L'OMS ouvre son Assemblée annuelle sur fond d'hantavirus et d'Ebola
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a ouvert lundi son Assemblée annuelle, après avoir déclenché ce week-end une alerte internationale face à une épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo et tandis que le monde surveille aussi un foyer d'hantavirus.
Les récentes résurgences d'hantavirus et d'Ebola, absentes de l'ordre du jour, se sont invitées au premier jour de cette 79e Assemblée, qui se déroule jusqu'à samedi à Genève en présence d'une centaine de ministres.
"Ces deux (épisodes, NDLR) ne sont que les dernières crises en date dans notre monde en proie à des troubles. Des conflits aux crises économiques, en passant par le changement climatique et la réduction de l'aide internationale, nous vivons une époque difficile, dangereuse et source de divisions", a déclaré le chef de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.
"L'OMS a elle-même traversé une période difficile" a-t-il ajouté, évoquant d'une baisse "soudaine et drastique" des financements internationaux.
"Au cours de l'année écoulée, les coupes budgétaires dans l'aide bilatérale et multilatérale ont perturbé les systèmes de santé et creusé les inégalités. Des cliniques ont fermé leurs portes. Des professionnels de santé ont perdu leur emploi", a renchéri le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, dans un message enregistré.
L'Assemblée mondiale de la santé (AMS) survient après une année difficile pour l'OMS, fragilisée par ces coupes et la décision de Donald Trump de retirer les Etats-Unis de l'organisation.
"Le budget de l'OMS a été réduit de l'ordre de 21%, soit de près d'un milliard de dollars. Des centaines d'emplois ont été supprimés, des programmes ont été réduits. L'OMS a dû, a su se réformer en profondeur dans l'urgence", a constaté la ministre suisse de la Santé, Elisabeth Baume-Schneider.
"La situation reste fragile" mais cette organisation a "réussi à mobiliser la majeure partie des fonds" nécessaires pour les deux prochaines années, a souligné à l'AFP Surie Moon, la codirectrice du Centre de santé mondiale de l'Institut universitaire de hautes études internationales de Genève.
Selon elle, la crise liée à l'hantavirus illustre clairement ce "pourquoi le monde a besoin d'une OMS efficace, digne de confiance, impartiale et dotée d'un financement sûr".
Retraits américain et argentin
Des fractures persistent toutefois, notamment sur des enjeux géopolitiques et sociétaux, alimentant la polarisation. Ces divergences ont bloqué début mai un volet clé du traité sur les pandémies, sur lequel les négociations pourraient être prolongées d'un an cette semaine.
En janvier, aucune décision n'a été prise par le Conseil exécutif de l'OMS sur la demande de retrait des Etats-Unis, qui ne sont pas à jour dans le versement des contributions obligatoires à l'organisation, une condition indispensable à leur retrait.
"On peut penser que cette semaine également, il n'y aura pas de décision sur les Etats-Unis", a dit à l'AFP une source diplomatique.
D'après plusieurs observateurs, attirer davantage l'attention sur ce sujet ne servirait les intérêts de personne. Aussi, aucune résolution n'est prévue pour décider du sort des Etats-Unis, qui considèrent de toute façon avoir quitté l'OMS en janvier dernier.
Les Etats devront en revanche se prononcer sur la demande de retrait de l'Argentine car ce pays, soutenu par Israël, avait déposé une résolution en ce sens.
Campagne électorale
Cette Assemblée a lieu à un moment où le processus d'élection du prochain chef de l'OMS, ouvert en avril, est en cours. Aucun candidat ne s'est encore déclaré mais des annonces sont possibles cette semaine avant la clôture des candidatures le 24 septembre.
Par ailleurs, plusieurs résolutions sensibles, en particulier sur l'Ukraine, les territoires palestiniens et l'Iran, devraient susciter de vifs débats.
La réforme de l'"architecture de la santé mondiale", un secteur très fragmenté avec une multitude d'organisations qui ne travaillent pas toujours ensemble, sera également au cœur des discussions de l'Assemblée, où les Etats membres devront se prononcer sur la mise en place d'un processus officiel en ce sens.
"Six ans après la dernière pandémie mondiale, le Covid-19, l'architecture sanitaire mondiale se transforme rapidement (...). Nous assistons à la fin d'une ère et il nous faut le courage d'en bâtir une nouvelle", a relevé le président du Ghana, John Dramani Mahama, en ouvrant les travaux de l'AMS.
Cette réforme vise, entre autres, à réduire la fragmentation des organisations, pour éviter les doublons, tout en s'assurant que des sujets sensibles, notamment depuis le retour de Donald Trump, tels que les droits sexuels et reproductifs ou la question du climat, ne soient pas sacrifiés dans ce contexte de recul de l'aide internationale.
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