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A Lyon, fin de campagne rugueuse pour un scrutin indécis

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Combinaison d'images réalisée le 17 mars 2026 avec le maire écologiste sortant Grégory Doucet (G) et le candidat soutenu par la droite et le centre Jean-Michel Aulas
Combinaison d'images réalisée le 17 mars 2026 avec le maire écologiste sortant Grégory Doucet (G) et le candidat soutenu par la droite et le centre Jean-Michel Aulas ( JOEL SAGET, OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP/Archives )

Accusations de mensonges, "poison démocratique", "droite réactionnaire", "fakenews" : le maire écologiste de Lyon Gégory Doucet et son rival Jean-Michel Aulas ont multiplié les échanges rugueux à la fin d'une campagne âpre pour un scrutin serré.

Revenu de très loin dans les sondages, le maire a su créer une dynamique pour coiffer sur le fil au premier tour l'ex-président de l'Olympique lyonnais, avec 37,4% des suffrages contre 36,8%.

Venu en milieu de semaine soutenir l'écologiste, le député de gauche François Ruffin a moqué la "degringolada" de Jean-Michel Aulas versus la "remontada" de Grégory Doucet promise par Marine Tondelier, la cheffe des Verts.

"Arriver devant, c'était inespéré même 48 heures avant. On imaginait dans nos rêves les plus fous être à égalité", assure à l'AFP le sénateur EELV du Rhône Thomas Dossus, un des directeurs de campagne de M. Doucet.

"On est en dynamique mais on n'est pas dans un fauteuil, ça va se jouer à un ou deux points", tempère-t-il. "On a des gens partout qui font la campagne. Il faut que les électeurs de gauche retournent aux urnes".

Pour espérer gagner, Grégory Doucet, a signé un accord qualifié de "fusion technique" de ses listes d'"Union de la gauche et des écologistes" avec celles de la députée Insoumise Anaïs Belouassa-Cherifi (10,4%).

"Si on avait laissé la France insoumise se maintenir, on n'avait aucune chance de gagner", relève Thomas Dossus.

En cas de victoire, "les Insoumis ne seront pas dans la majorité et n'auront pas de minorité de blocage et nous pourrons gouverner sur la base de notre programme", a répété le maire.

La LFI Anaïs Belouassa-Cherifi, le 17 mars 2026 à Lyon
La LFI Anaïs Belouassa-Cherifi, le 17 mars 2026 à Lyon ( OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP/Archives )

"Accord de la honte" avec "un parti extrémiste, radicalisé, qui prône la violence", a dénoncé Jean-Michel Aulas, mot d'ordre martelé par son équipe de campagne.

"C’est un choix polique grave, un populisme dangereux, un poison démocratique. Cet accord est un accord de circonstance, un accord de survie", a encore lancé le chef d'entreprise, candidat soutenu par la droite et le centre, lors d'un discours jeudi dans une brasserie où il a regardé le match de Ligue Europa Lyon-Celta Vigo.

"Moins marketer"

Cette alliance a aussi été la justification pour refuser un débat avec son rival, prévu de longue date par France 3.

"Si M. Aulas était vraiment sérieux, il accepterait que l'on puisse débattre ensemble. Le débat est nécessaire si l'on veut que la démocratie soit vivante et respectée", a regretté Grégory Doucet.

Très connu mais novice en politique, peu préparé aux joutes électorales, Jean-Michel Aulas, qui aura 77 ans dimanche, avait été mis en difficulté sur la forme et sur le fond lors du seul débat d'avant premier tour.

Cela "avait créé des doutes" chez certains électeurs, reconnait auprès de l'AFP Béatrice de Montille (LR), candidate à la mairie du IIIe arrondissement sous les couleurs Aulas.

Jean-Michel Aulas (C), candidat de la droite et du centre à la mairie de Lyon, et la LR Béatrice De Montille (G), le 18 mars 2026 à Lyon
Jean-Michel Aulas (C), candidat de la droite et du centre à la mairie de Lyon, et la LR Béatrice De Montille (G), le 18 mars 2026 à Lyon ( Alex MARTIN / AFP )

Il aurait fallu "moins marketer, être plus authentique", regrette Alexandre Vincendet, maire LR de Rilleux-la-Pape et élu sous les couleurs Aulas à la Métropole.

"Une campagne, c'est une guerre de mouvement, pas une guerre de tranchées, on ne doit pas gérer l'acquis mais créer une dynamique", assène-t-il.

Néanmoins, "le coude-à-coude a relancé la mobilisation", veut croire Béatrice de Montille, pour qui l'objectif est "d'aller chercher les abstentionnistes, qui pensaient que c'était bon au premier tour, et un électorat modéré qui rejette l'alliance LFI/écologistes".

Si Jean-Michel Aulas est en ballottage défavorable, son alliée LR Véronique Sarselli a de bonnes chances de ravir la Métropole, vrai cœur du pouvoir à Lyon, détenue par l'écologiste Bruno Bernard, qui, lui, n'a pas pu nouer d'alliance avec LFI pour le second tour.

Cela fait dire à François Ruffin: "Je suis venu il y a 15 jours, c'était +attention, Lyon est en danger, mais la Métropole, ça devrait aller+. Et je reviens 15 jours plus tard et c'est +Lyon, ça devrait aller, mais la Métropole est en danger+".

"Ca va être serré" mais "ca reste possible" de conserver la Métropole, espère son président, misant notamment sur le "vote utile" à gauche. Dans le camp LR, on est pourtant convaincu que ce match-là est plié.

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