Deux candidats LFI aux municipales ciblés par une ingérence numérique venant de l'étranger
Nouvelle ingérence étrangère dans les municipales à quelques jours du scrutin: les candidats LFI à Marseille et Toulouse ont été la cible d'une campagne numérique de dénigrement, dont l'origine géographique n'a pas encore été déterminée par les autorités.
Cette opération de manipulation fait suite à une autre opération contre le candidat de centre-droit à la mairie de Paris, Pierre-Yves Bournazel, attribuée vendredi par Viginum, le service chargé de lutter contre ces manipulations en ligne, à un réseau lié à la Russie.
Mardi, une source sécuritaire a indiqué à l'AFP qu'une opération de manipulation a été repérée contre les deux députés Sébastien Delogu et François Piquemal, candidats respectivement à Marseille et Toulouse, confirmant une information du Monde.
Viginum a "récemment détecté plusieurs sites et comptes sur les réseaux sociaux qui présentent des caractéristiques d'inauthenticité", avec notamment des "photos générées par intelligence artificielle et des dates de création communes".
Des "marqueurs techniques étrangers" ont été identifiés dans les "métadonnées des sites et des comptes", ajoute Viginum. Les "investigations sont toujours en cours pour (en) préciser la provenance", a précisé à l'AFP la source sécuritaire.
Cette campagne malveillante n'a eu, "à ce stade des analyses, qu'une faible visibilité", précise Viginum.
Le parquet de Marseille a annoncé mardi à l'AFP avoir ouvert une enquête pour diffamation, faisant suite à une plainte déposée par Sébastien Delogu pour des "faits de diffamation à l'égard d'un particulier par image ou communication par voie électronique", selon son avocat Yonès Taguelmint.
Faux sites, affiches...
Cette campagne a pris la forme d'un faux site baptisé "blog de Sophie", se présentant comme celui d'une ancienne collaboratrice écrivant sous pseudo et assurant avoir pour objectif de décrire "comment Sébastien Delogu m'a fait du mal et a détruit ma vie".
Il contient notamment des insinuations pouvant laisser penser à des violences.
Des affiches avec un QRcode permettant d'accéder à ce site ont été placardés dans plusieurs endroits de la ville, selon des photos prises par l'équipe de Sébastien Delogu et transmises à l'AFP.
Le site du blog, comme ses déclinaisons sur Facebook ou X, n'étaient plus accessibles mardi, a constaté l'AFP.
Selon les informations du Monde, ce blog est lié à "un tissu de faux comptes sur le réseau social" X, qui ciblent également le candidat LFI à la mairie de Toulouse, François Piquemal.
Ce dernier a indiqué à l'AFP avoir déposé plainte contre X après que des données personnelles, notamment son adresse, ont été rendues publiques sur internet. "On va voir avec mes conseillers juridiques s'il faut une plainte supplémentaire ou pas (...) il faut qu'on voie s'il y a matière à porter plainte aussi pour diffamation ou un autre motif", a-t-il précisé.
Un lobby pro-israélien suspecté
Selon Le Monde, cette nébuleuse de faux comptes serait "utilisé(e) pour promouvoir des messages d'Elnet (...) lobby pro-israélien installé en Europe et enregistré en France (...) en conflit ouvert avec LFI".
MM. Delogu et Piquemal sont tous deux très engagés dans l'opposition aux opérations militaires d'Israël dans la bande de Gaza.
"Je suis la cible depuis le début de ma campagne d'accusations indécentes et diffamatoires", a réagi Sébastien Delogu mardi, en marge d'une conférence de presse.
"Malheureusement, je ne suis pas étonné par ce genre de pratiques", a de son côté déclaré M. Piquemal qui, s'il met "du conditionnel" sur l'implication d'Elnet, affirme que "ce n'est pas la première fois que l'on a des menaces, du harcèlement en ligne de la part d'officines d'extrême droite israélienne".
Le coordinateur national de LFI et député de Marseille, Manuel Bompard, a demandé "que les autorités (...) fassent respecter l'intégrité du processus électoral".
"Le commanditaire et l'exécutant de cette opération doivent être mis hors d’état de nuire", a écrit sur X le parlementaire, qui figure sur la liste de M. Delogu, en ajoutant: "Nos élections ne sont pas un terrain de jeu pour les agents des gouvernements étrangers, ni pour les barbouzes et autres agences d'influence".
Outre les deux attaques visant des candidats, les autorités ont également détecté fin février une autre ingérence numérique visant les municipales, dans une opération à visée lucrative cette fois. Un réseau de faux sites pilotés depuis l'Asie du Sud avait ciblé plusieurs candidats à la mairie de Paris.
burs-tll/sva/chv/frd/
■
Copyright © 2026 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.
Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.
- 0 vote
- 0 vote
- 0 vote
- 0 vote
- 0 vote