, le nickel, le cobalt ou le graphite, avec des risques de pénuries chiffrées à plusieurs dizaines de pourcents pour certains d’entre eux à l’horizon 2030.
Cette dynamique renforce la dimension géopolitique du dossier. En contrôlant plus de la moitié de la production mondiale de cobalt, plus de 60% du lithium, plus de 70% du graphite et une part écrasante du raffinage des métaux dits « électriques », la Chine s’impose en pivot de la transition énergétique mondiale. L’Europe, qui accuse un retard sur le raffinage et le recyclage, se trouve dans une situation de dépendance et a entamé une révision profonde de sa stratégie minière et industrielle.
Pour les marchés financiers, les métaux stratégiques représentent un terrain d’investissement à la fois prometteur et complexe. À long terme, la conjonction de la transition énergétique, de la digitalisation et du réarmement plaident en faveur d’une demande structurellement porteuse. À court terme, cependant, les cycles de surcapacité, les ajustements réglementaires, les aléas de la croissance chinoise et la montée en puissance parfois plus lente que prévu des technologies vertes augurent de la volatilité dans ce secteur.
Afin d’investir sur ce segment, nous avons identifié l’ETF VanEck Rare Earth and Strategic Metals (Code ISIN : IE0002PG6CA6 – Mnémonique : REMX).
Graphiquement, l’ETF a rebondi de près de 190% de son point bas d’avril 2025, sur son support majeur à 31,80, avec une progression de près de 25% depuis le début du mois de janvier.
Malgré cette puissante hausse, il reste du potentiel sur le sous-jacent, qui s’approche cependant de premiers niveaux de résistances clés. Ainsi, 97,55 représente une résistance intermédiaire tandis que 113 sera une résistance majeure.
Pour un investisseur de long terme, le potentiel haussier demeurant important, on pourra rentrer dès à présent sur le produit. Un investisseur plus patient pourra choisir d’attendre un retracement en direction de 85.
À long terme, le débordement de la résistance majeure à 113 permettrait d’envisager des extensions en direction de 146,60, voire de 204,20, niveau de résistance qui date de 2011.
Le retour sous 77 marquerait l’invalidation de la vive impulsion haussière de long terme et de notre scénario.
■- 0 vote
- 0 vote
- 0 vote
- 0 vote
- 0 vote