Hermès pénalisé par la guerre au Moyen-Orient et les taux de change
La guerre au Moyen-Orient et les effets de change ont affecté les ventes au premier trimestre du groupe français de luxe Hermès dont l'action a plongé mercredi à la Bourse de Paris.
Au premier trimestre, les ventes du sellier-maroquinier connu pour ses carrés de soie et ses sacs, ont reculé sur un an de 1,4% à 4,1 milliards d'euros.
Elles sont en revanche en progression de 6% à taux de change constants, l’effet défavorable de la force de l'euro face au yen, dollar, yuan et won représentant 290 millions d'euros.
"Dans un contexte géopolitique sous tension, la maison Hermès garde son cap", déclare le gérant du groupe Axel Dumas, cité dans le communiqué.
Après avoir dévissé de plus de 12% à l'ouverture des échanges, l'action Hermès a fini en chute de 8,22% à 1.636,50 euros, dans un marché en petite baisse (-0,64% pour le CAC 40).
"La plupart des catégories ont affiché des résultats inférieurs aux attentes", explique Thomas Chauvet dans une note de la banque Citi. "Cependant, Hermès continue de devancer ses concurrents du secteur du luxe", ajoute-t-il, LVMH et Kering ayant annoncé des ventes en baisse de 6% au premier trimestre.
Alors que Kering doit présenter jeudi sa stratégie de redressement, l'action du propriétaire de Gucci, Saint Laurent ou encore Botega Venetta a terminé mercredi sur un plongeon de 9,29% à 254 euros, à la Bourse de Paris.
"L'impact du ralentissement du Moyen-Orient n'est pas significatif sur la rentabilité. Tout va dépendre de savoir si ça dure encore un mois ou deux, mais en tout cas, si c'est l'affaire de deux mois, on pourra encore absorber cet impact", a tenu à rassurer le directeur général finances de Hermès, Éric du Halgouët, lors d'un échange avec les analystes.
L'activité dans les magasins du groupe, en croissance de 7%, "a perdu presque 1,5 point de croissance lié aux événements au Moyen-Orient", avait-il précisé à des journalistes.
Clientèle du Moyen-Orient
Dans cette région, "on avait une très belle croissance à deux chiffres en janvier et février, le mois de mars a marqué un coup d'arrêt puisque notre activité s'est trouvée en recul de 40%", "principalement aux Émirats arabes unis", a-t-il détaillé, précisant que Hermès opère dans six magasins dans cette zone qui représente "4% des ventes du groupe".
Les ventes au Royaume-Uni, en Suisse et en France ont également souffert de cette guerre car Hermès y compte une "proportion significative de clientèle du Moyen-Orient", selon le directeur finances. Les ventes en France sont en baisse de 2,8% à 347 millions d'euros.
La guerre a également été à l'origine d'une "baisse de trafic dans les aéroports" où Hermès dispose de boutiques mais a aussi eu un impact sur les livraisons "car les vols ont été perturbés, notamment via Dubaï, qui est un hub important pour desservir certains marchés qui sont importants pour nous, comme comme l'Asie ou l'Asie du Sud ou la Corée", a précisé Éric du Halgouët aux analystes.
Pour les autres régions, les ventes en Amérique, Japon et Europe hors France "réalisent de belles progressions", "malgré le ralentissement des flux touristiques en lien avec les événements survenus au Moyen-Orient".
La zone Amérique fait "un premier trimestre exceptionnel, avec une croissance équilibrée dans tous les métiers, tant aux États-Unis, qu'au Canada ou en Amérique du Sud", avec un chiffre d'affaires en hausse de 6,4% à 739 millions d'euros.
Le chiffre d'affaires au Japon en baisse de 3,9% (mais en hausse de 9,6% à taux de change constant) atteint 404 millions d'euros grâce à la clientèle locale.
En Europe hors France, le chiffre d'affaires est en hausse de 7,6% à 538 millions d'euros, soutenu par la demande locale également.
Le chiffre d'affaires en Asie hors Japon baisse de 4,6% (mais augmente de 2,2% hors effet de change) à 1,88 milliard d'euros avec une Grande Chine (qui inclut Hong Kong, Taïwan, Macao et la Chine) qui "poursuit une légère croissance".
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