La maire de Toulon met en garde contre la "division" et la "honte" si Lavalette (RN) est élue
La maire sortante de Toulon Josée Massi, principale rivale de Laure Lavalette aux municipales, a mis en garde mardi soir contre la "division" et la "honte" en cas de victoire de la députée du Rassemblement national.
"Soyez-en sûrs : si Laure Lavalette prend Toulon, la ville sera divisée, fragmentée. Toulon ne doit pas être un terrain d’affrontement", a lancé Mme Massi lors d'un meeting devant quelque 800 personnes réunies au Palais Neptune de ce port militaire.
Favorite du scrutin à Toulon, Laure Lavalette est donnée largement en tête du premier tour dans les sondages mais pourrait être battue au second en cas de duel face à la maire sortante si les camps de la gauche et de la droite optent pour un front républicain.
"Je ne veux pas recommencer comme en 1995 où on avait honte d'habiter Toulon. On disait qu'on vivait dans le Sud entre Marseille et Nice... ", a ajouté la discrète mais pugnace maire, en référence à l'élection d'un maire du Front national (FN, ex-RN) dans la préfecture du Var.
"Nous, on veut être fiers de dire qu'on vit à Toulon!", a-t-elle proclamé dans un discours souvent ponctué de "Osez Josée !".
"On ne gouverne pas en excitant les peurs. On ne gouverne pas en désignant des boucs émissaires", a encore dit la maire sortante, âgée de 75 ans.
En présence de ses 60 colistiers, Josée Massi a dit oeuvrer pour "un Toulon apaisé, où les générations se parlent, où les quartiers ne s’opposent pas, où la diversité est une richesse tenue par un cadre commun : la République, la laïcité, l'égalité femmes-hommes, le respect de l’autorité".
"Chaque Toulonnais compte, quel que soit son quartier, son âge, son parcours. Une fois élue, je ne laisserai personne au bord de la route", a assuré cette ancienne enseignante puis directrice d'un centre d'insertion sociale, réaffirmant n'être "ni de droite, ni de gauche, ni du centre, mais de Toulon".
Ancienne première adjointe d'Hubert Falco, Josée Massi lui a succédé en mai 2023 après sa condamnation dans une affaire de détournement de fonds publics. Condamné définitivement en juin 2025, l'ancien homme fort du Var avait demandé à Mme Massi de se présenter, avant de lui préférer le sénateur LR Michel Bonnus.
En janvier, Mme Massi avait finalement refusé de rentrer de rentrer dans le rang et maintenu sa candidature. Une décision qui n'a "pas été facile" car elle est "plutôt une femme de l'ombre".
"La manière dont elle est traitée par l'ancien maire et Bonnus nous a vraiment hérissés", commente à l'AFP Joël Cometti, venu avec son épouse Anne-Marie. Electeurs "de droite", ils sont là pour soutenir une "femme calme, intègre, sincère" et "qui ne va pas dans les combines".
Gérard Abbati, 54 ans, se dit lui "un admirateur" de l'élue. "Je travaille dans l'éducation-jeunesse et j'ai cotoyé quatre maires différents, mais Josée est proche des gens. C'est une femme humaine, et ça résume tout".
"Falco a fait des choses mais c'était +Mr le maire+, c'est la différence... Avec Josée Massi, je dis +Josée+", ajoute-t-il en riant.
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