Premier tour des municipales: timide participation à mi-journée, suspense dans les grandes villes
Signe de lassitude des électeurs ou d'une campagne éclipsée par la guerre au Moyen-Orient? A la mi-journée, la participation au premier tour des municipales n'était qu'en légère hausse par rapport aux élections de 2020, organisées en pleine pandémie de Covid-19. Le scrutin reste très indécis dans plusieurs grandes villes et promet d'intenses tractations d'entre-deux-tours.
Le taux de participation à midi en France métropolitaine était de 19,37% selon le ministère de l'Intérieur (+1 point par rapport à 2020, une élection marquée par une abstention historique pour cause de crise sanitaire; - 4 points par rapport à 2014).
Les bureaux de vote fermeront à 18 heures, 19 heures ou, dans les plus grandes villes, 20 heures, heure à laquelle pourront être publiés les premiers résultats.
Emmanuel Macron a délaissé pour quelques heures l'agenda international et voté avec son épouse au Touquet (Pas-de-Calais).
Le chef du gouvernement Sébastien Lecornu a glissé son bulletin dans l'urne à Vernon (Eure) où il figure en troisième position sur la liste du maire sortant. A Paris, les deux favoris des sondages Emmanuel Grégoire ("gauche unie") et Rachida Dati (droite) ont voté, tout comme Jean-Luc Mélenchon (LFI). Jordan Bardella (RN) l'a fait à Garches (Hauts-de-Seine), Marine Tondelier (Les Ecologistes) à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), Fabien Roussel (PCF) à Saint-Amand-les-Eaux (Nord), où il est candidat.
A Strasbourg, la socialiste Catherine Trautmann, qui entend reconquérir la mairie "sent la mobilisation électorale" mais aussi "une forme d'inquiétude" liée à la situation internationale.
Le militant antinarcotrafic Amine Kessaci, qui figure sur la liste du maire sortant divers gauche Benoît Payan, a voté dans une école à Marseille, gilet pare-balle sous sa chemise.
Quelque 48,7 millions d'électeurs sont appelés aux urnes - dont 358.000 ressortissants de l'Union européenne.
Chez nous, les candidats "ne s'engagent pas par esprit de querelle politique, c'est un engagement citoyen admirable", a salué Jean-Pierre Ennebick, 76 ans, à sa sortie de l'isoloir à Arbonne (Pyrénées-Atlantiques), un village de 2.600 habitants près de Biarritz, où se présentent trois listes, toutes sans étiquette.
Loin des considérations partisanes, à Lyon, Fabrice, 54 ans, souhaite se focaliser sur les mesures concernant "la vie concrète des gens", "les aménagements" urbains et "l'écologie".
93% des communes, qui n'ont qu'une ou deux listes à départager, connaîtront leur maire dès le premier tour.
Mais l'incertitude est importante dans les grandes villes où peu d'édiles sont assurés d'être reconduits. Dans ces agglomérations, sitôt les résultats connus, une autre élection commencera, avec la question des alliances du second tour... des marqueurs cruciaux à un an de la présidentielle.
Triangulaire, quinquangulaire
A gauche, l'inimitié entre socialistes et LFI fait peser un risque de bascule sur certaines villes.
De l'autre côté de l'échiquier politique, l'extrême droite entend bien supplanter à certains endroits la droite ou faire tomber un cordon sanitaire et l'aspirer dans une alliance.
A Paris, les perspectives de victoire d'Emmanuel Grégoire ou de Rachida Dati seront ainsi très différentes si Pierre-Yves Bournazel (Horizons), Sophia Chikirou (LFI) et Sarah Knafo (Reconquête) dépassent ou non les 10% et décident ou non de se maintenir.
La question se posera aussi à Marseille pour le maire sortant de gauche Benoît Payan et le candidat RN Franck Allisio donnés largement en tête devant Martine Vassal (LR) et l'Insoumis Sébastien Delogu. Ou encore à Toulouse où le divers droite sortant Jean-Luc Moudenc mise sur une triangulaire avec socialistes et Insoumis.
Grands vainqueurs de 2020, les Ecologistes sont sur la défensive à Strasbourg ou Bordeaux. Mais, à Lyon, le maire Grégory Doucet croit en une "remontada" face à l'ex-patron de l'OL Jean-Michel Aulas, dont l'avance a fondu dans les sondages.
Paris, Lyon et Marseille connaissent leur première municipale depuis la réforme du mode de scrutin, avec élection "directe" du conseil municipal en plus des secteurs ou arrondissements.
"Il n'y a pas de difficultés majeures, finalement, à réaliser deux votes simultanés", observe Insaf Mehri, enseignante de 35 ans et électrice à Marseille.
Encore peu implanté localement, le Rassemblement national entend gagner des villes petites et moyennes dans le sud-est et le nord, et ajouter Toulon, voire Marseille, à Perpignan pour celles de plus de 100.000 habitants.
Quant aux Insoumis, ils espèrent ravir Roubaix (Nord) et créer la surprise dans certaines villes franciliennes.
L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, qui brigue sa réélection au Havre, en a fait le prérequis pour poursuivre sa candidature à l'Elysée.
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