Votre navigateur (${ userBrowser.name + ' ' + userBrowser.version }) est obsolète. Pour améliorer la sécurité et la navigation sur notre site, prenez le temps de mettre à jour votre navigateur.      

Impuissance, "ras-le-bol": sur le littoral nordiste, les municipales à l'ombre de la crise migratoire

| AFP | 163 | Aucun vote sur cette news
La mairie de Calais, le 11 juin 2025 dans le Pas-de-Calais
La mairie de Calais, le 11 juin 2025 dans le Pas-de-Calais ( Sameer Al-DOUMY / AFP/Archives )

"Les autres candidats ne peuvent rien faire non plus": à Calais et Gravelines, villes au coeur de la problématique migratoire à la frontière franco-britannique, le sujet plane sur la campagne des municipales, entre impuissance des maires sortants et "ras-le-bol" des administrés.

Dans la dernière ligne droite avant le premier tour, la maire de Calais Natacha Bouchart (divers droite) enchaîne les porte-à-porte. Mardi, sous une grisaille toute calaisienne, c'est avec le sourire qu'elle ressort d'une rue dans un quartier résidentiel de la cité portuaire.

"Vous êtes satisfait de ce qui se fait dans la ville?", demande-t-elle à chaque habitant qui lui ouvre. Les réponses sont largement positives, beaucoup lui promettent de glisser dimanche dans l'urne un bulletin à son nom.

la maire de Calais Natacha Bouchart (divers droite), le 7 mars 2022 à Calais, dans le Pas-de-Calais
la maire de Calais Natacha Bouchart (divers droite), le 7 mars 2022 à Calais, dans le Pas-de-Calais ( Ludovic MARIN / AFP/Archives )

Rare exception: une sexagénaire à moitié cachée derrière sa porte en bois. "Moyennement" satisfaite, répond-elle à la maire après une courte hésitation. "Sur tout ce qui est migrants...", soupire-t-elle.

"Vous savez que les autres candidats ne peuvent rien faire non plus?", interroge Natacha Bouchart, qui rappelle que la prise en charge des migrants relève de l'Etat.

"Je sais bien, mais ça commence à faire beaucoup", répond cette habitante, qui assure que sa fille s'est "fait agresser plusieurs fois".

"Traumatisme"

Fruit du hasard, alors que Natacha Bouchart tape à la porte suivante, son opposant Marc de Fleurian, député RN, apparaît également dans la rue pour un tractage.

Auprès de l'AFP, il s'en prend aux associations d'aide aux migrants, "qui utilisent cette crise migratoire comme un levier politique puisque ce sont des militants d'extrême gauche".

Il entend mettre fin à ce qu'il qualifie de "complaisance" avec ces associations, accusant la municipalité sortante de "bienveillante complicité" avec elles parfois.

Un campement de migrants démantelé à Clais, le 30 janvier 2026 dans le Pas-de-Calais
Un campement de migrants démantelé à Clais, le 30 janvier 2026 dans le Pas-de-Calais ( Bernard BARRON / AFP/Archives )

Mais il reconnaît que "le sujet de la crise migratoire, il sera réglé au niveau national". Avant d'assurer: "C'est l'alternance de 2027, que nous appelons de nos voeux, qui permettra d'y mettre un terme définitif".

Son programme comporte d'ailleurs peu de mesures sur ce thème, alors que Calais, à 30 kilomètres des côtes anglaises, demeure l'une des principales zones par lesquelles transitent les exilés en quête du Royaume-Uni.

Un récent sondage Ifop pour Nord Littoral, La Voix du Nord, Ici et France 3 n'augure pas d'un vote-sanction contre Natacha Bouchart: la maire sortante récolterait 56% des voix dès le premier tour, contre 22% au député RN.

Pour Mme Bouchart, la ville "s'est relevée" du "traumatisme" de la "jungle" de Calais, immense bidonville démantelé en 2016.

"On est plutôt libérés de cette période, on a envie d'avancer", assure-t-elle.

