Macron classe LFI à l'extrême gauche et y dénonce des "expressions antisémites"
Emmanuel Macron considère que La France insoumise est un mouvement d'"extrême gauche", au sein duquel émergent "des expressions antisémites" qui "doivent être combattues", a-t-il déclaré dans un entretien accordé à Radio J vendredi midi et publié dimanche.
"Je crois qu'il n'y a pas tellement de mystère pour dire qu'ils sont à l'extrême gauche", a déclaré le chef de l'Etat lors de cette interview avec l'une des radios de la communauté juive. Une classification décidée récemment par le ministère de l'Intérieur et que conteste LFI.
"Je constate que dans les positions qu’ils prennent, en particulier sur l'antisémitisme, ils contreviennent à des principes fondamentaux de la République", a-t-il précisé.
"Il y a clairement des expressions antisémites qui émergent, qui doivent être combattues, d'où qu'elles soient", a ajouté le chef de l'Etat, ajoutant qu'au sein du Rassemblement national, il y a également des parlementaires, qui, "de la même manière, ont des expressions, défendent des idées" contraires aux principes républicains.
"Le gouvernement va présenter un tel texte", a-t-il affirmé sur Radio J, le président se disant confiant que cette loi puisse être votée au Parlement et s'appliquer avant 2027.
Interrogé ensuite au sujet de Rima Hassan, eurodéputée LFI qui a fait l'objet d'une plainte du Parisien cette semaine après un message sur X ciblant l'un de ses journalistes, Emmanuel Macron a souligné qu'il y avait "des circulaires pénales qui ont été prises par le garde des Sceaux (...) pour lutter contre toutes les formes d'antisémitisme et tous les propos antisémites. Et donc, elles seront appliquées".
Au journaliste lui demandant si la chaîne d'information Al Jazeera, basée au Qatar, est antisémite, Emmanuel Macron a répondu ne pas vouloir faire de "stigmatisation".
Avant d'ajouter: "Il y a très clairement des contenus qui sont relayés, en ligne ou par des chaines, (...) qui, en effet, sous couvert de couvrir l'actualité internationale, alimentent, exacerbent la haine des juifs et créent la fracture dans notre société".
Invité ensuite à réagir aux récents propos de de Bruno Retailleau sur "les dérives de l'Etat de droit", le président a mis en garde: "Il faut parfois changer des règles, donc l'état du droit, mais il faut faire très attention à l'État de droit parce qu'il nous garantit la possibilité de vivre libre et ensemble".
Emmanuel Macron a dit n'avoir pas écouté les propos du candidat LR pour 2027, mais souligné que les problèmes actuels peuvent être traités "en respectant les contre-pouvoirs, et qu'on doit même le faire".
Pour régler les défis de la France, "il ne faut pas (...) mettre en l'air notre Constitution ou donner le sentiment aux Français que leurs problèmes viendraient de là", a-t-il ajouté.
La réplique de M. Retailleau n'a pas tardé: le chef de l'Etat "a tort" car "la France a besoin de rupture", a affirmé le patron de LR dans un message sur X, qualifiant M. Macron "d'avocat d'un France immobile" qui "a échoué à réformer le pays (et) voudrait que rien ne change après 2027".
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