Canicule: Lecornu défend l'action de son gouvernement, n'exclut pas un nouvel épisode
"L'ensemble de la chaîne a tenu". Sébastien Lecornu a salué lundi l'action de son gouvernement après la canicule exceptionnelle qui s'est abattue sur le pays et lui a valu des critiques pour "impréparation", en évoquant la possibilité d'un nouvel épisode de fortes chaleurs.
"L'ensemble de la chaîne de prévision, et ensuite de réaction, des agents de Météo-France jusqu'aux agents hospitaliers à l'entrée des urgences de nos hôpitaux, en passant par les forces de sécurité civile (...) a tenu", a souligné le Premier ministre en introduisant une nouvelle cellule interministérielle de crise (CIC) destinée à établir le bilan de ce qui a "fonctionné" ou pas.
Evoquant "la perspective d'une reprise d'un épisode caniculaire", il a dit attendre de ses ministres des "décisions dans les jours qui viennent" avec la construction d'un "plan Orsec chaleur extrême" pour mobiliser la réponse en matière de sécurité civile.
M. Lecornu a notamment pointé la question de "l'endurance" des forces de sécurité civile en cas de feux de forêts, alors que six départements du sud de la France - Pyrénées-Orientales, Aude, Hérault, Gard, Bouches-du-Rhône et Vaucluse - seront en "danger très élevé" pour les incendies mercredi 1er juillet, selon Météo-France.
Les Ehpad ont "tenu"
En multipliant les cellules interministérielles de crise, ou en activant le plus haut niveau de mobilisation sanitaire, le gouvernement veille à ne pas répéter les erreurs de la canicule de 2003, qui avait fait 15.000 morts.
Mais Sébastien Lecornu a estimé que "toute comparaison mécanique" avec la canicule de 2003, à laquelle cet épisode est comparé, "serait mal à propos" sur la surmortalité, qui a touché cette fois davantage les personnes à domicile et non pas les Ehpad.
"Le nombre de victimes à domicile est bien plus important que sur tous les épisodes précédents" alors que les Ehpad "ont tenu" en dépit d'une "pression forte", a-t-il souligné.
Les canicules provoquent "entre 1.000 et 7.000 morts par an", "et l'on peut supposer que, cet été, on sera plus proche de 7.000 que du millier" de décès, a estimé auprès de l'AFP l'épidémiologiste Basile Chaix, directeur de recherche à l'Inserm.
Sébastien Lecornu s'est aussi félicité que "le système énergétique ait tenu" indiquant que, même si la consommation de climatisation avait augmenté de 25%, la France avait "continué à exporter de l'électricité".
Alors que le personnel soignant souffre aussi de la chaleur, il a promis que les premiers climatiseurs dans les hôpitaux, faisant partie d'une commande de 30.000 appareils validée vendredi, seraient livrés "en fin de semaine, début de semaine prochaine", afin de leur garantir une situation "beaucoup plus douce" en cas de nouvelle canicule.
Responsabilités
Outre la climatisation, il a estimé qu'il y avait un "enjeu sur les infrastructures", notamment les bâtiments des écoles, qui relèvent "de la responsabilité des communes".
Face au lourd bilan humain qui commence à se dessiner, la pression politique s'est encore accentuée sur le gouvernement, accusé d'"incompétence" et d'"inaction".
Pour ses adversaires politiques, tournés vers l'élection présidentielle de 2027, l'action gouvernementale a été largement insuffisante. Avec des choix de long terme particulièrement pointés du doigt.
"Il faudra faire toute la lumière sur le bilan humain très lourd qui s'annonce pour déterminer les responsabilités politiques", a attaqué dimanche la cheffe des Ecologistes Marine Tondelier.
L'ex-Première ministre Elisabeth Borne a dénoncé la "posture" de ceux qui, "à longueur d'années, se désintéressent du sujet (...) et tout d'un coup sortent le plan supposé tout régler", sans épargner complètement Sébastien Lecornu. "Après mon départ de Matignon, je ne suis pas sûre que la planification écologique et énergétique ait été portée avec la même énergie", a-t-elle lancé.
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