Elle estime aussi avoir fait ce qui était en son pouvoir, notamment en installant des rochers sur plusieurs espaces du centre-ville pour empêcher l'installation de campements.

Armement de la police municipale

A une vingtaine de kilomètres, Gravelines (Nord) est dans une toute autre situation. Depuis quelques années, la longue plage de cette ville proche de Dunkerque voit passer un nombre grandissant de traversées clandestines vers l'Angleterre.

Des migrants courent pour embarquer sur un bateau de passeurs et tenter de traverser la Manche au large de la plage de Gravelines, dans le Nord, le 3 mars 2026
Des migrants courent pour embarquer sur un bateau de passeurs et tenter de traverser la Manche au large de la plage de Gravelines, dans le Nord, le 3 mars 2026 ( Sameer Al-DOUMY / AFP/Archives )

"Une situation humanitaire dramatique", concède le candidat UDR-RN Jean-Baptiste Gardes, seul adversaire du maire sortant Bertrand Ringot (PS), qui dirige ce bastion socialiste depuis 2001.

Mais M. Gardes, passé à 189 voix de devenir député de la circonscription en 2024, assure ressentir "un véritable ras-le-bol de la population" face à "de nombreux incidents": "des intrusions dans des propriétés privées, des véhicules caillassés, des affrontements avec la police".

Il souhaite armer la police municipale et en tripler les effectifs afin d'avoir un effet "dissuasif" sur les traversées.

"Je ne vois pas l'utilité", sourit au pied de la mairie Sébastien, policier d'une cinquantaine d'années qui "connaît le sujet depuis 25 ans" pour avoir travaillé au sein de la police aux frontières à Calais.

"Le maire qui est là me va très bien", tandis que son adversaire "n'engendre que la haine", estime pour sa part Christine, 57 ans, qui promène son chien un peu plus loin.

Elle rappelle que depuis 2024 Bertrand Ringot a monté, avec d'autres maires du littoral dont Natacha Bouchart, un collectif pour interpeller le gouvernement et lui demander plus d'actions concrètes face à la crise migratoire.

Le maire "peut pas remplacer l'Etat non plus", ajoute Christine. Et "c'est à l'Angleterre de se bouger un peu aussi".

 ■

Copyright © 2026 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
0 avis
Note moyenne : 0
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
SUR LE MÊME SUJET
Publié le 05/03/2026

La ministre américaine à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, lors d'une audition devant une commission du Sénat au Capitole, le 3 mars 2026 à Washington ( Mandel NGAN / AFP )Donald Trump…

Publié le 05/03/2026

La ministre américaine de la Sécurité intérieure, Kristi Noem, lors d'une visite d'une prison de haute sécurité, à Tecoluca, le 26 mars 2025 au Salvador ( Alex Brandon / POOL/AFP/Archives…

À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 12/03/2026

L’annonce de la libération de 400 millions de barils de pétrole par l'AIE devait calmer les marchés, mais l'impact sur les indices reste quasi nul. Le CAC 40 et le S&P 500 flirtent toujours avec…

Publié le 12/03/2026

Ce matin, Tokyo a perdu 1,05%, Shanghai 0,09% et Hong Kong 0,89%

Publié le 12/03/2026

Votre rendez-vous quotidien avec les petites et moyennes capitalisations ! Chaque jour, retrouvez l’analyse d’Eric Lewin sur les valeurs Small & Mid Caps du moment qui font l’actualité.

Publié le 12/03/2026

(Zonebourse.com) - Le groupe fait le point sur son exposition au Moyen-Orient. Plusieurs sites ont suspendu leur production, mais le management s'emploie à indiquer que l'impact financier reste…

Publié le 12/03/2026

(Zonebourse.com) - La tension reste palpable sur le FOREX alors que le "VIX" ( 10%) progresse au-delà de 26,60, c'est à dire, la "zone d'inconfort". La recherche d'actifs refuge a repris depuis…