Sommet de l'Otan: Trump tempère ses frustrations, joue la carte de l'unité

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Le président américain Donald Trump au sommet de l'Otan à Ankara, le 8 juillet 2026 en Turquie
Le président américain Donald Trump au sommet de l'Otan à Ankara, le 8 juillet 2026 en Turquie ( SAUL LOEB / AFP )

"Beaucoup d'amour dans la pièce": les alliés de l'Otan ont tenté d'afficher leur unité mercredi à Ankara, à l'issue d'un sommet au cours duquel Donald Trump a alterné virulentes attaques et propos conciliants.

Dans leur déclaration finale, tous les pays de l'Alliance ont réaffirmé leur engagement "indéfectible" envers la clause d'assistance mutuelle, consacrée par l'article 5 du Traité de l'Atlantique nord, pierre angulaire de l'organisation.

"Une attaque contre un Allié est une attaque contre tous", rappelle le texte.

Sur l'Ukraine, les 32 pays de l'Otan réaffirment également leur "soutien indéfectible" à ce pays en guerre contre la Russie, qui, affirment les Alliés, "contribue à la sécurité transatlantique".

"C'était une très bonne rencontre, il y avait beaucoup d'amour dans la pièce, beaucoup d'unité", a lancé le président américain à l'issue du sommet.

Le président américain Donald Trump lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, en marge du sommet de l'Otan à Ankara, le 8 juillet 2026 en Turquie
Le président américain Donald Trump lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, en marge du sommet de l'Otan à Ankara, le 8 juillet 2026 en Turquie ( SAUL LOEB / AFP )

Un ton apaisé qui rappelle celui du précédent sommet à La Haye en 2025 où Donald Trump avait célébré un "succès monumental" après l'engagement des pays à consacrer au moins 5% de leur produit intérieur brut à leur sécurité.

Mais un ton qui contraste de manière saisissante avec ses propos quelques heures plus tôt lorsqu'il avait ressassé des critiques maintes fois exprimées.

Frustration

"Je ne suis pas content de l'Otan parce qu'ils n'ont pas voulu nous aider face au principal Etat qui soutient le terrorisme, à savoir l'Iran", avait-il lancé mercredi matin.

Depuis que les Etats-Unis et Israël ont attaqué l'Iran fin février, Donald Trump a multiplié les critiques contre ses alliés occidentaux qui ont pris leurs distances avec ce conflit.

Il a aussi exprimé sa frustration de ne pas avoir pu s'emparer du Groenland, ce qui constitue un "grand problème" à ses yeux. "Le Groenland est très important pour les Etats-Unis, mais n'est pas important pour le Danemark", a-t-il ajouté au sujet du territoire autonome danois.

Photo de famille des participants au sommet de l'Otan, le 8 juillet 2026 à Ankara, en Turquie
Photo de famille des participants au sommet de l'Otan, le 8 juillet 2026 à Ankara, en Turquie ( Ludovic MARIN / POOL/AFP )

Donald Trump a par ailleurs vivement fustigé l'Espagne, qualifiée de "cause perdue", avec laquelle les Etats-Unis vont selon lui "cesser tout échange commercial", accusant à nouveau Madrid de ne pas pas participer aux dépenses de défense de l'Otan. Mais le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a assuré ensuite avoir un échange "courtois" avec le milliardaire républicain, louant les relations "très positives" entre l'Espagne et les Etats-Unis.

Interrogé sur les nombreux griefs exprimés publiquement par Donald Trump, le président français Emmanuel Macron a affirmé qu'il ne les avait "pas entendus dans la salle" de la réunion à huis clos de l'Otan.

"Je suis là pour préserver l'unité, ou du moins faire de mon mieux pour maintenir l'unité de l’Alliance", a expliqué de son côté le secrétaire général de l'Otan Mark Rutte à l'issue du sommet. "Et cela signifie que, lorsqu’il y a des discussions ou parfois des sujets de friction entre Alliés, je n’en fais pas de commentaires en public".

"Il y a un engagement complet" des États-Unis au sein de l'Otan, a-t-il martelé, saluant le rôle joué par Donald Trump depuis son retour au pouvoir.

"Soyons honnêtes: le fait que le président Trump encourage les Canadiens et les Européens (à dépenser plus) a vraiment aidé", a-t-il avancé. "C'est une grande victoire pour le président américain", a-t-il ajouté.

Chiffres et graphiques à l'appui, et fidèle à une stratégie de séduction dont il n'a jamais dévié, le secrétaire général de l'Otan se démultiplie pour démontrer à Donald Trump que les engagements des pays membres sont suivis d'actes. Et que ses appels à un meilleur partage du fardeau ne restent pas vains.

Alliance plus européenne, moins américaine

Le consensus est là: l'Alliance doit devenir beaucoup plus européenne et un peu moins américaine. Mais le chantier est immense et complexe. Et les coups de pression de Washington créent un climat difficile.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky (g) etl e président américain Donald Trump lors d'une rencontre en marge du sommet de l'Otan à Ankara, le 8 juillet 2026 en Turquie
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky (g) etl e président américain Donald Trump lors d'une rencontre en marge du sommet de l'Otan à Ankara, le 8 juillet 2026 en Turquie ( SAUL LOEB / AFP )

Sur l'Ukraine, le tête-à-tête du président américain avec son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky a été scruté avec attention, quelques jours après une "très bonne conversation" avec le Russe Vladimir Poutine.

Donald Trump a indiqué qu'il allait autoriser Kiev à fabriquer des missiles Patriot, indispensables pour intercepter les missiles balistiques russes qui frappent l'Ukraine.

Il a par ailleurs estimé que les frappes ukrainiennes dans la profondeur en Russie, si elles constituaient une "escalade", pourraient in finer, "aider" à mettre fin à la guerre.

Les Européens ont réaffirmé leur engagement derrière Kiev. Ils se sont engagés, avec le Canada, à fournir 70 milliards d'euros d'aide militaire à l'Ukraine en 2026 comme en 2027, dont 30 milliards pour chacune de ces deux années, déjà prêtés à Kiev par l'Union européenne.

Le chef de l'Otan a précisé que le prochain sommet de l'Otan aurait lieu en Albanie, mais qu'aucune date n'avait été fixée à ce stade.

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